Le statut d’« acquittés-détenus » de Laurent GBAGBO et Charles BLE GOUDE doit prendre fin !

  Le 15 janvier 2019, au terme d’un procès de trois ans à la CPI, le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé ont été reconnus innocents de toutes les charges dont ils étaient accusés.

  Acquittés, ils auraient dû être immédiatement libérés, en application du Jugement de la Chambre de Première Instance. En cas d’Appel, l’acquitté comparaît libre. Mais un coup de théâtre tel que seule l’institution CPI sait en fabriquer a transformé cette décision judiciaire pourtant logique et attendue en une incompréhensible liberté conditionnelle. Celle-ci est assortie d’une multitude d’interdits attentatoires aux libertés humaines les plus élémentaires pour ceux qui sont devenus en quelques instants des « acquittés-détenus », quasiment reclus l’un à Bruxelles, l’autre à La Haye, et ne pouvant exercer leurs pleins droits de citoyens ivoiriens.  

L’ombre de la politique qui planait dès l’origine sur cette détention, puis sur ce procès, est aujourd’hui à la base du maintien de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dans une situation de semi-liberté, loin de leur pays. En témoigne le fait que Jean-Paul Benoît et Jean Pierre Mignard, avocats français du régime au pouvoir en Côte d’Ivoire, ont fait savoir à la CPI qu’ils s’opposaient à une libération totale ; de plus, avec l’autorisation de la Chambre d’Appel de la CPI, les autorités ivoiriennes pourront être présentes lors de l’audience qui s’ouvrira le 6 février 2020 pour statuer à nouveau sur les droits des deux acquittés. Ainsi voit-on la politique faire ouvertement irruption dans le prétoire ! Mais tout se passe dans ce procès hors norme comme si sa fin ne pouvait advenir que le jour où la justice déjà rendue cèderait devant l’injustice que l’on s’efforce d’imposer à coup de procédures sans fondement en réalité…

  Pourtant aujourd’hui diverses déclarations d’acteurs de premier plan de la crise post-électorale de 2010-2011 viennent confirmer l’absence de responsabilité de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dans la commission des crimes post-électoraux. Pour reprendre les mots prononcés par Laurent Gbagbo en février 2013, lors de la première audience de « confirmation des charges », « … c’est celui qui n’a pas gagné les élections qui a semé les troubles… ».  

L’Association des Amis de Laurent Gbagbo appelle donc encore une fois la CPI à tourner le dos à ces chimères aussi dangereuses qu’hypocrites. Nous demandons instamment que s’appliquent dans leur intégralité l’acquittement et la libération ordonnés librement par la même CPI après plus de sept ans de détention préventive injustifiée et un procès déshonorant de trois longues années. Il faut maintenant rendre à Laurent Gbagbo et à Charles Blé Goudé leur liberté ainsi que tous leurs droits.  

Janv.-Fév. 2020   A S S O C I A T I O N  des  A M I S  de  L A U R E N T  G B A G B O

https://www.lesamisdelaurentgbagbo.com/actualite-668-l-enjeu-du-6-fevrier-2020.html

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RDC: massacres à l’est (Béni)/ Recueil «Sombritude et Justice » d’Armand Mavinga Tsafunenga

Le recueil poétique « Sombritude et Justice » d’Armand MAVINGA TSAFUNENGA revient au niveau international avec les massacres accélérés à l’est de la République Démocratique du Congo, notamment à Béni

       L’ouvrage de l’écrivain poète Armand MAVINGA TSAFUNENGA, intitulé « Sombritude et Justice », revient au niveau international avec les massacrés accélérés opérés à l’est de la République Démocratique du Congo, notamment à Beni, ville martyre qui est devenue le symbole des crimes organisés dans notre pays. Ce recueil a été publié par les Editions CEPROCOM-AFRIQUE en 2012 à Paris. Ce recueil est le symbole de l’engagement de l’auteur en faveur de la justice, de la paix, du progrès, de la solidarité, de la liberté et de la démocratie au niveau de l’humanité. Cet ouvrage est aussi un hymne aux siens pour montrer son humanité, sa conscience et son attachement indéfectible à son terroir, à son continent et au monde ; il conscientise, enseigne et mobilise les citoyens d’un monde appelé à être plus juste, plus pacifique, plus fraternel, éclairé, prospère, libre, écologique, solidaire, beau et bon pour tous.

      L’écrivain poète Armand MAVINGA TSAFUNENGA est un prophète de la justice qui, dès 1996, nous avertit que le troisième millénaire sera le millénaire de la justice avec les deux premières décennies décisives du 21ème  siècle où la folie de la justice et la justice de la folie alimenteront le terrorisme. Comme il le souligne, la folie de la justice émane de ceux à qui la justice est refusée, de ceux qui recherchent désespérément la justice et la liberté ou qui sont dans la confusion, l’ignorance, la misère et le désespoir. Les pauvres, les pillés, les ignorants et les opprimés sont exposés à la folie de la justice. Beaucoup d’actes de terrorisme relèvent de la folie de la justice. La justice de la folie vient de ceux qui refusent la justice et la liberté aux autres, des oppresseurs, des dominateurs et exploiteurs des autres, de ceux qui n’ont pas raison, de ceux qui sont dans le fanatisme, l’obscurantisme délibéré ou la fausseté, dans l’ignorance ou/et appliquent le principe du plus fort qui a toujours raison ; l’injustice, l’impunité et un certain terrorisme sont leur justice. Beaucoup d’actes de terrorisme émanent aussi de la justice de la folie. C’est ainsi que le combat contre le terrorisme, pour être gagné, doit impérativement être un combat juste pour la justice. Il n’y a pas de paix sans la justice.

    Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) salue l’engagement très élevé d’Armand MAVINGA TSAFUNENGA pour la justice et la paix au Congo, en Afrique et dans le monde. Dans ce contexte, le MPDC condamne avec fermeté les massacres organisés de la population congolaise à l’est de la République Démocratique du Congo dans le dessein de balkaniser notre pays. Pour le MPDC, le Congo est un et indivisible. Tout projet de balkanisation de la République Démocratique du Congo est voué à l’échec.  Le MPDC saisit ainsi cette occasion pour adresser de nouveau ses vives et sincères condoléances à toutes les familles éprouvées et au Peuple Congolais.

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Ecrivain poète Armand MAVINGA TSAFUNENGAConscience engagée pour l’humanité, Ambassadeur de paix engagé dans le dialogue des cultures et des religions, combattant de la justice et de la paix, Président National du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC)

     Au moment où se commettent des massacres très graves à l’est de la République Démocratique du Congo, aux allures d’un vrai génocide, le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) remercie toutes les forces vives congolaises qui élèvent depuis longtemps leur voix pour condamner et éclairer notre peuple et le monde sur ces crimes organisés. Les déclarations récentes des autorités de l’Eglise Catholique au Congo et de  l’Eglise du Christ au Congo (ECC) sur ces massacres planifiés en vue de la balkanisation de notre pays éclairent davantage sur le génocide congolais. Le MPDC félicite avec respect la diaspora congolaise pour le travail abattu pour dénoncer depuis longtemps les massacres organisés visant la balkanisation de la République Démocratique du Congo. L’engagement pour la justice est sacré, car comme le souligne sans cesse le leader Armand MAVINGA TSAFUNENGA, c’est la justice qui élève une nation et affermit le pouvoir.

     La Ville de Beni est devenue ville martyre symbole des massacres organisés à l’est de la République Démocratique du Congo. A Beni, Lubero et Butembo, il y a un massacre ciblé de la communauté Nande. C’est ainsi que nous reprenons ci-dessous, parmi tant d’autres, le poème intitulé « Massacre annoncé des Nande » écrit le 1er août 2010 dans « Sombritude et Justice » (Paris, Ceprocom-Afrique, 2012, pp 159-161). L’écrivain poète Armand MAVINGA TSAFUNENGA nous a tous mis en garde contre ce processus hautement criminel et planifié. Aimé Césaire avait raison de dire que le poète est comme une sorte de prophète à qui il appartient de diriger l’humanité.

Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu

Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu

L’humanité s’est arrêtée au Congo de Kimbangu

La folie meurtrière endeuille encore le Congo

Beni, Lubero, Butembo, territoires martyrs.

Qui veut exterminer les Nande au  Nord-Kivu ?

Risque d’un génocide en différé déjà annoncé

Trompettes de la justice dénoncent cette folie

Folie ignoble d’extermination des Têtes Nande.

Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu

Ces médias divinement interdits d’en parler

Nouveaux sports des massacres à l’est et nord-est

Au pays du plus grand holocauste de notre siècle.

Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu

Condamnation à mort d’opérateurs économiques

Supplice de la mort des leaders sociaux et culturels

Prix de la mort des étudiants, journalistes et défenseurs.

Ces cris affreux de Congolais poignardés et abattus

Ces pleurs interminables de femmes et enfants Nande

Ces dures réunions de deuil sans fin au Nord-Kivu

Congo ! Congo ! Tes enfants Nande sont massacrés !

Beni, Lubero, Butembo, territoires encore martyrs

Année 2010  d’apocalypse dans ces coins suspects

Journaliste Patient Chebeya Bankome assassiné

Liberté d’expression réprimée et sévèrement punie.

Beni, Lubero, Butembo, territoires encore martyrs

Mumbere Mapendo lâchement et bêtement  tué

Kisoni Kambale assassiné au cœur de sa communauté

Kambale Kakoma et Musiyiro tués au milieu de leurs.

Beni, Lubero, Butembo, territoires encore martyrs

Raymond Kibwana tombe lui aussi, le sort est jeté

Salvator Muhindo, ce défenseur des droits abattu !

ONG « Bon Samaritain » désormais orpheline.

Beni, Lubero, Butembo, territoires encore martyrs

Etudiant Pascal Kaserka Mwana Zaïre est tué

Quartier Vuteghe ébahi pleure Paluku Mapendo

Kambale Kisonia est tué gratuitement chez lui.

Beni, Lubero, Butembo, territoires encore martyrs

Kasereka Mayani et les siens sont poignardés

Le chauffeur Jacob Kambale retrouvé mort

En putréfaction dans la brousse de fin de calvaire.

Beni, Lubero, Butembo, territoires martyrs

Carnage et apocalypse de Kisima avec ces morts

Toutes ces femmes sauvagement tuées à Kisima

Morgue de l’hôpital de Beni vraiment punie.

Grand Congo scandaleusement souillé, trahi et saisi

Terreur et terrorisme des déplacements forcés

Terrorisme des déplacements sans fin et sans retour

Voici enfin les ADN des assassins et génocidaires.

Fortifie-toi dans le combat victorieux de ton Père Kimbangu

Nord-Kivu, approche-toi de ton Père Simon Kimbangu

Sud-Kivu, approche-toi de ton Père Simon Kimbangu

Province Orientale, approche-toi de ton Père Simon Kimbangu.

Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu

Entreprise vouée à l’échec au Grand Congo

Voici enfin les ADN des assassins et génocidaires

Justice invisible, indomptable  et incontournable.

   (Stains, banlieue parisienne, le 1er août 2010)

  « Sombritude et Justice »  est un chef d’oeuvre de 96 poèmes et de 222 pages, d’une beauté et d’une richesse extraordinaires, qui sont des hymnes  pour la justice, la solidarité et la paix au Congo, en Afrique et dans le monde. Vous pourriez y lire les textes ci-après :

  1. Terre incapable
  2. Nationalisme anti-nationaliste
  3.  A Jeune Afrique
  4.  Sépulcre ouvert de la vie
  5. A toi fils Mavinga
  6. A toi
  7. Larmes de bain de Congolais
  8.  Makobola – Cité rouge du Congo   
  9. Ils ont accepté de mourir pour les autres
  10. J’ai rencontré le Maître de la justice 
  11.  Pleurs des oiseaux du Grand Congo
  12.  Dialogue de l’injustice
  13.  Ecoutez le vent de la justice
  14.  Qu’est-ce que tu as fait à Kanyola ?
  15.  Guerre de libération et de rébellion à Paris 
  16.  Qui suis-je ?  
  17.  Tempête impitoyable
  18.  Cœur inondé
  19.  Les enfants de la joie
  20. Je suis venu te chercher tante Fidélie Lukunu
  21.  Supplice de la haine
  22. Pays soleil d’Afrique
  23. Guerres familiales     
  24. Volcan Antonov sur Kinshasa
  25.  Voici le noir
  26. Le criminel Makurutu           
  27.  Mon âme ne repose pas en paix
  28. Règne sur la Belgique
  29.  Le criminel en chef
  30.  Errance sans fin
  31.  Mortels fous immortels
  32.  Vous êtes de quelles Nations Unies ?
  33. Kanyinda s’en est allé
  34. A Jean-Pierre Thamba
  35.  A Jean-François Akwesi Ngobasu
  36.  Afrique voilée
  37.  Y’a-t-il des êtres humains ?
  38. Kiwanja danse le génocide
  39. Organisation des Nations Désunies
  40. Aide au sous-développement           
  41.  Michaël Jackson s’en est allé
  42. Dernier sourire d’Adolphe Yotshi Ifeko
  1.  Je n’ai toujours pas la paix
  2. Adieu Papa Diolément Sasa Kasa yi  Kiboba
  3. Bon voyage Maman Marguerite Ifeko Inkoma
  4. Matin – midi – soir – nuit
  5. La « sombritude »
  6. Le Seigneur m’a prévenu Jean-Pierre Botayi Lomeka
  7.  Jeunesse en sanglots  
  8. A la gloire de Monseigneur Joseph Ntedika Konde
  9.  Prépare-toi à accueillir Sa Sainteté le Pape Noir
  10.  Maîtres des guerres, conflits et crimes africains
  11. Dieu réveille les Congolais ce mercredi 17 février 2010
  12.  Toi ! Qu’as-tu fait ?
  13. Fractures de l’humanité
  14.  La Justice       
  15. Ma vie
  16.  Racisme
  17.  N’importe pas cette haine chez toi   
  18. Fin de la Conférence de Berlin en Afrique  
  19.  Ne pleure pas colonisateur !
  20. Suicide de la haine
  21. Force et puissance de la souffrance du héros          
  22. Périple proche et lointain de maman Ilidia Makaya
  23.  Un monde des humains sans âge !
  24. Les empêcheurs du développement africain
  25.  Incendie bien ces villages et leur patrimoine
  26.  Cage occidentale de l’immigration des êtres humains
  27. Floribert Chebeya, Voix des ancêtres Kongo
  28. L’humanité brûle au nord et à l’est du Congo
  29. Vendredi de calvaire et de deuil à Sange au Congo
  30. Fin du néocolonialisme en Afrika Kongo
  31. Massacre annoncé des Nande au Nord-Kivu
  32.  Ne détruisez pas le patrimoine mondial de l’UNESCO
  33.  Je ne suis pas coupable de leur noyade
  34. Je travaille à faire briller le soleil tous les jours
  35. Ridicule mortel
  36.  Crimes par déhistorisation  de l’Afrique
  37. Il est temps pour toi Africain
  38. Oreille, ouvre-toi !
  39. Bouche cruellement affamée et assoiffée
  40. ONU ne meurt pas en Afrique
  41.  On ne tue pas la Sœur Jeanne Yengane
  42. Couleur de peau n’a aucune importance
  43. Atlantique, rends-les moi aujourd’hui
  44.  Comment ne pas l’aimer ?
  45.  Grand Peuple n’ignore pas ses morts
  46.  Vivre à la vitesse de la vie Esnalla Marco Ide
  47.  Emmanuel Biangani fait exploser nos cœurs
  48. Je crée les Nouvelles Nations Unies
  49. Cœur transpercé pour les enfants
  50. Visage de la liberté et de la solidarité
  51. Troisième Guerre mondiale du Grand Congo
  52. Liberté de la presse et de l’information trahie et torturée
  53. Afrique défend et protège tes enfants
  54. Procès d’anniversaire de Lutumba Simaro.

      La République Démocratique du Congo est un pays prophétique. Tous les crimes commis contre tous les Congolaises et Congolais ne resteront pas impunis. La justice visible et invisible aura lieu et sera incontournable en République Démocratique du Congo. La nouvelle histoire du monde va s’écrire avec une nouvelle et vraie République Démocratique du Congo.

       Le Grand Congo du XXIème siècle que compte bâtir le MPDC sera un pays exceptionnel de la justice, la valeur clé qui sera la force de notre grande nation.

                                                               Fait à Paris, le 12 janvier 2020

Dr Patrick MBADU KUMBU MAKANI

Secrétaire National du MPDC chargé de la Santé et de la Qualité de vie

Livre disponible déjà à la Librairie L’Harmattan

16, Rue des Ecoles

75005 Paris – France

Téléphone : (0033) (0) 1 40 46 79 11

Mail : librairie.internationale@harmattan.fr

Prix du livre : 18 euros

ISBN : 979-10-90814-01-1

Contact des Editions CEPROCOM-AFRIQUE

Mail : ceprocomafrique@hotmail.com –  ceprocomafrique@gmail.com    

          ceprocomafrique@yahoo.fr

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Déclaration d'intellectuels africains sur les réformes du franc CFA

La réforme du franc CFA annoncée le 21 décembre par Emmanuel Macron et Alassane Ouattara continue de susciter des réactions. Une cinquantaine d’intellectuels publient une déclaration demandant l’ouverture d’un débat «populaire et inclusif» sur la réforme en cours et rappelant que « la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique ».

Déclaration des intellectuels d’Afrique et de la diaspora sur les réformes du franc CFA

Le 21 décembre 2019, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron ont annoncé trois réformes du franc CFA, la monnaie coloniale créée le 26 décembre 1945 et qui circule encore dans quatorze pays africains dont les huit de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).

Les réformes prévues sont les suivantes : le franc CFA de l’Afrique de l’Ouest sera renommé ECO ; la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne sera plus dans l’obligation de déposer ses réserves de change auprès du Trésor français ; la France n’aura plus de représentants au sein des organes de la BCEAO.

Nous précisons que ces évolutions ne résultent pas de la bienveillance du gouvernement français et de son allié ivoirien, eux qui ont longtemps défendu le statu quo. Le déclencheur a plutôt été la mobilisation pour l’abolition du franc CFA, portée depuis quelques années par des mouvements sociaux panafricanistes, des intellectuels, des citoyens ordinaires, etc. dans le continent et dans la diaspora. C’est donc l’occasion de féliciter et d’encourager ceux et celles qui œuvrent sans relâche à l’émancipation collective de l’Afrique.

Il serait cependant prématuré de crier victoire. Si certains symboles gênants, associés au franc CFA, vont disparaître, les liens de subordination monétaire sur le plan légal et sur le plan de la conduite de la politique monétaire restent en place.

Tout d’abord, la France maintient toujours le rôle officiel de garant ; un rôle, il faut le souligner, qu’elle n’a jamais vraiment exercé pour la simple raison que ce sont les Africains eux-mêmes et les ressources à leur disposition qui ont toujours permis l’émission et la convertibilité du franc CFA. Ensuite, la Banque de France abrite toujours l’essentiel du stock d’or monétaire des pays de l’UEMOA. Enfin, la parité du franc CFA vis-à-vis de l’euro est toujours maintenue. Ce qui est une façon non seulement d’accorder une préférence commerciale à la zone euro mais également de soumettre la politique monétaire des pays de l’UEMOA à celle de la Banque centrale européenne (BCE).

Par ailleurs, l’annonce que le franc CFA sera renommé « ECO » laisse perplexe. Rappelons que ECO est le nom retenu, en juin 2019, à Abuja, par les quinze pays de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) pour désigner la monnaie unique régionale ouest-africaine en gestation. Ce projet a été initié au sein de la CEDEAO depuis 1983 et sa mise en œuvre a fait entre temps l’objet de plusieurs reports.

Pourquoi donc les pays de l’UEMOA devraient-ils s’arroger le droit de rebaptiser ECO le franc CFA alors qu’ils n’ont pas encore tous rempli les critères d’entrée dans la zone monétaire ECO définis au sein de la CEDEAO ? Comment comprendre cette déclaration hâtive de Macron et Ouattara qui maintient la France en tant que prétendu « garant » du franc CFA renommé ECO, ainsi que la parité fixe avec l’euro alors que la CEDEAO requiert pour le lancement de sa monnaie unique le retrait total de la France de la gestion monétaire des pays de l’UEMOA ? Sans mentionner que la CEDEAO a fait le choix d’adosser sa monnaie à un panier de devises.

Ne faudrait-il pas craindre une tentative de sabotage surtout au regard de la volonté maintes fois exprimée par le gouvernement français d’élargir l’usage du franc CFA aux pays anglophones ouest-africains et d’isoler le Nigeria ?

Devant la confusion actuelle, amplifiée plutôt que dissipée par les différents communiqués de la CEDEAO, de la BCEAO, de la République du Nigeria, de la République du Ghana, etc. nous invitons les citoyens des États membres de la CEDEAO à faire preuve de plus de vigilance concernant les récents développements liés au franc CFA et à l’ECO.

S’il faut saluer l’émergence d’un débat public, porté par des intellectuels et acteurs de la société civile en Afrique, sur la question du franc CFA, nous devons en même temps déplorer le mutisme inquiétant de nos chefs d’État et de gouvernement sur une question aussi importante sur le plan symbolique, politique, économique et psychosociologique.

Face au déficit de communication des gouvernements africains sur un sujet qui engage l’avenir de plus de 300 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest et celui de l’intégration régionale, nous demandons :

– Aux chefs d’État de l’UEMOA et de la CEDEAO de prendre leurs responsabilités auprès de leurs peuples respectifs en ouvrant un débat populaire et inclusif sur les réformes en cours. En effet, la souveraineté est d’abord l’affaire des peuples qui, il faut le rappeler à nouveau, ont de leur propre initiative posé le débat sur le franc CFA et sur la souveraineté monétaire de l’Afrique de l’Ouest.

– Aux chefs d’État de l’UEMOA d’informer clairement leurs concitoyens sur les surprenantes déclarations d’Alassane Ouattara et d’Emmanuel Macron qui semblent les engager, sans qu’ils aient eu encore à en référer à leur parlement et aux autres institutions républicaines pertinentes.

– Aux spécialistes des questions économiques et monétaires au sein de la CEDEAO, de l’UEMOA et de la BCEAO de participer activement au débat public sur les réformes en question, en confrontant leurs propositions aux objections soulevées par des chercheurs et leaders indépendants de la société civile.

– Aux peuples des États membres de la CEDEAO de rester mobilisés dans le débat citoyen enclenché sur la sortie définitive de la France de la gestion monétaire de nos États et sur l’adoption de systèmes monétaires souverains au service des peuples et qui s’inscrivent dans la dynamique de mise en place d’une Fédération des États de l’Afrique de l’Ouest.

Nous réaffirmons que la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique. Instrument et symbole de souveraineté, la monnaie doit être l’émanation des aspirations profondes des peuples d’Afrique qui doivent être en permanence associés aux processus en cours. A cet égard, nous sommes d’avis que les critères de convergence ne constituent pas une approche appropriée. Ils doivent être revus et éventuellement remplacés par des indicateurs de nature plus politique prenant en compte les défis de l’heure : l’industrialisation, l’autonomisation des producteurs locaux, la compétitivité des entreprises nationales de la zone CEDEAO, le plein emploi et la transformation écologique.

Si nous aspirons à une souveraineté économique et monétaire de la CEDEAO, c’est parce qu’elle est la voie royale pour mettre fin à l’extraversion économique, à l’endettement en devises étrangères, aux flux financiers illicites et aux autres facteurs contribuant à des formes de croissance économique non inclusive.

Fait à Dakar, le 6 janvier 2020.

Contact : LEGS-Africa ; tomorrowafrica@gmail.com ; Tél : + 221 77 650 88 44

Liste des signataires :

Makhily Gassama, Essayiste, Ancien Ministre, Ancien Ambassadeur (Sénégal)

Boubacar Boris Diop, Écrivain (Sénégal)

Aminata Dramane Traoré, Écrivaine, ancienne Ministre de la Culture et Présidente du Groupe « États généraux du franc CFA et des Alternatives » (Mali)

Mariam Sankara, Économiste (Burkina Faso)

Odile Sankara, Artiste, Comédienne (Burkina Faso)

Odile Tobner, Universitaire, Essayiste (Cameroun)

Koulsy Lamko, Universitaire, Ecrivain, (Tchad/Mexique)

Mamadou Koulibaly, Economiste et homme politique (Côte d’Ivoire)

Mamadou Diop Decroix, Ancien Ministre d’Etat, Secrétaire du Parti Africain pour la Démocratie et le Socialisme (Sénégal)

Rosa Amelia Plumelle-uribe, Essayiste, « militante pour la dignité humaine » (France)

Tony Obeng, Analyste des questions de développement, ancien Professeur à l’IDEP, Diplomate à la retraite (Ghana)

Stanislas Spero Adotevi, Universitaire, Essayiste, Ancien Directeur régional de l’UNICEF (Bénin/Burkina Faso)

Nathalie Yamb, femme politique et consultante (Côte d’Ivoire)

Bouchentouf-Siagh Zohra, Universitaire, Essayiste (Algérie/Autriche)

Véronique Tadjo, Écrivaine, Universitaire (Côte d’Ivoire/Afrique du Sud)

Ibrahim Abdullah, Professeur d’Histoire (Sierra Leone)

Cheick Oumar Sissoko, Cinéaste et ancien Ministre (Mali)

Antonin Zigoli, Universitaire, Université Félix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire)

Ndongo Samba Sylla, Économiste et écrivain (Sénégal)

Issa N’diaye, Philosophe et ancien Ministre (Mali)

Elimane Haby Kane, Sociologue (Sénégal)

Ngaba Ngadoy, Économiste et Financier (Tchad)

Rahmane Idrissa, Politiste (Pays Bas, Niger)

Amadou Tidiane Wone, Ancien Ministre, Ancien Ambassadeur (Sénégal)

Adama Samaké, Universitaire, Université Félix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire)

Mamadou Diop, Ancien Haut fonctionnaire, Essayiste (Sénégal)

Dialo Diop, Médecin biologiste et homme politique (Sénégal)

Cheikh Hamala Diop, Économiste et interprète de conférence (Sénégal)

Sandjiman Mamder, Économiste, Haut fonctionnaire à la retraite, BIT/ONU (Tchad/Genève)

Raphaël Eklunatey, Biologiste (Togo/Genève)

Martin Bire, Spécialiste en Education (Tchad/Prague)

Mouhamed Ly, Anthropologue (Sénégal)

Crystal Simeoni, Économiste féministe (Kenya)

Cheikh Oumar Diagne, Économiste (Sénégal)

Amadou Elimane Kane, Écrivain et Poète (Sénégal)

Coumba Touré, Coordinatrice Africans Rising (Sénégal)

Jibrin Ibrahim, Chercheur au Centre for Democracy and Development (Nigeria)

Elom 20ce, Artiste et Rappeur (Togo)

Redge Nkosi, Économiste (Afrique du Sud)

Ismail Rashid, Historien (Sierra Leone/USA)

Amy Niang, Universitaire (Afrique du Sud)

Mouhamadou Lamine Sagna, Anthropologue (Nigeria/Sénégal)

Many Camara, Sociologue (Mali)

Versa Mshana, Avocate (Tanzanie)

Mahmoud Ibrahime, Historien (Comores)

Carlos Vamain, Jurisconsulte, Ancien Ministre (Guinée-Bissau)

George Klay Kieh, Jr., Universitaire (Libéria)

Momar Sokhna Diop, Professeur d’économie et de gestion, Écrivain (Sénégal/France)

Cheikh Gueye, Géographe et Secrétaire permanent du Rapport Alternatif sur l’Afrique (Sénégal)

Lionel Zevounou, Maître de conférences en droit public (France)

Mouhamadou Ngouda Mboup, Enseignant-Chercheur en droit public (Sénégal)

Aisha Fofana Ibrahim, Universitaire (Sierra Leone)

Luc Damida, Chercheur (Burkina Faso)

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Sénégal: libération de Guy-Marius Sagna et des 2 co-détenus!

RESPECTEZ LES DROITS DE GUY MARIUS, LIBÉREZ LES 3 OTAGES ET ANNULEZ LA HAUSSE DES PRIX

  Depuis le 23 décembre 2019, Guy Marius a entamé une grève de la faim pour revendiquer le respect de son droit à téléphoner tous les 15 jours, d’avoir une copie ou l’affichage du règlement intérieur de la prison du camp pénal, la libération immédiate des 2 co-détenus dont le chef d’inculpation est exactement le même que les 6 libérés et le refus de la hausse des prix du courant.
A ces revendications, nous citoyens, ajoutons la libération de Guy Marius.

Le vendredi 13 décembre a été un moment où le peuple a exprimé en manifestant son ras le bol des agressions du pouvoir et de ses maîtres impérialistes contre son droit de vivre dans la dignité. Le vendredi 20 décembre a été réprimé par le gazage avec des lacrymogènes, la maltraitance de journalistes qui couvraient la manifestation et l’arrestation de plus de 30 manifestants, puis leur libération.

L‘endettement exponentiel, proportionnel à la corruption et aux détournements des deniers publics, est la cause du démenti flagrant que la hausse annoncée du prix de l’électricité vient donner aux déclarations de « baisse » de l’ancien DG de la Senelec et électoralistes du président Macky Sall. C’est ce qu’indique l’information selon laquelle « Le futur parc éolien de Taïba Ndiaye … aura coûté environ 332 millions d’euros. L’Opic, institution du gouvernement américain spécialisée dans le financement du développement, apportera 250 millions de dollars (215 millions d’euros), et l’agence danoise de crédit à l’exportation EKF, venue prêter main-forte à son compatriote Vestas, chargé de la construction, 117 millions d’euros… » (Jeune Afrique, 23 mai 2019).

Non seulement ce pouvoir refuse toute transparence sur les contrats noués pour l’exploitation du pétrole, du gaz, du zircon, du fer, bref des richesses du sol et du sous sol du pays que la Constitution définit comme « propriétés du peuple », non seulement ce pouvoir chaque jour éclaboussé par des scandales de mauvaise gouvernance de l’argent du contribuable s’enferme dans l’impunité totale pour ses membres, mais il se permet de violer la loi en jetant arbitrairement et illégalement en prison des manifestants pacifiques.

Et voilà que vient se greffer l’annonce par les présidents ivoirien (au nom de ses pairs du pré-carré néocolonial qu’est l’UMEOA) et français, chef de la Françafrique, le passage « en 2020 du CFA à l’ECO ». Si, il y a 60 ans, le passage de la colonie à la néocolonie s’était soldé par des drapeaux, des hymnes, des gouvernements de pro-consuls locaux, 2020 prend la forme du transfert des réserves de change au local, la coloration locale du conseil d’administration de la BCEAO, la parité fixe entre l’ECO et l’EURO, mais tout cela « sous la garantie de la convertibilité du Trésor français » et le maintien du système CFA. On raye les traits trop voyants de la servitude volontaire de plus en plus décriée par les peuples d’Afrique pour faire prendre des vessies pour des lanternes en attendant la probable dévaluation qui va encore plus pousser les jeunes sans emploi à alimenter les cimetières à ciel ouvert que sont le Sahara et la mer Méditerranée.

Nous citoyens, syndicalistes, militants associatifs, travailleurs, femmes, étudiants, élèves, paysans, pêcheurs, éleveurs, retraités, handicapés, appelons à la mobilisation générale de toutes les forces vives du pays, du peuple pour exiger le respect du droit constitutionnel de s’opposer pacifiquement au massacre social et au sous développement imposé que nous imposent la dictature néocoloniale et l’impérialisme.
Nous avons marqué des points en obtenant la libération des 6, il nous faut gagner la bataille de la libération des 3 otages et poursuivre la mobilisation pour gagner la bataille de la baisse des prix du courant contre la vie chère.  

Signons et adressons les lettres de protestation à la présidence du Sénégal, 6 Avenue du Pr. L. Sedar Senghor, Dakar, Sénégal,
facebook: Macky SALL@prmackysall
twitter:Macky Sall (@Macky_Sall) | Twitter
et mail du gouvernement : senegalcese@gmail.com.    
 
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Sénégal: mémorandum du Walo

Mouvement Citoyen contre l’Accaparement et l’Aliénation des Terres du WALO

(M.A.A.T-WALO)

Au Peuple Sénégalais dans sa diversité et son entièreté ;

A Son Excellence, Monsieur le Président de la République ;

Aux Honorables Députés de l’Assemblée Nationale, élu(e)s du Peuple Sénégalais ;

A Mesdames/Messieurs les membres du Conseil Economique, Social et Environnemental ;

A Mesdames/Messieurs les membres du Haut Conseil des Collectivités Territoriales ;

A Monsieur le Médiateur de la République ;

Nous, filles et fils du WALO, venons porter à votre auguste attention, nos préoccupations interpellatives et notre indignation :

La région naturelle du WALO, principalement constituée par la région administrative de Saint-Louis, en l’occurrence par les départements de DAGANA, de SAINT-LOUIS et de PODOR, est confrontée à de très sérieux problèmes existentiels, découlant d’une occupation massive et anarchique de ses terres de culture, d’élevage et de pêche, par un phénomène d’accaparement et de spoliation sans commune mesure. A l’instar de nombreux pays pauvres d’AFRIQUE, d’AMERIQUE du sud et d’ASIE, le SENEGAL n’est pas épargné par la ruée vers ses terres.

En effet, depuis la crise économique et alimentaire mondiale de 2008 et l’effondrement planétaire des principales bourses financières de NEW YORK, NASDAQ, LONDRES, TOKYO, FRANCFORT, HONG KONG, SHENZHEN, SHANGHAÎ, EURONEXT, TORONTO, beaucoup d’investisseurs privés internationaux, d’états et d’industriels, se sont tournés vers la terre comme valeur refuge sûre, en lieu des placements traditionnels que constituaient le dollar américain et l’or. Le monde déboussolé, ne pouvait plus ignorer le danger qui guettait la sécurité alimentaire de toute l’humanité. Les « Traders » se firent leur, le fameux aphorisme de l’écrivain Américain MARK TWAIN : « Achetez de la terre, on n’en fabrique plus » !

Selon deux études récentes de l’organisation internationale non-gouvernementale GRAIN basée à BARCELONE en ESPAGNE et du CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) en FRANCE, trente (30) millions d’hectares de terres ont été vendus en 10 ans dans le monde, entre 2006 et 2016, dont 43% des transactions concernaient les pays d’Afrique [1] [2]. Les acheteurs sont souvent des privés ou des pays étrangers à l’Afrique. Au SENEGAL, l’accaparement des terres est devenu un réel problème de société et les conflits et contentieux juridiques devant les tribunaux se multiplient à un rythme effrayant, avec parfois même malheureusement des pertes en vies humaines : les cas de deux morts à FANAYE DIERI dans le département de PODOR, le 26 octobre 2011, et d’un mort à SANGALKAM dans le département de RUFISQUE, le 30 mai 2011, en sont une parfaite illustration.

L’accaparement documenté des terres du WALO par des étrangers, a commencé le 08 mai 1819, avec la signature du fameux traité de NDIAW entre le BRACK AMAR FATIM BORSO et le Gouverneur Français JULIEN-DESIRE SCHMALTZ. Pour les WALO-WALO, il s’agissait d’une simple location temporaire, mais pour les Français, d’une acquisition définitive dans la compréhension du Droit Civil Français imposé par la force, avec immatriculation de titres fonciers et gestion quiritaire du foncier, contrairement à la gestion collective des terres, une philosophie purement africaine héritée de l’EGYPTE nègre pharaonique. Selon cette compréhension africaine, la terre ne pouvait pas être aliénée, ni par un PHARAON, ni par un BRACK du WALO. Cette incompréhension de deux paradigmes diamétralement opposés, a conduit à l’échec de la colonisation agricole du SENEGAL à RICHARD-TOLL, dès 1831, après douze années seulement d’existence, les WALO-WALO s’étant révoltés et ayant boycotté la colonisation agricole, par la désobéissance civile (refus de livrer la main-d’œuvre pour les plantations) et le sabotage des digues et infrastructures d’irrigation des colons.

Avec l’indépendance de notre pays, l’accaparement a pris une forme plus subtile, plus insidieuse, mais dans sa quintessence, elle n’a pas changé et constitue toujours une pomme de discorde entre les populations autochtones et les accapareurs et spoliateurs, qui ont revêtu une autre physionomie, moins attaquable et moins criarde.

Récemment, le tribunal de grande instance de SAINT-LOUIS avait mis en vente aux criées, un terrain de huit mille (8.000) hectares dans la commune de MBANE, qui a scandalisé nombre de nos compatriotes, pour la simple et bonne raison que ce site au bord du lac de GUIERS, abrite depuis la nuit des temps, plusieurs villages traditionnels de Peulhs, Toucouleurs, Wolofs, Maures, pour la plupart éleveurs et agriculteurs (Villages de NDIACK FALL, TEMEYE-LEWA, NDOUMBALENE, SAM-SAM, TEMEYE-TOUCOULEUR, SANDA, MAPODJI etc.). Le terrain a été attribué par voie de bail emphytéotique à la société OSBI appartenant à CHEIKH HAMIDOU KANE, qui l’a ensuite hypothéqué auprès de la Banque des Institutions Mutualistes de l’Afrique de l’Ouest (BIMAO), pour obtenir un prêt en vue d’un projet agricole. Ce projet n’a jamais vu le jour, aucun investissement en terme d’aménagements ou d’infrastructures n’a jamais été fait sur le site. Faute d’être remboursée, la BIMAO a saisi le terrain pour le vendre et réaliser sa garantie hypothécaire. Une Société Financière d’Intermédiation et de Commerce (SOFICO) aurait racheté le crédit à deux milliards (2.000.000.000) de FCFA, selon les propos de son avocat, et se retrouve adjudicataire de ce bail de l’état. La valeur vénale de ce terrain a été estimée à quarante-huit (48) milliards de FCFA par les experts immobiliers requis dans le cadre de la procédure judiciaire, à raison de 600 FCFA le coût unitaire du mètre carré.

Nous constatons par conséquent, que par une simple gymnastique de jeux d’écritures notariales et bancaires, on vient de vendre des terres en zone de terroir, avec des villages plusieurs fois centenaires qui y sont, à un privé, qui peut à tout instant faire procéder « légalement », avec l’appui des forces de l’ordre, au déguerpissement de ces hommes, femmes et animaux, ainsi qu’au rasement de leurs cimetières, mosquées et habitations. Une grande société de la place avait d’ailleurs, lors de la vente citée plus haut et finalement radiée, fait déposer par l’intermédiaire de ses conseillers juridiques, cinq cautions d’un milliard (1.000.000.000) de FCFA chacune, donc 5 milliards au total, pour s’assurer sans risque, l’adjudication dudit terrain.

Un second scandale est en gestation dans la même zone du Lac de GUIERS, avec l’accaparement de mille sept cents (1.700) hectares de terres octroyés à l’opérateur économique à feu ABDOU HAFIZ FAKIH, propriétaire d’un restaurant à DAKAR, qui voulait à l’origine y construire un centre touristique au bord du lac de GUIERS. Ce terrain a été ensuite illégalement transféré à son fils RABIH FAKIH, qui prétend vouloir maintenant y faire un projet agricole. Il a déposé une demande de transformation de la délibération du conseil rural en bail emphytéotique auprès du Ministère de l’économie et des finances. Les villages situés dans ce site (Villages de SANEINTE, POMO) et les paysans détenteurs de délibérations légales du conseil rural de MBANE, s’opposent à cet opérateur économique.

En dehors de ces deux exemples cités, le WALO fait face à plusieurs autres cas de spoliation et d’accaparement de ses terres, par des étrangers dans la commune de MBANE. Le plus spectaculaire de ces scandales, est l’octroi de cinquante mille (50.000) hectares à une personne morale. Cette surface correspond à la surface de toute la région de DAKAR, de NGOR jusqu’à SEBIKOTANE ! La valeur vénale de ce terrain est aujourd’hui de trois cents (300) milliards de FCFA ! Ces exemples sont loin d’être exhaustifs. Nous nous trouvons donc devant un phénomène dont l’ampleur ne peut être cernée avec exactitude, qu’après un audit sérieux et inclusif des terres concernées, de toutes les délibérations et titres de propriété délivrés à des tiers.

D’autres cas d’accaparement et de spoliation sont une source importante d’inquiétude et concerne le cas de SENHUILE S.A., ayant bénéficié de vingt mille (20.000) hectares de terres, après avoir été chassée de FANAYE-DIERI. Cette société au profit de laquelle, la réserve du NDIAËL classée depuis 1965, a été déclassée, a fait déguerpir 37 villages Peulhs, sans jamais initier un projet digne de ce nom.

Ce projet de SENHUILE est un échec patent. Pendant ses 7 années d’existence sur le sol sénégalais, elle n’a pas produit de tournesol comme promis. Au contraire, elle a préféré louer des terres aux paysans et éleveurs qu’on a chassé de leurs terres ancestrales, ce qui est formellement interdit par la loi sur le Domaine National et constitue un motif de résiliation du bail. Devant la levée de bouclier des WALO-WALO, l’entreprise a « généreusement » rétrocédé 10.000 hectares aux populations des communes de ROKH et GNITH, pour sauver les autres 10.000 hectares qui restent et y inscrire un droit de bail. Toute cette gymnastique n’est que spéculation ! Le WALO veut recouvrer l’intégralité des 20.000 hectares spoliés !   

La politique d’occupation des terres par la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS), sans aucune mesure d’endiguement, constitue pour tout le WALO un handicap majeur et un danger permanent. Toutes les bonnes terres ciblées jadis par les Français pendant la colonisation agricole, à savoir les meilleures terres fertiles au bord du fleuve Sénégal et du Lac de GUIERS, sont accaparées par la CSS. Le drainage de ses eaux usées et d’irrigation sans traitement préalable par une station d’épuration, directement dans le Lac de GUIERS et la TAOUEY, qui approvisionnent en eau potable les régions de SAINT-LOUIS, LOUGA, THIES, DAKAR, entre autres, constitue une grande source de pollution qui met en danger nos ressources halieutiques et la santé de millions de Sénégalais. Il est grand temps, qu’un audit exhaustif soit fait sur les terres occupées réellement par la CSS dans le Département de DAGANA, ainsi que la conformité et la légalité de cette occupation par rapport aux lois et au contrat signé avec l’Etat du Sénégal. La publication du contrat entre l’Etat du Sénégal et la CSS, depuis presque 40 ans d’existence, est devenue une demande sociale et populaire impérative !  

Nous tenons à faire remarquer que dans toutes ces transactions passées et en cours, les dispositions de la Loi N°64-46 du 17 juin 1960 relative au Domaine National, ont été complètement ignorées. La loi sur le Domaine National stipule en son article 8, de manière on ne peut plus plausible, que « Les terres de la zone des terroirs sont affectées aux membres des communautés rurales qui assurent leur mise en valeur et les exploitent sous le contrôle de l’Etat et conformément aux lois et règlements ». En son article 13, elle ajoute en outre, que « l’Etat ne peut requérir l’immatriculation des terres du Domaine National constituant des terroirs affectés par décrets en vertu de l’article 11, que pour la réalisation d’opérations déclarées d’utilité publique ».

En outre, le décret N°72-1288 du 27 octobre 1972 relatif aux conditions d’affectation et de désaffectation des terres du Domaine National comprises dans les communautés rurale, précise que « l’affectation ne confère qu’un droit d’usage. Les terres affectées ne peuvent faire l’objet d’aucune transaction et notamment d’aucune vente ou contrat de louage »

Devant ces phénomènes récurrents, fondamentalement spéculatifs, et le potentiel objectif de conflits latents, nous en appelons au Président de la République, à la jonction de toutes les forces vives du WALO, mais également aux Députés de l’Assemblée Nationale, aux membres du CESE et du HCCT, au Médiateur de la République, aux Organisations non-gouvernementales, nationales et internationales, aux Organisations des Droits de l’Homme, pour qu’on mette fin à ces pratiques mafieuses.

Nous sommes conscients, que les tueries inacceptables au Mali, ne résultent pas directement d’un quelconque JIHADISME, mais plutôt d’un espace vital devenant de plus en plus restreint pour les DOGONS agriculteurs et les PEULHS éleveurs. Dans d’autres pays de la sous-région, la même problématique se pose. Ces catastrophes pourraient mettre en danger la cohésion sociale dans notre pays.

Pour cette raison, le WALO sollicite l’intervention urgente du chef de l’Etat du Sénégal, Son Excellence, le Président MACKY SALL, pour qu’il lui plaise, de prendre des mesures urgentes susceptibles de calmer les populations et de sécuriser leur espace vital, à savoir :

  1. Concernant le terrain de 8.000 hectares de CHEIKH HAMIDOU KANE adjugé à la SOFICO, le WALO demande au Président de la République, de prendre un décret de d’annulation pour cause d’utilité publique, du bail de l’Etat N°320/BS inscrit dans le livre foncier du BAS-SENEGAL, ainsi que l’annulation de la vente à la SOFICO ;
  • Concernant le terrain octroyé à ABDOU HAFIZ FAKIH et transféré illégalement à son fils RABIH FAKIH, les populations du WALO, conformément à la demande de l’ancien Conseil Rural de MBANE, par lettre N°035/ARR.MB/CR.MB du 09 septembre 2010, adressée au Directeur des Domaines et du Timbre du Ministre de l’Economie et des Finances, sollicitent le Président de la République, pour qu’il lui plaise d’arrêter la procédure d’octroi de bail à RABIH FAKIH. Si par extraordinaire le bail aurait déjà été octroyé, le WALO demanderait la désaffectation pour cause d’utilité publique et son affectation aux populations autochtones.

Le Président Bolivien EVO MORALES s’était illustré en expropriant 57.000 hectares de terres (plus que la région de DAKAR !) qu’un riche Américain, RONALD LARSEN s’était fait octroyer dans les plaines fertiles de la région du CHACO, en y faisant travailler les indiens GUARANI autochtones en semi-esclavage dans ses « Latifundia ». Toutes ces terres ont été redistribuées aux Indiens. Par ailleurs EVO MORALES a transféré aux anciens esclaves noirs de Bolivie, les titres de propriété sur les terres et les châteaux qui appartenaient à leurs anciens maitres.

Le Président MACKY SALL pourrait faire beaucoup mieux que EVO MORALES, car les terres occupées dans le WALO, sont de loin supérieures à celles en BOLIVIE, et les conditions de travail également.

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Sénégal: libération immédiate de Guy Marius Sagna, de Babacar Diop et d'autres!

    Guy- Marius Sagna, animateur du mouvement sénégalais anti-CFA et anti-APE, a été de nouveau incarcéré avec d’autres camarades, dont le docteur Babacar Diop.
       Tout notre soutien pour leur libération rapide, et en faveur des droits de l’homme dans ce pays frère!
      L’inter-collectif Afrique.

https://www.lequotidien.sn/les-organisations-des-droits-humains-sen-melent-la-coseddh-et-le-roaddh-exigent-la-liberation-de-guy-marius-et-cie/

Les organisations des droits humains s’en mêlent : La Coseddh et le Roaddh exigent la libération de Guy Marius et Cie (Le Quotidien)

L’arrestation et l’emprisonnement de Guy Marius Sagna et Cie «préoccupent» les organisations des droits de l’Homme. La Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains (Coseddh) et le Réseau ouest africain des défenseurs des droits humains (Roaddh) rappellent que «la liberté d’expression et la liberté de rassemblement pacifique sont garanties par la Constitution du Sénégal et des traités régionaux et internationaux des droits humains dont l’Etat du Sénégal est partie». Ces deux organisations l’invitent par conséquent à «respecter ses engagements internationaux» en la matière et à «abroger toute disposition législative, règlementaire ou mesure administrative qui entrave l’exercice de ces libertés». Dans un communiqué conjoint, la Coseddh (Raddho, Amnesty Sénégal, Lsdh, Article 19…) et le Roaddh exigent non seulement la libération «immédiate et sans condition» de Guy Marius Sagna et des autres manifestants arrêtés, mais soulignent qu’ils «resteront saisies de cette affaire et ne ménageront aucun effort pour que ces personnes injustement incarcérées retrouvent la liberté».
Guy Marius Sagna, Dr Babacar Diop, Malick Diao Biaye, Ousmane Diallo, Souleymane Diokou, Papa Abdoulaye Touré, Ousmane Sarr et Leuz ont été arrêtés après avoir manifesté devant le Palais présidentiel. Ils ont été placés sous mandat de dépôt mercredi à l’exception de Souleymane Djim qui a été libéré. Tous ces activistes observent une grève de la faim. Jeudi, le leader de Fds, Babacar Diop, a été interné à l’infirmerie de Rebeuss. Hier encore, c’est Pape Abdoulaye Touré qui aurait été évacué à l’hôpital Aristide Le Dantec, selon Seneweb. Leurs avocats qui avaient annoncé une requête aux fins d’annulation des mandats de dépôt décernés à Guy Marius Sagna et Cie sont passés à l’acte hier. Me Moussa Sarr a informé que la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a été saisie dans ce sens.

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L’Urgence africaine Changeons le modèle de croissance ! (Kako Nubukpo, Ed. Odile Jacob, 2019)

Derrière le discours savamment rodé d’une émergence africaine, les faits restent têtus. L’Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la population extrêmement pauvre (sous le seuil de 1,25 dollar par jour) a doublé en cinquante ans. Si croissance il y a en Afrique, elle est loin de profiter à l’ensemble des Africains.

Ce livre défend la thèse de l’instrumentalisation de l’Afrique comme laboratoire du néolibéralisme avec la complicité de ses propres élites. Il tire la sonnette d’alarme sur la réalité d’un continent à la dérive, subissant des prédations minières et foncières, des sorties massives de capitaux, ou encore la concurrence des surplus agricoles européens.

Or des solutions existent : elles reposent sur les ressources et les savoir-faire africains. Leur mise en œuvre suppose le retour à la souveraineté, notamment monétaire, et la prise en compte de la société civile.

Il y a urgence, car la croissance démographique fait du continent africain une terre de prospérité future ou… une véritable bombe à retardement.

Kako Nubukpo est économiste, doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Lomé (Togo), chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et membre du conseil scientifique de l’Agence française de développement (AFD). Il a été ministre chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques au Togo (2013-2015).

Urgence africaine (L') - Changeons le modèle de croissance !

Kako Nubukpo

Edition brochée 22, 90 euros
Ebook 16,99 euros.

https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences-humaines/economie-et-finance/urgence-africaine_9782738148933.php

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