Les Langues-Cultures (note de lecture de Tosse Ekue)

Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement (Martine Boudet coord, Le Croquant, 2019)
http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/550-les-langues-cultures

Réflexion collégiale, cet ouvrage sur les langues-cultures est solidaire des peuples périphériques et excentrés qui n’ont de cesse, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, de résister aux forces de régression que sont le (néo-)colonialisme et l’impérialisme, outils par excellence de prédation ou de destruction culturelle  et intellectuelle des peuples.
Depuis lors, le concept de mondialisation induit par la technoscience portée par le numérique et les médias, sous couvert de plus de progrès et de plus de bien être du plus grand nombre, essaie de confisquer, au nom de l’hyperproductivisme, ce que les peuples, nonobstant  les difficultés et les embûches du système, ont su sauvegarder, l’essentiel de leurs civilisations, leurs langues, leurs cultures. Les peuples ne sont pas dupes de ce que cache le concept de mondialisation qu’on leur vend à coup de réclame, de publicité fallacieuse et de propagande. La mobilisation contre ce concept de mondialisation, qui a beaucoup séduit au début, se développe, dans un cadre inter-africain ou altermondialiste. Ce que démontre par exemple la généralisation de la réflexion sur le franc CFA, tant à l’échelle des médias, des institutions que des militants.
Les organisations et les institutions qui ont œuvré et qui continuent à œuvrer  pour informer, former et éveiller la conscience des peuples sont à saluer. Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement est un ouvrage pédagogique d’ information, de formation et d’éveil des consciences dont la coordinatrice, les acteurs et les actrices sont à remercier.

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Amath Dansokho un homme politique exemplaire (Mandiaye Gaye)

Le Mouvement du 23 Juin 2011 a été le révélateur d’un homme qui a fait le consensus pour ne pas dire l’unanimité autour de sa personne. Le M23 est l’aboutissement et la consécration d’efforts déployés par un homme, depuis des décennies, pour atteindre l’un de ses objectifs qui lui est cher, à savoir celui du large rassemblement des forces vives de notre pays autour de l’essentiel. Et il a choisi comme sacerdoce d’être au service du peuple sénégalais. Les deux sont confondus avec la personne. Je veux parler d’Amath Dansokho, le successeur de feu Seydou Cissokho secrétaire général du P A I-Sénégal, devenu en 1981 PIT-Sénégal. Il a entamé très tôt le combat politique et l’a poursuivi sans relâche depuis sa tendre jeunesse jusqu’à nos jours, sans jamais vaciller sur ses convictions politiques. Et c’est vraiment une coïncidence heureuse, comme si c’était pour lui rendre justice et hommage, que le M23 soit né chez lui et qu’il en soit le responsable d’honneur.

Pour l’histoire, cette idée d’une politique de large rassemblement des forces progressistes en lutte a été théorisée au sein du P A I-Sénégal dans les années 70, en pleine clandestinité. C’est en effet au cours de la XXIVe plénière de la session du Comité Central, qu’une résolution prônant une politique de large rassemblement a été prise et traduite dans une déclaration spéciale intitulée : « Notre ligne, une politique de large rassemblement des forces en lutte. » Cette déclaration a marqué un tournant décisif dans la politique de rassemblement des forces de progrès du P A I Sénégal. La recherche de l’unité des forces en lutte, qui est le propre des forces de progrès et aux antipodes du sectarisme des forces réactionnaires, devait être poursuivie sans relâche jusqu’à la victoire. Elle indiquait là, la volonté affirmée et exprimée des dirigeants du PAI-Sénégal de l’époque, parmi lesquels, était Amath Dansokho, à s’engager dans la recherche sans relâche à rassembler le plus largement possible les forces patriotiques autour de l’essentiel, pour s’opposer au régime socialiste réactionnaire et aux pratiques antidémocratiques de régression économique et sociale. On peut affirmer sans risque d’être démenti, que même ses plus farouches adversaires reconnaissent que Amath est resté fidèle jusqu’au bout à cette juste ligne directrice et de principe qui a fini par payer aujourd’hui avec la naissance du M23. Et avant le M23, il s’était beaucoup investi pour la naissance des diverses coalitions qui avaient vu le jour et tenté aussi de rassembler les forces de l’opposition. Sa persévérance a bien fini par payer et être couronnée de succès en fin de compte. Car, c’est cela qui l’a conduit chemin faisant, à devenir par la force des choses le rassembleur national ou trait d’union des forces patriotiques et du pays. Il est reconnu comme tel par tous les acteurs politiques de bonne foi de notre pays. Par conséquent, son rôle éminent dans la naissance et la conduite du M23 n’est pas le fait du hasard, mais bien le fruit d’un effort constant et soutenu inlassablement. C’est une juste récompense, que certains aient pensé à lui dédier affectueusement le titre honorifique de «notre Mandela national ». Il en est de même également pour celui de président d’honneur du M23 qu’on lui a décerné affectueusement et à l’unanimité. Nous pouvons tous témoigner que, malgré sa santé fragile, Amath répond toujours présent à toutes les sollicitations qui lui sont faites et qui concernent l’intérêt du peuple sénégalais ; surtout, quand cela concerne l’unité des forces vives et patriotiques du pays. On peut attester parfaitement qu’il a fait don de sa personne à son pays sans arrière-pensée depuis sa tendre jeunesse. Et le fait que son domicile soit quasiment le siège national et la permanence naturelle de l’opposition depuis des années constitue la preuve irréfutable de son engagement total dans cette voie sinueuse et parsemée d’embuches du rassemblement des forces vives de l’opposition de notre pays. Depuis des décennies, toutes les initiatives de coalition ou de regroupement allant dans le sens d’unir les forces patriotiques et progressistes, s’il n’en était pas l’initiateur, il a été incontestablement parmi ceux-là.

J’estime en mon for intérieur que nous devons bien lui rendre un vibrant hommage. Bien entendu, avec d’autres Sénégalais méritants comme lui, voire d’autres Africains qui ont consacré toute leur vie durant à la politique dans le sens noble du terme, c’est-à-dire saine et au service de leur pays et peuple pour une juste et noble cause.

Amath Dansokho fait honneur aux hommes politiques en général de notre pays par son attitude conséquente et constante d’humilité. Mais surtout encore pour ceux-là qui, comme lui, sont conséquents avec eux-mêmes. Mais malgré tout, ils sont souvent trainés injustement sans ménagement ni exception dans la boue, par certains censeurs intolérants se prenant pour des « puristes irréprochables ou des saints». Ces derniers choisissent de jouer le beau rôle confortable de censeur consistant à ne jamais prendre de risque. Ils passent leur temps à la critique facile, mais ne se mêlent de quoi que ce soit qui risque de dévoiler leurs propres carences, faiblesses et lacunes. Pour ce genre particulier de politiciens, tout ce qui touche à la marche du pays dans un sens comme dans l’autre leur est totalement indifférent. De véritables égoïstes et apatrides qui ne se meuvent que pour leurs intérêts égoïstes et strictement personnels. Ils ne prennent aucune initiative heureuse dans le sens de l’intérêt général et ne participent réellement à la défense d’aucune cause juste quelle qu’elle soit. Alors, pour ceux-là, même si le pays allait à la dérive tant que le danger ne s’abattait pas sur eux, ils ne lèveraient pas le plus petit doigt. Généralement, ces derniers jugent négativement tout le monde sans exception et sans se juger eux-mêmes. Ils ne s’interrogent pas non plus pour savoir s’ils sont quittes avec leurs devoirs et droits citoyens, vis-à-vis de la nation. Très souvent, ils se placent, pour ne pas dire toujours au-dessus de tout le monde, sans en justifier les raisons et au nom de quoi ? Ces politiciens, certains au pouvoir et d’autres dans l’opposition, considèrent et prennent tous les hommes politiques sans exception comme totalement indignes de confiance à l’image sans doute, de Me Abdoulaye Wade et de ses semblables.

Mais Amath, par sa constance et par sa permanence dans ses convictions politiques qui n’ont pas varié d’un iota, devrait pousser ces « censeurs libres avec leurs diatribes » à relativiser leurs jugements ou alors à les étayer par des arguments solides, vérifiables par tous et non de façon évasive. Et pour s’attacher un peu de crédibilité aussi, qu’ils prennent au moins la précaution de les citer nommément au lieu de généraliser ou de globaliser sur une grande échelle de population composée de diversités. S’agissant en tout cas de Amath et, je sais qu’il en existe d’autres semblables à lui dans le pays, leur jugement est erroné. Car Amath est demeuré fidèle à ses convictions politiques depuis les premières heures de sa rentrée en politique jusqu’à nos jours. Certes, je le reconnais, on ne peut pas en dire autant malheureusement pour tous les hommes politiques de notre pays et même d’ailleurs. C’est évident, tous les politiques ne peuvent être tous logés à la même enseigne. Mais Amath sort parfaitement du lot de certains hommes politiques caméléons et girouettes qui polluent notre espace politique et gagnent même malheureusement en nombre, il faut l’admettre. Ceux-là qui se renient totalement et se monnaient contre argent ou s’échangent contre « honneurs souillés .» Autrement, sur simple proposition d’un poste de sinécure qu’il soit ministériel ou n’importe lequel, même si celui-ci ternit malheureusement l’image des hommes politiques, les vrais devrais-je dire. Dans le lot des hommes politiques, il faut dire qu’il existe une race de politiciens véreux qui constitue une bande à part. Comme, il en existe bien, parmi les simples citoyens qui pourtant sont absolument loin de la politique et qui n’ont rien à voir avec celle-ci. Ces individus peuplent pourtant nos prisons pour des crimes, de l’escroquerie, des détournements et des délits de toute nature et en tout genre.

C’est pourquoi le fait de vouloir généraliser un jugement passe-partout à l’endroit de tous les hommes politiques, me semble procéder d’une grave erreur d’analyse. Parce qu’elle ne tient pas compte des paramètres et facteurs indispensables pour faire une analyse et un jugement objectifs, fondés sur des faits avérés. Il y a là, assurément, un pas à ne pas franchir tout de même pour ce qui concerne Amath Dansokho.  Car il fait partie de ces hommes politiques qui constituent heureusement les exemples invariables de la classe politique sénégalaise qui demeurent fidèles à leur idéal et leurs convictions de départ. Naturellement, les jugements négatifs portés globalement, sur les hommes politiques en général, ne sont rien d’autre que de la caricature malveillante et subjective. Ces jugements ne peuvent, en tout cas, concerner les hommes et les femmes qui, depuis la période coloniale, se battent corps et âme pour défendre les causes justes et nobles. Ils ne peuvent non plus concerner les plus jeunes qui les ont rejoints sur le terrain de la lutte politique jusqu’à présent sans avoir transhumé ou varié dans leurs convictions. De tels hommes et femmes méritent le respect et doivent être distingués et servis aux jeunes générations qui désirent ou qui veulent s’engager en politique, comme modèles.

Sur le plan des relations humaines, là également, Amath est encore égal à lui-même, car il conserve toujours son amitié à tous, en faisant la part des choses. Et pour Amath, quelles que soient les divergences politiques qui peuvent l’opposer à quelqu’un, tant que les principes d’indépendance et de liberté de choix et d’opinion sont respectés et sauvegardés, vous pourrez parallèlement cheminer en sa compagnie dans la paix et le respect mutuel. D’ailleurs, Me Wade devrait être le premier à témoigner de cela, pour en avoir été un témoin vivant. Oui, chacun de ses amis, pourtant  nombreux, pense intérieurement, qu’il est plus intime à lui qu’aux autres. Sa générosité de cœur est reconnue par tous ceux qui le fréquentent et celle-ci est doublée d’un langage franc et direct, dépourvu de fioriture et de la langue de bois. Il en est ainsi aussi,  à cause de sa simplicité légendaire et de son abord facile qu’il personnifie, il est considéré par ses concitoyens comme un homme humble et très populaire à la fois, tel que beaucoup de Sénégalais aiment bien le voir. Cette caractéristique, qui lui est propre et colle à sa personnalité, pousse à tort ses adversaires à considérer son attitude comme de la naïveté et non de l’humilité, qui caractérise les hommes profondément attachés à leurs racines populaires.

Nous avons tous souvent entendu dire, dans certains milieux populaires et même intellectuels, qu’un « homme politique » est le pire des hommes. Un tel jugement, catégorique et sans réserve, est fantaisiste et vraiment exagéré, parce qu’il ne repose sur rien et n’est étayé par aucun argument sérieux. Amath Dansokho, par son attitude constante au quotidien, apporte ici la preuve incontestable et un démenti cinglant, que cette assertion est totalement fausse. Des observateurs s’appuyant sur une déception rencontrée fréquemment avec certains hommes politiques franchissent allégrement le Rubicon sans ménagement et sans prendre toutes les précautions d’usage préalables pour conclure hâtivement sur une affirmation sans réserve. Ils omettent ainsi de tenir compte de cette dimension fondamentale que les hommes vertueux en toutes circonstances le demeurent et même en politique, ne dérogent point de leur éthique, de leur vertu et leurs principes directeurs. Voilà pourquoi l’affirmation délibérée selon laquelle tous les hommes politiques sont identiques est absolument une fausseté et fondamentalement inexacte. Ceux qui le disent, oublient très souvent leur propre personne, parce que dans leur subconscient, ils se situent toujours eux, en dehors du champ jugé. Ces derniers font rarement l’effort exigé d’une analyse objective en comparant les sujets en cause sur la base de leur pratique propre sur le terrain. Comme on le dit si bien : la pratique est le seul critère de vérité. A bon entendeur salut !

Mandiaye Gaye

mandiaye15@gmail.com

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« Winnie-L’histoire de Winnie Madikizela-Mandela » documentaire de Pascale Lamche (2018)

Un documentaire remarquable, qui explique les causes du rejet dont  a été victime Winnie Mandela de la part de l’ANC, et de Nelson Mandela lui-même. Révolution sociale- révolution politique: les deux conceptions se sont affrontées à la fin de l’apartheid.
     Winnie le dit en fin de film, les inégalités qui plombent l’Afrique du Sud montrent que le problème social reste à résoudre. 

     Anti-racisme et anti-sexisme, même combat: quand cette femme, dont la mort en 2018 a été copieusement ignorée, sera t’elle réhabilitée? Question de courtoisie élémentaire. Les intellectuels et militants africains seraient bien inspirés d’y contribuer, pourquoi pas par référence à la trajectoire réussie du couple Gbagbo.

Le film est visible à partir de cet article
https://www.lepoint.fr/culture/docu-tele-arte-une-icone-nommee-winnie-mandela-06-03-2018-2200274_3.php

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Docu télé – Arte : une icône nommée Winnie Mandela

VIDÉO. Ce documentaire replonge dans l’incroyable histoire de l’ex-épouse de Nelson Mandela, militante aux méthodes controversées.

Par Le Point Afrique

Qui est vraiment Winnie Madikizela-Mandela ? Impossible de classer cette infatigable combattante de la cause noire dans une case bien définie tant la seconde épouse de Nelson Mandela tisse une véritable tragédie épique dans le destin de l’Afrique du Sud. Et si sa trajectoire radicale riche en faits d’armes et zones d’ombre n’était qu’un miroir révélateur sur l’Afrique du Sud contemporaine ?

Une femme et un mythe

Dans ce documentaire de Pasacle Lamche récompensé en 2017 du prix de la meilleure réalisation pour un documentaire étranger, au festival du film de Sundance, l’égérie de la lutte anti-apartheid veut réhabiliter son histoire. « Pour la première fois, ce film assemble toutes les parties et dévoile son immense contribution à la lutte pour renverser le régime de l’apartheid, en mélangeant le point de vue intime de Winnie et de ses proches, avec les témoignages de ses ennemis qui ont tout fait pour tenter d’éteindre sa capacité radicale à mener une révolution », souligne la réalisatrice.

Dans le Soweto des années 80, Winnie, qui était surnommée la « mère de la nation », aurait notamment encouragé la violence pendant la lutte contre le régime ségrégationniste à travers le Mandela United Football Club. Elle se retrouve accusée de violence et de meurtre : en 1988, son club, qui est en fait un véritable gang, tue un jeune militant de 14 ans, Stompie Sepei, semble-t-il sur les instructions de Winnie. Elle sera jugée et condamnée à six ans de prison. Assignée à résidence à Brandfort – « un tombeau vivant » –, l’opposante, courtisée par les médias internationaux, assume d’être prête à tuer pour la liberté. Ne craignant rien ni personne, Winnie, qui recrute avec Chris Hani et Oliver Tambo les soldats d’Umkhonto we Sizwe, la branche militaire du Congrès national africain, joue aussi les courroies de transmission entre le terrain et le prisonnier légendaire dont le monde entier exige la libération.

Winnie Mandela ne lâche pas le combat

Mariés en 1958, Nelson et Winnie ont divorcé en avril 1996, plusieurs années après leur séparation. Bien que Winnie ait été aux côtés de son mari lors de sa libération en 1990, les relations du couple s’étaient très vite dégradées. « Nous – Nelson et moi – n’avons jamais vraiment donné une chance à notre couple. Voyez-vous, je comprends vraiment les femmes d’autres prisonniers. Certaines ne pouvaient pas faire face à la situation. Affronter la vie en prison. Personne n’a jamais accordé une pensée à ces femmes », estime Winnie. « Moi, d’un autre côté, je sentais qu’il était de ma responsabilité de maintenir le nom, l’héritage de Nelson Mandela, tout. »

En 1969, Winnie Mandela est aussi emprisonnée. Mandela écrit alors des mots poignants à ses filles, Zeni et Zindi, 9 ans et 10 ans, privées de leur mère et de leur père. Les lettres évoquent ses relations parfois orageuses avec Winnie qui lui rappelle, un jour, qu’elle a dû élever seule leurs enfants.

Pourtant dans son testament, Nelson Mandela, qui fut le premier président de l’Afrique du Sud démocratique de 1994 à 1999 et est décédé en 2013, ne lui a rien laissé. Car comme le démontre le film entrelaçant archives et témoignages précieux, dont celui de Winnie et celui de sa fille Zindzi, ce portrait dense et très documenté éclaire le rôle majeur – et souvent sous-estimé – de cette militante engagée en première ligne dans la lutte anti-apartheid. Il montre surtout comment le régime sud-africain s’est ingénié à opposer « le saint » Nelson Mandela à la « pécheresse » Winnie, redoutée pour son intransigeance, jusqu’à leur séparation et sa diabolisation. À 81 ans, aujourd’hui, souffrante, Winnie Mandela garde l’espoir de voir son combat politique réhabilité dans l’histoire de son pays à défaut de voir les transformations promises aux townships de Soweto, où elle vit toujours.

http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/49888_1
Winnie – The Story of Winnie Madikizela-Mandela

Auteure-réalisatrice Pascale Lamche

Personnalité politique mondialement célèbre dont l’ascension et la chute tissent une véritable tragédie épique et dont la trajectoire radicale riche en faits d’armes et en zones d’ombres tend un miroir révélateur sur l’Afrique du Sud contemporaine, Winnie Madikizela Mandela, la seconde épouse de Nelson Mandela, est le sujet du documentaire Winnie de Pascale Lamche.
« Pour la première fois, ce film assemble toutes les parties et dévoile son immense contribution à la lutte pour renverser le régime de l’apartheid, en mélangeant le point de vue intime de Winnie et de ses proches, avec les témoignages de ses ennemis qui ont tout fait pour tenter d’éteindre sa capacité radicale à mener une révolution » souligne la réalisatrice.

(Source: Cineuropa)

Distinction

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Tchad: vague d’arrestations avec la complicité de la France (ACTUS/prpe)

Tchad : Vague d’arrestations d’opposants politiques tchadiens à Paris : la France renforce la criminelle et prédatrice dictature  du Général président Idriss Déby.

Déclaration de l’ACTUS/prpe relative aux arrestations à Paris d’opposants politiques tchadiens: Général Mahamat Nouri Allatchi, Dr Abakar Tollimi et Abderamane Abdelkerim

Depuis le lancement  le 1er août 2014 de l’opération militaire française de  l’opération Barkhane  dans la bande sahelo-saharienne d’Afrique, notre pays le Tchad qui abrite l’État  major de cette force vit une coercition plus féroce du régime. Force est de constater que les répressions, les arrestations sommaires extrajudiciaires, des traitements dégradants et humiliants des  citoyens, des opposants politiques, journalistes et défenseurs des droits de l’homme, ont repris le haut du pavé  dans le pays à l’indifférence absolue de  tous les  gouvernements français successifs qui soutiennent militairement , financièrement  et diplomatiquement  le  criminel dictateur Général Président Idriss Déby  qui règne par la terreur et les assassinats depuis près de 30 ans sur  ce pays du pré carré  d’Afrique de la France.

La déferlante répression des patriotes résistants, n’épargne guère les opposants exilés politiques tchadiens dans le monde, voire paradoxalement certains qui résident en France, pays à l’origine de la pertinente déclaration universelle des Droits de l’Homme  et du citoyen  de 1789. Cette dernière a servi de base à la Déclaration universelle des droits de l’homme  de 1948 adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU)  et ratifiée par tous les états membres dont la France et le Tchad.

Quels délits dûment prouvés auraient commis les opposants politiques tchadiens, les défenseurs des Droits de l’homme, les journalistes, les avocats, voire les anonymes citoyens pour subir cette vague de répression planétaire ?

Pourquoi les descendants des jeunes soldats héroïques tchadiens de la division du Général Leclerc, qui avaient résisté à leur corps défendant aux assauts de l’Armée nazie d’Hitler en 1940-1945, puis libérer la France, n’auraient-ils pas aujourd’hui le droit élémentaire de l’homme, le droit à  la vie que de survivre sous la férule du dictateur criminel du Général Président Idriss Déby? Résister au tyran Idriss Déby serait-il devenu un crime contre l’humanité passible de la peine de mort ou au « mieux » de prison à perpétuité?                                                                                                                                                                            

La défense autoproclamée des « droits de l’homme dans le monde » dont se targuent  la France et les puissances impérialistes occidentales serait-elle à géométrie variable  quant-il s’agit des peuples africains en général et tchadiens en particulier?

  1. Soutien militant indéfectible et solidarité de l’ACTUS/prpe aux trois opposants politiques au tyran Général président Déby, incarcérés  par la justice  française.

Notre Parti, ACTUS/prpe (Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme/Parti Révolutionnaire Populaire et Écologique)  tient ici à exprimer solennellement  sa ferme condamnation suite à l’arrestation en France  de trois opposants tchadiens, en l’occurrence Le Général Mahamat Nouri Allatchi, Dr Abakar Tollimi et Abderamane Abdelkerim. En effet, selon Radio France Internationale (RFI),  les  trois opposants au tyran  Idriss Déby ont été interpellés lundi 17 juinAu terme de 96 heures de garde à vue, ils furent incarcérés le 21 juin 2019, par les juges d’instruction en charge du dossier. Les chefs d’accusation sont lourds : « crimes contre l’humanité et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime contre l’humanité ». Ces opposants seraient soupçonnés d’avoir  procédé aux recrutements forcés de combattants dont des mineurs au Tchad et au Darfour entre 2005 et 2010.                                       Nous leur exprimons ici notre solidarité militante indéfectible  pour notre lutte commune contre le tyran Sultan Général Président Idriss Déby au pouvoir depuis près de 30 ans contre la volonté populaire de survie du peuple tchadien, qui est quotidiennement victime d’arrestations extrajudiciaires, viols, pillages, assassinats, traitements dégradants et humiliants.       

Pour toute  personne dotée d’une infime  humanité  soit-elle, s’abstiendrait de poser  le moindre acte qui contribuerait à faire l’apologie  et renforcerait la dictature criminelle  du despote Idriss Déby au Tchad.

  • Le Général Président Idriss Déby enrôle de force des enfants soldats dans l’Armée nationale (ANT) : un crime contre l’humanité que la justice française feint d’ignorer.

Le problème des enfants soldats  sont récurrents dans tous les pays en conflits dans le monde. Les gouvernements et les mouvements armés sont tous concernés comme en soulignent les rapports des nations unis.

Au Tchad, le gouvernement du Général président Idriss Déby est particulièrement mis en indexe par plusieurs rapports   d’organisations internationales telles que Amnesty International, HRW, Unicef…                                                                          

Acculé par ces faits gravissimes et crimes contre les enfants tchadiens révélés par ces documents, le despote tchadien a fini par  reconnaitre le recrutement forcé des enfants  dans l’Armée nationale tchadienne (ANT) et dans la Garde présidentielle (une armée parallèle).

Pour faire son mea culpa  et bonne figure face à l’opinion internationale, le Tchad

►a participé en 2007 à une conférence organisée par le gouvernement français et l’UNICEF sur le thème Libérons les enfants de la guerre, dont les participants ont adopté les Principes directeurs relatifs aux enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés (Principes de Paris), ainsi que les Engagements de Paris en vue de protéger les enfants contre une utilisation ou un recrutement illégal par des groupes ou des forces armés.

►a  accepté d’organiser  à  Ndjaména avec le soutien de l’UNICEF le 9 juin 2010, une importante conférence régionale visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats par les forces et groupes armés. Dans la Déclaration de N’Djamena, adoptée à l’issue de cette conférence par les représentants du Cameroun, du Niger, du Nigeria, de la République centrafricaine, du Soudan et du Tchad, les États se sont engagés à :

mettre fin à toute forme d’enrôlement et d’implication des enfants dans les forces et groupes armés, veiller à ce qu’aucun enfant de moins de 18 ans ne prenne part, directement ou indirectement, à des hostilités, et prévenir toute forme de recrutement et d’utilisation d’enfants en toute situation (article 1)

faire en sorte que le crime que constituent le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés ne soit pas intégré aux lois d’amnistie et soit considéré comme un crime de guerre (article 4)

►a signé la Convention de Kampala en juin 2010 et l’a ratifiée en novembre 2010. En tant qu’État partie à cette Convention, il est tenu de respecter ses dispositions. Ce texte impose aux États parties des obligations juridiques relatives aux a signé la Convention de Kampala en juin 2010 et l’a ratifiée en novembre 2010. En tant qu’État partie à cette Convention, il est tenu de respecter ses dispositions. Ce texte impose aux États parties des obligations juridiques relatives aux personnes déplacées dans leurs territoires respectifs. Son article 7 interdit aux membres des groupes armés de  recruter des enfants, ou leur demander ou leur permettre de participer aux hostilités, en quelque circonstance que ce soit (article 7-1-e) ; recruter des personnes par la force et se livrer à des actes d’enlèvement, de rapt ou de prise d’otages, d’esclavage sexuel et de traite des êtres humains, notamment des femmes et des enfants (article 7-1-f).

Cette cascade de gesticulations diplomatiques du gouvernement  tchadien n’est qu’une imposture. En effet, la présence et l’enrôlement d’enfants soldats dans l’Armée tchadienne se poursuit imperturbablement, et ce d’autant plus  que le Général Président Idriss Déby est devenu un véritable rentier du mercenariat en envoyant l’Armée tchadienne sur tous les fronts contre monnaies sonnantes et trébuchantes de dollars.   La récente opération en cours est celle du corps expéditionnaire tchadien envoyé en Arabie Saoudite combattre aux côtés l’Armée royale du jeune prince héritier Mohamed ben Salam(MBS) contre les rebelles chiites houthis au Yémen.                                                           

« Quelque 1600 civils issus des tribus arabes tchadiennes ont été envoyés à Riyad pour rejoindre le front avec le Yémen. Un accord secret aurait été conclu entre les Saoudiens et le Tchad. C’était mi-avril, lors de la visite du président tchadien Idriss Déby en Arabie saoudite à l’ occasion des manœuvres militaires du « bouclier du Golfe », « Selon des sources concordantes, ces combattants tchadiens sont recrutés parmi les civils des tribus arabes des régions pauvres et excentrées du Tchad. Une fois tués au combat, ils sont enterrés sur place. Et leurs familles discrètement indemnisées. Sans jamais avoir droit aux honneurs des soldats tombés face à Boko Haram ». (Source : RFI.  du 28.04.2018)                                                                                             
Au demeurant, rappelons que  le  rapport de l’ONU du 19 juin 2019  pointe du doigt la responsabilité de MBS dans le meurtre du journaliste saoudien opposant Jamal Khashoggi. Selon les conclusions de la CIA, rapportées par le « Washington Post » et Reuter, le prince hériter Mohamed ben Salam a lui-même ordonné l’assassinat du journaliste (Sources : Le Monde du 19.06.2019, l’Obs du 19.9.2019)                                                                                                                       

Ben Salman a commandité l’assassinat à la tronçonneuse du journaliste opposant Jamal Khashoggi dans l’enceinte de son Ambassade d’Istanbul en Turquie. Une sacrée affinité entre les deux Raïs qui ont une aversion  congénitale à l’égard de la  presse. A l’instar du royaume saoudien, au Tchad,  les assassinats et la répression des journalistes demeurent  impunis.  

Le 13 juillet dernier, un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) accusait le gouvernement tchadien de manquer à « sa promesse de retirer les enfants soldats de ses forces armées». (Source : Courrier International du 20.02.20108).          

Ce constat est étayé par plusieurs autres rapports d’organisations de défense des droits de l’homme, l’Unicef, Amnesty International…                                                                                                                                        Dans son Rapport de Février 2011, Amnesty International écrit : [« Selon diverses sources dans l’est du Tchad et à N’Djamena, et d’après les recherches effectuées par Amnesty International, l’ANT continue d’utiliser des enfants. Des commandants militaires se rendraient toujours dans les villages de l’est du pays pour exhorter les parents à envoyer leurs enfants dans l’armée ou dans d’autres forces de sécurité nationales comme la gendarmerie, la police et la Garde nationale et nomade du Tchad. Les représentants de l’État nient toute politique de recrutement d’enfants mais reconnaissent la présence d’enfants dans les rangs de l’armée. Il est semble-t-il fréquent de voir de jeunes garçons à bord de véhicules militaires près de l’aéroport d’Abéché et à N’Djamena. Dans ses observations finales sur le Tchad, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’est dit « profondément préoccupé de voir […] que toutes les parties au conflit continu [aient] de recruter et d’utiliser des enfants, en particulier […] certains commandants locaux des forces armées tchadiennes » […] «Il n’y a que des vieux dans ce camp [de personnes déplacées]. Tous nos jeunes garçons [expression faisant essentiellement référence à des enfants de moins de 18 ans, les plus jeunes n’ayant que 13 ans, comme cela a été explicité par la suite] se sont engagés dans l’armée. Nous pensions qu’ils reviendraient et nous protégeraient.  Le gouvernement leur a demandé de rejoindre les rangs de l’ANT pour protéger notre  communauté. Les recruteurs sont même venus ici, dans le camp. Ils ont dit qu’ils allaient les emmener pendant 45 jours pour leur dispenser un entraînement militaire, puis leur demanderaient de revenir assurer notre protection. Au lieu de cela, ils les ont conduits à Moussoro, où ils ont suivi un entraînement militaire pendant neuf mois, puis les ont envoyés à Bahaï, à Fada et ailleurs].

Dans son édition du  9 mai 2017, le journal en ligne  Zoom Tchad  dans l’article intitulé « Tchad : Alerte ! Voici les enfants soldats d’Idriss Déby » révèle  le recrutement massif et forcé en 2016 par le tyran d’enfants soldats : « Il y a de cela un an, Idriss Deby a envoyé une équipe de sa garde présidentielle opérer d’importantes rafles d’enfants dans les villages reculés du Nord du pays». Ces preuves sont étayées par des photos au sein de la présidence où des petits enfants dont certains aux visages juvéniles afficheraient leur 13ème année.                                                   

Les photos de ces  enfants soldats innocents, vêtus de treillis militaires et armés du célèbre fusil d’assaut Kalachnikov, et de surcroît dans l’enceinte de la présidence de la République, une institution qui a ratifié les traités internationaux, ne sauraient laisser indifférente la justice française qui venait d’interpeller les opposants politiques tchadiens qui seraient accusés d’avoir recruter les enfants soldats.                                                                                                                                               

Ce lien « http://zoomtchad.com/tchad-alerte-voici-enfants-soldats-didriss-deby/ » sont  des preuves incontestables qui démontrent à suffisance  que le despote Général président  Idriss Déby viole allègrement et en toute impunité les traités internationaux dont celui relatif  à la  Convention des droits de l’enfant. Afin de conserver son pouvoir, il  arrache aux parents  des milliers  d’enfants, les transformer en machine de guerre.                                                                                                          

Hypothéquer l’avenir  d’enfants et de toute la jeunesse tchadienne  par conséquent  celui du Tchad depuis 30 ans de règne dictatorial, telle est la performance incontestée et incontestable  de la gestion  du  pays par le tyran Général Président Idriss Déby. En effet, de 2003 date de l’extraction de pétrole jusqu’à 2013 soit en 13 ans de vente de l’or noir, le Tchad a engrangé 13 milliards de dollars. Nonobstant  les milliards de pétrodollars auxquels s’ajoutent les aides financières internationales, l’état  est en faillite : Les fonctionnaires  accusent  de retards de salaires allant de plusieurs mois voire des années pour certains. Jamais de mémoire de tchadien, la misère  des masses populaires n’a atteint un tel sommet.          

Le pays occupe le peloton de tête des 10 pays les plus pauvres au monde  avec un Indice de Développement Humain(IDH 2018) de 0.404 et occupe ainsi le 186eme  rang  sur 188 pays, l’espérance de vie et le taux d’alphabétisation sont respectivement  52,2 ans et 37,7 % et enfin le pays  est cité  parmi  les plus corrompus au monde  165 eme  place sur 174 pays.

Le rapport de l’ONG OXFAM de juillet 2019 confirme la  paupérisation  du pays et  celle des masses populaires avec l’’accroissement des inégalités de richesses. Comparativement à ses voisins, le Tchad est le pays sahélien le plus inégalitaire où les 10% de la population les plus riches possèdent une part deux fois plus importante du revenu national brut, que les 40% de la population les plus pauvres.  Ces données  catastrophiques  sur l’état de la République duTchad et des masses populaires, auraient provoqué une onde de choc salvatrice chez tout dirigeant pourvu  d’une infime  humanité soit-elle. Chez le  tyran Général président Idriss Déby, personnage sans conscience morale, sans dignité  humaine pour son peuple et sans honneur pour lui-même, la vie continue paisiblement bercée par les  cris de détresse  du peuple souffrant. Le personnage sadique  et  sans vergogne montre qu’il demeure  insensible du moindre opprobre que jetteraient sur lui ces données misérables de son pays. Au lieu de faire profil bas voire une certaine humilité  et discrétion,  le dictateur adoubé par le parapluie militaire  de l’impérialisme français, est devenu un véritable pigeon voyageur à travers le monde pour mendier de l’argent (car les caisses de l’état ont été pillées  par le clan présidentiel) ou simplement des voyages d’agrément et de shopping qu’affectionnent tant le despote  du palais rose de N’Djaména.  Pour ce dernier ces données catastrophiques sur son pays  sont : « Da maktoub sakit » de l’arabe tchadien  qui veut dire  littéralement c’est «du papier simple ». C’est ainsi le Dictateur Général président Déby réagit  systématiquement  comme un illettré à tous les rapports relatifs à son pays. Quelle légéreté deconcertante  qu’affiche un chef d’Etat  face aux rapports sur son pays !                                       Comment un dirigeant politique responsable  et conscient  pourrait-il   achever  volontairement son pays en pillant le peu d’argent qui reste  dans le trésor public  en s’offrant ces villégiatures très onéreuses,  futiles  et d’aucun  intérêt pour le pays et son peuple? Le cas du Général président Idriss Déby au Tchad, ne relèverait-il pas d’une pathologie  médicale ? Quand l’équipe médicale le  déclarerait inapte à gouverner un pays ? Au sujet de dépenses inconsidérées  du tyran Idriss Déby, le journal en ligne Tchadanthropus écrit  avec une colère légitime dans sa  publication du 11 juillet 2019 : « Qu’il arrête de voyager partout et siphonner le trésor public de 1 milliard 400 millions à chaque déplacement ». 

Le clan présidentiel dirigé par le patriarche et Sultan d’Amdjarass, Idriss Déby a fait main basse sur toutes les ressources du pays. La corruption, le pillage des deniers publics, la gabegie…sont institutionnalisés. [(Sources : Rapport 2012 de l’ONG Transparency International, Rapport PNUD 2017, RFI mai 2019)]

Le despote Idriss Déby a privé les masses populaires tchadiennes  de cette a colossale  manne pétrolière, qui aurait pu servir à nourrir,  éduquer, soigner et loger  ses enfants-soldats  dans leurs familles. Aujourd’hui, leur  avenir est plus que jamais hypothéqué. Cette manne pétrolière encaissée par le gouvernement  d’Idriss Déby, serait une malédiction pour ces enfants soldats, qui selon certaines informations, auraient été victimes de trafic d’êtres humains moyennant quelques billets dérisoires de FCFA  remis aux parents sous contraintes armées par les  agents gouvernementaux recruteurs  d’enfants soldats.                                                                                             

Les crimes contre l’humanité commis par le tyran Idriss Déby sont  incontestablement bien établis. L’instruction judiciaire ouvert contre les trois opposants politiques serait partiale et aurait reçu des ordres politiques. Le peuple victime de la tyrannie de ce président  n’acceptera jamais  sa non-inculpation  suivie de son  interpellation, car les atrocités qu’il subit depuis près de 30 ans sont quotidiennes.

Au demeurant il serait utile de rappeler qu’après le sauvetage in-extremis du dictateur Général Président Idriss Déby par l’armée française en février 2008, ce rescapé de la colère du bras armé du peuple (l’encerclement du palais rose par les Forces de résistance nationale) a condamné à mort  les Chefs rebelles. Il a lancé un mandat d’arrêt international contre certains Leaders  de l’opposition politique armée. Le même chef d’accusation d’alors «crimes contre l’humanité» du gouvernement tchadien sont  repris par la justice française  pour justifier l’interpellation des trois opposants  politiques tchadiens à Paris.

Les crimes économiques du clan présidentiel ont été confirmés dans  le Rapport de l’ONG suisse Swissaid publié le 12 juin 2017 sur le problème pétrolier tchadien en ces termes;  « En 26 ans de pouvoir, Idriss Déby Itno, le président du Tchad a transformé sont pays en SA familiale corrompue. Son régime agit de façon de plus en plus répressive, des proches et des membres de la famille du président et de son épouse contrôlent de larges pans du secteur pétrolier. D’après l’étude qui rapporte certaines estimations, le président  Déby devrait actuellement disposer d’une fortune de 50 à 100 millions d’euros sans compter la fortune amassé par son clan à travers plusieurs membres occupant des postes stratégiques au sein d’entreprises et d’administrations publiques mais aussi des réseaux qui s’étendent aux secteurs stratégiques de l’économie du pays ». Résultat : selon  le quotidien Le Monde cité par Francetv.info du 06/04/2018, le Tchad se trouve aujourd’hui «en quasi-faillite».                                                                                                                                                        

La tragédie que vivent les masses populaires et l’avenir hypothéqué des enfants soldats, sont les conséquences de la gestion prédatrice du Général président Idriss Déby et son clan familial, tous des prédateurs invétérés. Ces crimes économiques  ont induits les crimes contre l’humanité contre le peuple tchadien dont les enfants soldats.         

Outre La gestion prédatrice rentière du pays, le Général président Idriss Déby pratique son sport favorit : la répression sanglante et les assassinats. Face à cette tragédie humaine,  Le Général Mahamat Nouri Allatchi, Dr Abakar Tollimi et Abderamane Abdelkerim, qui naguère occupaient des hautes fonctions ministérielles et administratives,  étaient  contraints d’entrer en dissidence puis dans la résistance armée  car le tyran  refuse toute forme de dialogue pacifique et l’instauration d’une véritable démocratie. Les trois opposants politiques  et résistants ne sauraient être complices  des conséquences tragiques de la gestion du pays dont sont victimes les enfants soldats et tout le peuple tchadien.

Notre Parti, ACTUS/prpe réitère sa condamnation de l’enrôlement des enfants  soldats  quel que soient leurs auteurs. Cependant, les différents rapports des ONG de défense des droits de l’homme  ont mentionné les groupes armés tchadiens, soudanais et ont nommément cité le Gouvernement tchadien, une institution reconnue internationalement qui de surcroît a ratifié la Convention des droits de l’enfant,  d’enrôler les enfants soldats à  l’est  du pays à la frontière entre le Tchad et le Soudan.                                                                                                                                                                                     

L’inculpation des trois opposants politiques tchadiens pour enrôlement d’enfants soldats est d’une partialité caractérisée,  alors que le Général président Idriss Déby accablé par  tous les rapports d’ONG  pour les le même chef d’accusation  est   absout de la justice. Pour le peuple tchadien supplicié du  tyran du palais rose de N’Djaména depuis près de 30 ans, la rafle de ces trois opposants politiques est une décision  politique manifeste. En effet, injustement considéré  comme le fidèle  allié africain des puissances impérialistes occidentales,  en particulier de la France dans la prétendue lutte contre les  terroristes islamistes dans la région sahélo-saharienne, le soldat Déby, pour services rendus, voit l’une de ses revendications contre les opposants, satisfaite. Au demeurant, rappelons que le 3  février 2008 les colonnes des forces  de  résistance  nationale (bras armé du peuple martyrisé) dont l’un de Leaders le Général Mahamat Nouri Allatchi, ont encerclé le palais présidentiel. Le  dictateur Idriss Déby, bourreau du peuple  tremblait dans sa tanière. La population manifestait sa joie et son soutien aux libérateurs. Une nouvelle fois comme en 2006, le soldat Déby fut sauvé in extremis grâce à  l’intervention du COS (Commandement d’Opérations spéciales), unité   d’élites de   l’Armée française qui a décimé les troupes des patriotes résistants. [Source : Le quotidien catholique français, La Croix du 8 février 2008].            

Le dernier  sauvetage du tyran Déby, contre la volonté du peuple tchadien, a eu lieu le 3 février 2019. L’aviation française, partie de sa base Barkhane de N’Djaména  a pulvérisé les colonnes motorisées de l’UFR, une des composantes des Forces de résistance nationale, dirigée par Tom Erdimi, neveu du Général Président Déby.

Ces patriotes résistants partaient du nord et fonçaient vers le sud afin de mettre hors d’état de nuire le «terminator» du peuple tchadien. En faisant appel à une a Armée étrangère (française) afin de massacrer son peuple et le maintenir au pouvoir, le dictateur Idriss Déby est disqualifié pour dirigé le peuple tchadien insurgé. Cet acte criminel du tyran  jette de l’opprobre  sur ce  minable personnage, ce véritable fossoyeur sa personnalité cet imposteur  qui s’autoproclame du panafricaniste  et de anti-impérialiste. Les masques sont tombés : Le dictateur Général président Idriss Déby  est  incontestablement  une créature malfaisante de l’impérialisme français. C’est un soldat en mission commandé, une taupe   introduite dans le dispositif impérialiste de recolonisation de l’Afrique. Les multiples interventions de l’Armée française afin de le maintenir au pouvoir  démontrent à suffisance si besoin en est,  de son importance dans cette stratégie impérialiste  de recolonisation  de l’Afrique. Inversement , les authentiques panafricanistes et  anti-impérialistes  tels furent les héros Lumumba, Sankara, Kadhafi, Sékou Touré, Nkrumah, Nasser,  Boumediene, Olympio, Ngouabi, Rolling, Machel, Boganda, Neto, Cabral…ont été  combattus  militairement, économiquement  et diplomatiquement   par les puissances impérialistes. Certains furent assassinés.

Les masses populaires tchadiennes ont la preuve formelle, que l’Opération Barkhane lancée le  1er  août 2014 pour lutter contre les terroristes islamistes dans la région sahélo-saharienne d’Afrique, renfermerait dans les accords des clauses secrètes en matière de  missions de maintien de l’ordre intérieur. Ce rôle de police ou de gendarmerie nationale de l’Armée française s’était traduite par le bilan lourd susmentionné, et de noyer en permanence dans le sang toute insurrection armée du peuple insurgé contre le dictateur Idriss Déby. Diantre ! Cela est insupportable !

Sous le fallacieux prétexte de la lutte contre les  terroristes islamistes, les puissances impérialistes occidentales (la France et USA) ont multiplié les implantations  et/ou les renforcements de leurs bases militaires au Tchad, Niger, Mali et Burkina Faso. La recolonisation de l’Afrique est en marche. Paradoxalement, la recrudescence des actes terroristes sanglants dans ces pays augmente d’intensité. La déstabilisation  de la bande Sahélo-saharienne de l’Afrique  par les islamistes prend de l’ampleur, s’installe dans la durée. La multiplication  des bases militaires  impérialistes d’occupation a pour objectif  le contrôle  de cette sous région africaine  riche en ressources stratégiques (notamment pétrole, gaz, uranium  tungstène, cobalt, or…).                  

Notre Parti, ACTUS/prpe, réitère  ses hommages à tous nos Camarades patriotes combattants  résistants, tombés sur le champ de bataille et d’honneur sous les bombes de l’impérialisme français pour la libération du peuple.                                  

À vous héros, la nation libérée vous sera reconnaissante ! 

Le parapluie militaire français dont bénéficie depuis près de 30 ans le despote Général président Déby, contre la tenace volonté de libération du peuple tchadien, est un acte de guerre. C’est une  complicité  irréfutable de crimes contre l’humanité. Selon les rapports des ONG  de défense des droits de l’homme plusieurs  milliers de tchadiens  ont été tués  par le criminel du palais rose. Les deux cas  en l’occurrence le pogrom dirigés  en personne  en sa qualité de Chef d’Etat Major en septembre 1984 dans les régions du Logone et de Moyen Chari au sud. Cette génocide marque de nos jours tous les esprits d’où la dénomination de cette sombre  de « Septembre noir », l’autre génocide  du 4 août 1993 ordonné par le tyran,  est celui  de Gniguilim un village de la région du Ouaddaï à l’ouest du Tchad. La population a été exterminée. [Sources : (François-Xavier Vershave,La Françafrique : Le plus long scandale de la République, Éditions Stock, Paris, 1998). Ngarléjy Yorongar, Tchad: démocratie, crimes, tortures et mensonges d’État, Éditions L’Harmattan, Paris, 2010). (François-Xavier Vershave, Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco africain, entretien avec Philippe Hauser, 2004, La Fabrique). (Ngarléjy Yorongar, Tchad : le procès d’Idriss Déby- Témoignage à charge, Éditions L’Harmattan, Paris 2003). (Rapport sur les massacres dans l’Ouaddaï ,1994 journal en ligne Tchadhanana du 10 mars 2008)]

  • La criminalisation des opposants politiques  tchadiens par la justice française est un soutien de de l’impérialisme français ( la Françafrique) au dictateur Général président Déby.                                             

Les puissances impérialistes occidentales demeurent  aphones et aveugles face aux crimes commis par leurs alliés respectifs, voire elles  mettent tous en œuvre afin qu’aucune sanction ne leur soit infligée. L’odeur du pétrole et les positions et géostratégiques  de ces  deux pays, inhibent la force  de défense  des traités internationaux des droits de l’homme. Pour les puissances impérialistes occidentales en particulier l’impérialisme français,  leurs intérêts priment sur la défense des droits de l’homme et de la  vie des masses populaires tchadiennes exterminées par leur poulain Idriss Déby.                                                            

Le peuple tchadien supplicié prend acte de cette complicité de crimes contre l’humanité, cependant, il poursuivra  sa légitime lutte de libération  jusqu’à l’anéantissement  totale et irréversible de la  dictature  d’Idriss Déby dans le pays.

La  notion des droits de l’homme est à géométrie variable selon la définition des puissances impérialistes occidentales suivant  leurs intérêts et au degré de soumission des dirigeants du sud. En effet, tout leader insoumis  du sud à leurs diktats est qualifié de dictateur, d’auteur de « crimes contre l’humanité » lorsque l’armée nationale  libyenne tentait de reprendre  Benghazi, la deuxième ville du pays occupée par les islamistes armées et soutenus par l’occident. Un tsunami médiatique de démolition, de diffamations et autres insanités d’une rare bassesse humaine est enclenchée, parfois suivie d’une intervention militaire pour assassiner le récalcitrant. Ce fut le cas du Colonel Kadhafi de Libye où son assassinat par les puissances impérialistes le 20 octobre 2011 a été annoncé avec  délectation  par la presse bourgeoise. Forfaiture accomplie !  Circulez, il n’y a rien à voir claironnent les criminels.  Et pourtant, les bombardements  de l’OTAN contre ce pays africain l’a ramené au niveau des pays les  pauvres  alors que la direction du Colonel Kadhafi, il  était  le plus développé du continent   et où son peuple avait le plus haut niveau de vie  voire dépassant celui de certains pays du développé. Le partage des richesses du pays au peuple prend ici tout son sens  contrairement au Tchad où le tyran Déby et son clan  ont fait main basse  sur le revenus  du pétrole en plongeant le peuple dans la misère absolue. Ces crimes économiques économiques aux conséquences dramatiques, sont  bien des crimes contre l’humanité. Cela devrait heurter la conscience de la  justice parisienne, plutôt qu’un acharnement contre les Opposants politiques armés  qui portent les légitimes aspirations du peuple supplicié du dictateur Idriss Déby depuis près de 30 ans.                                                                 

Les bombardements intensifs  de l’OTAN  de la Libye  faisant des milliers de morts  parmi lesquels son Leader charismatique, ont depuis lors  transformé ce pays   en un  nid de terroristes islamistes qui furent par ailleurs des alliés  de ces mêmes puissances impérialistes lors de leurs campagne guerrière contre Kadhafi.

Pour les peuples africains  ces actes commis en Libye  sont incontestablement des actes de guerre et crimes contre l’humanité  dont leurs auteurs  sont les trois mousquetaires  criminels :  les Présidents Obama des Usa,  Sarkozy  de la  France et le Premier Ministre  d’Angleterre, Cameron. La justice française devrait  aussi impartialement  s’en occuper.

D’autres dirigeants insoumis du sud,  tel l’ex président légitime  de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo fut kidnappé  par l’armée française après bombardement du palais présidentiel. Il fut déporté  à La Haye où il a été jugé par la CPI  7 ans plus tard. Il a été acquitté le 15 janvier 2019 en compagnie de son codétenu et  ancien ministre de la Jeunesse le charismatique  Charles Blé Goudé. Un camouflet  magistral pour la CPI, un tribunal au service des intérêts des puissances impérialistes , foncièrement raciste à l’égard des africains.Cependant, il demeure aphone  et bienveillant  aux crimes contre l’humanité commis dans les pays du sud par les dirigeants des  pays impérialistes occidentaux depuis la traite négrière à l’indépendance en passant par la colonisation. L’ancien président libéré est  de nouveau exilé de force loin de son pays. La persécution coloniale et impériale  se poursuit  contre l’Afrique. Cela est insupportable !                                                                

L’allié et poulain  de la Françafrique, Alassane Ouattara fut  depuis ce coup d’état électoral impérialiste, intronisé à la tête du pays contre la volonté du peuple.                                                                                                                                          

Rappelons que le chef d’accusation invoqué par les puissances impérialistes  et  en particulier la France pour évincer l’ex président légitime de Côte d’Ivoire Laurent  Gbagbo,  est celui de « Crimes contre l’humanité » après la crise post électorale de 2010-2011. Les observateurs internationaux  et les ONG de défense des droits de l’homme  ont jugé le procès partial et d’essence coloniale. Juger l’ex président  et absoudre de la justice  l’actuel  Alassane Ouattara  alors que ses troupes  ont exterminé  des populations entières  dans certaines régions, discrédite la CPI.

HWR décrit les scènes d’horreur en ces termes : « Dans l’extrême ouest, village après village, les membres des Forces républicaines fidèles à Ouattara ont tué des civils appartenant aux groupes ethniques associés à  Gbagbo, y compris des vieillards incapables de fuir ; ils ont violé des femmes ; et ils ont réduit des villages en cendres. À Duékoué, des soldats des Forces républicaines et leurs milices alliées ont massacré plusieurs centaines de personnes, traînant hors de chez eux, avant de les exécuter, des hommes non armés appartenant à des groupes ethniques associés aux milices pro-Gbagbo ».

 [Sources : (Questions et réponses sur Laurent Gbagbo et la Cour pénale internationale par HWR  le 12 février 2013), (Le Monde diplomatique, Avril 2016), (Le Point du 28.02.2013)]

La manœuvre de la CPI a été  grossière, méprisante pour le continent. Elle a exacerbé la rancœur chez les peuples africains  et  a permis la prise de conscience de la réelle domination impérialiste  sur l’Afrique.  Les puissances impérialistes occidentales ont ainsi utilisé la CPI afin de légitimer leur coup d’état électoral en Côte-d’Ivoire, en faveur de leur  valet Alassane Ouattara.

Dans le cas du Tchad, nous sérions en présence d’une justice partiale et politique similaire à celle de  la CPI, où l’impérialisme français voudrait absoudre à la justice  son allié Idriss Déby.  Les crimes contre l’humanité  dûment étayés par les rapports d’ONG de défense des droits de l’homme, sur  le recrutement  massif d’enfants soldats  par l’Armée nationale tchadienne  devraient  conduire à l’interpellation puis l’incarcération  du dictateur Général président Idriss Déby à l’instar des trois opposants tchadiens soupçonnés. Cette manœuvre est trop grossière pour le peuple tchadien  victimes de 30 années de cruauté  du tyran Idriss Déby.Toute  velléité de résistance au poulain  de l’impérialisme français  au Tchad serait-il  considéré comme crimes contre l’humanité et passible de pénal ?

Au demeurant, il serait utile de rappeler que de milliers de jeunes dont les parents ont été massacrés par le tyran et sa garde présidentielle affirment : « nous avons  rejoint  spontanément  et volontairement les rangs des Forces de résistance nationale afin de venger  et sauver nos  ethnies  contre les militaires  de Déby », d’autres  affirment  par ailleurs , que les militaires de l’armée nationale ont opéré des rafles dans les villages pour enrôler de force  les jeunes et enfants valides… les parents qui cachaient leurs enfants étaient  torturés…»

  • Assassinats d’opposants politiques, journalistes, défenseurs des droits de l’homme,  villages détruits, génocides des populations insoumises…tels sont les crimes  contre l’humanité que commet  depuis 30 ans le tyran Général président Idriss Déby au Tchad

Une autre crime contre l’humanité commis par le tyran  Idriss Déby  tout   poignant est décrit comme suit : « Des villages brûlés, des récoltes calcinées, des richesses confisquées et des milliers d’innocents arrêtés et torturés  avant d’être assassinés. Voila ce que Déby a réservé au sud du Tchad en 1984. Dans ses chasses aux hommes  qu’il appelle « mangeurs de rats et kirdis », Idriss Déby avait volontairement incendiés tous les villages. Un enfant de 5 ans qui avait survécu parmi les miraculeux, était sorti d’une hutte pour éviter le feu qui consumait la case et les corps de ses parents « Papa…Papa…Pardons ne me tue pas. Je vous en supplie. Ayez pitié de moi au nom de dieu », a ainsi lancé, en dialecte Sara, cet enfant  dans son cri d’alarme.  Idriss Déby a fait la sourde oreille. Jetant de l’opprobre sur cet enfant  qui vu ses parents brûlés vifs, il l’a abattu comme un chien ».  [Cf : Passalet Samy, Tchad: Deby vers une fin fatale-les guerres de succession, Editions Publibook, Paris 2009]

Les journalistes tchadiens , défenseurs des droits de l’Homme, syndicalistes, opposants politiques, civils, militaires…, ont payé un lourd tribut. Plusieurs d’entre eux furent incarcérés , torturés ou assassinés : Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh, Colonel Abbas Koty Yacoub, Goukouni Guet, Youssouf Togoïmi, Modilé Berlngar Le Bad,Maxime Koudingar Kladoumbaye, Madjigoto, Nidikidan Djérabé Declaud, Mbayrabé Ouaye, M. Moussaye Avenir De La Tchiré, Mahamat Ramadane, M. Djeralar Miankeol, Zara Mahamat Yacoub, M. Moussa  Tao, M. Mokhtar  Nantcho, Ismaël Idriss Ismaël, Jean-Bosco Manga , M. Digamnayal Nely  Versini , MM. Michel Barka, Younous  Mahadjir et François Djondang, Colonel Maldom Bada Abbas, Mamadou Bissau, Hassane Djamous, Maitre Joseph Behidi, Commandant Ibrahim  Zahab Libiss, Ibrahim Elias, Mamadou Bissau, Ahmat Sakhaïr,  Yacoub Annour ,Commandant Abakar Adjar, Colonel  Moïse Kété, Capitaine Laokein Bardet Frisson,M’bailao Mainbé, Idriss Haggar,  Abakar Idriss Haggar , Bakhit mahamat Haggar et Hamid abderahmane Haggar Bichara Digui Arou,  Commandant Yacoub aldaris Ibrahim, Colonel Mahamat Fadil ,   Colonel Moussa Bachar Houno, Djidy Hissein Mi,Yahya Bardi, Dr.Gueti Mahamat, M. Ousmane Gam, Abakar Gaoui, Khamis Doukhoune, Mme Dochi Koreïdo, Mme Gani Nassour Betchi, Hémat Fadoul Barcham Halata père,Tahir Mattalamma,Hamdane Ibrahim, Alladjaba Adam Annour, Mahmoud Ali Fakharaddine, Ahmat Lamine et Abderamane Dadi,Cette  liste  non exhaustive , n’est qu’une infime partie des crimes politiques du macabre palmarès du tyran Idriss Déby. [Sources : Makaila Blog over du 15.05.2015, Rapport d’Amnesty International 2014-2015,   N’Djamena Bi-Hebdo]

Le Sultan Général Président Déby, enfant terrible et chéri  de la Françafrique humilie  aussi régulièrement  les journalistes étrangers. Ce fut le cas de M. Laurent Correau, envoyé spécial  de  Radio France Internationale (RFI), le 24 juin 2015.  Ce dernier a été manu militari expulsé de N’Djaména, capitale du Tchad.   Selon Sonia Rolley, journaliste à RFI, deux agents de la police de l’air ont débarqué à l’hôtel et frappé Laurent Correau et l’avocat Reed Brody de l’ONG Human Rights Watch. [Source RFI du 24.06.2015]                                                                                                                                                           

 Les crimes contre l’humanité  commis par le Général-Président Idriss  Déby remontaient déjà  dans les années 80 alors  que le jeune Colonel était Chef d’État-major des armées sous le régime du Président Hissein Habré. Selon  la commission internationale  sur les crimes de l’ancien Président Hissène  Habré, 40.000 Tchadiens furent  assassinés par les forces de l’ordre. Ces opérations ont été dirigées personnellement par l’actuel Président  du Tchad. Ce fut le cas  dans la ville de Doba dans la région du  Logone oriental  où  le Colonel Idriss Déby perché sur son véhicule Toyota équipé d’arme lourde, mitraillait  la population. Cette opération de génocide (septembre noir) fut rapportée par les populations et reprise par le Député Ngarléjy Oronge dans son ouvrage : le procès d’Idriss Déby-Témoignage à charge Éditions L’Harmattan, Paris 2003.                                                                                                                                                                                                                  

 Le volumineux  rapport de la mission d’enquête du 12 au 23 juillet 1991 de Jean-Paul  JEAN  pour le compte de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), donne des  détails précis sur  ces crimes contre l’humanité : 40.000 morts, 54.000  arrestations arbitraires et 80.000 orphelins dont les parents  ont été sommairement exécutés entre 1980 et 1990. (Source : Dossier Noir de la politique africaine de la France N°13 éd. l’Harmattan, Paris, 1999).

Les Chambres africaines extraordinaires (CAE) ont supervisé le procès de Dakar et condamné à perpétuité l’Ex président  Hissène Habré  le 30  mai 2016 pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « tortures » et « viols ».Il devra en sus indemniser jusqu’à 20  millions de francs CFA (plus de 30 000  euros) à chacune de ses victimes. (Source : Le Monde avec AFP  du  09 janvier 2017).                                                                                                                                                           

Pour le peuple tchadien victime  ce verdict laisse un goût amer  et d’inachevé car partial. En effet, la responsabilité dans la mort  40000 morts tchadiens ne sauraient être imputés au seul Ex-président Hissène Habré. De surcroît tous les rapports des ONG internationaux susmentionnés et ceux des organisations tchadiennes de défense des droits de l’homme, la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH)  l’Association Tchadienne pour la Non Violence (ATNV), la Convention tchadienne de défense des droits humains (CTDDH), le Collectif des Organisation de la Société Civile (COSC) ont produit à profusion des preuves concordantes accablantes et irréfutables depuis près de 30 ans, relatives aux crimes contre l’humanité que continue de commettre en toute impunité l’actuel président du Tchad Idriss Déby, par ailleurs ancien Chef des armées ayant personnellement dirigé et tiré sur les populations avec pour conséquence 40000 morts.                                                                                                                                                                                       Ce procès est partial pour notre peuple martyrisé et pour la mémoire des milliers de morts, car il a absous de la justice le dictateur Général Président  Idriss Déby  auteur principal des  crimes contre l’humanité, et la France  qui l’a aidé  dans son coup d’état militaire en renversant l’ex président Hissène Habré le 1er décembre 1990 tout en continuant à lui apporter son soutien inconditionnel militaire, financier et diplomatique.                                                                                                     

L’officier  de la DGSE Paul Fontbonne, ce « corsaire  de la République  française»  joua un rôle  important  dans  la conception et l’exécution  de ce Putsch, de plus le Colonel Idriss Déby bénéficiait du soutien  de l’Armée  française (aux ordres du pouvoir politique), comme l’affirmerait un de ses officiers [« si c’est un officier, passé par l’Ecole militaire, c’est un frère ! On « encadre » donc la « Garde républicaine » et l’armée»] (Sources : (France, Tchad, Soudan, au gré des clans) / Dossier Noir numéro 3 / Agir ici et Survie / L’Harmattan, 1995), (J.L. Triaud, Au Tchad : la démocratie introuvable, in Le Monde diplomatique, 2/92)                        

Dans le même registre de cette déferlante chasse aux opposants tchadiens, citons le cas récent de notre Camarade Mahamat Assileck Halata, journaliste opposant et Directeur de publication du journal en ligne  Tchadanthropus, qui a été agressé physiquement à Paris. En effet, « le mardi 18 juin 2019 au 48, boulevard Gouvion St,  surgit, l’aide de camp de Déby, Khoudar Mahamat Acyl, frère de son épouse, bombardé Général de brigade à un âge juvénile, s’y jette en invectives. De l’agression verbale, il y alla à l’agression physique… » tels étaient les faits rapportés par la victime au journal el ligne Tchadpages du 20.06.2019.                                                                                                                                              Ce beau frère du despote tchadien à l’instar des autres membres de la famille du tyran Idriss Déby, a reproduit  ce comportement sauvage  d’agressivité, profondément  ancré dans la culture du clan présidentiel. Cette séquence de Far west importée  du palais rose de N’djaména  et mise en scène sur les bords de la seine, démontre si besoin en était, du mépris  que le Sultan Déby et sa cour à l’égard du peuple tchadien depuis près de 30 ans. Pour ces « princes de la République», les tchadiens  sont les citoyens de seconde zone, leurs sujets sur qui ils ont droit de vie ou de mort en tout temps et tout lieu. Cela est insupportable !                                                                                                                                                

Notre Parti, ACTUS/prpe condamne avec fermeté cette lâche agression du Camarade Mahamat Assileck Halata.Nous   demandons que  son auteur  soit  poursuivi en justice. Nous exprimons notre solidarité militante  à toute l’équipe de  la rédaction de Tchadanthropus, Nous vous  encourageons vivement à poursuivre votre devoir d’informer l’opinion nationale et internationale sur les affres de la dictature, de poursuivre imperturbablement votre œuvre de salubrité politique en  dénonçant sans retenue aucune les crimes contre l’humanité commis par le tyran Général Président Déby.

Le Tchad a ratifié plusieurs traités internationaux  dont la Convention relative aux droits de l’enfant, qui reconnait le droit à l’éducation. De plus, la Constitution tchadienne dispose que tout citoyen a droit à l’instruction et que l’enseignement public est gratuit et obligatoire (article 35). Elle charge aussi le gouvernement de créer les conditions et les institutions nécessaires pour assurer et garantir l’éducation des enfants (article 36). Une loi de 2006 sur l’éducation reconnaît le droit à l’instruction et à la formation pour tous, sans distinction, qu’elle soit fondée sur l’âge, la religion, le genre ou l’origine sociale, régionale ou ethnique. L’enrôlement forcé des enfants dans l’Armée nationale tchadienne (ANT), constitue une violation flagrante  de la Convention des droits  par un état, la République du Tchad sur laquelle règne depuis près de 30 ans le tyran Idriss Déby.Ces enfants soldats arrachés à leurs familles, privés de leur jeunesse et d’éducation par conséquent  ayant un avenir hypothéqué,  sont  des victimes des crimes  contre l’humanité institutionnalisés par le régime tchadien.

  • La lutte armée du peuple tchadien contre le dictateur Général président Idriss Déby demeure  l’unique alternative crédible. C’est un droit constitutionnel qu’appliquent les trois opposants politiques et les  masses populaires. 

La justice française  devrait se pencher  sérieusement sur les violations systématiques, flagrantes et en toute impunité des traités internationaux, la  convention des droits de l’enfant  par  l’état tchadien, une institution dirigée de main de fer depuis près de 30 ans par le tyran Général président Idriss Déby.                                                                                                                                      L’opposition politique tchadienne  armée n’est pas une institution  pérenne. Elle émane de la volonté de survie du peuple de se libérer d’une des dictatures les féroce et criminelle au monde, en l’occurrence  celle institutionnalisée et  incarnée par  le Général président Idriss Déby.                                                                                                                                                                                 

Eu égard aux crimes contre l’humanité  que continue de commettre le tyran Idriss Déby, le peuple martyrisé a le droit et le devoir légitime de faire usage de tous les moyens à sa disposition , y compris la lutte armée afin de se libérer. C’est de  la légitime défense. En vertu de quel principe devrait-on priver  le peuple tchadien,  victime des crimes contre l’humanité  que perpétue le tyran Idriss  Déby  de son  droit  légitime, inaliénable  de  résister  et de mettre hors d’état de nuire  le dictateur ?                                                                                                                                         

Le Peuple français en son temps avait suivi l’Appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle à la résistance armée contre le l’occupant Nazi et son collabo le Maréchal Pétain. La résistance française était une légitime réaction aux crimes nazis. Les FTP-MOI et FFI étaient des rebelles et résistants.                                                                                                                                  

Le Peuple tchadien insurgé a aussi le droit à l’instar du Peuple français de se rebeller, de résister contre un régime fasciste qu’incarne à merveille cette petite créature malfaisante de l’impérialisme français, la Françafrique, en l’occurrence le dictateur Général-Président Idriss Déby.                                                                                                                                                 

Pourquoi l’opinion internationale ne doit-elle pas reconnaître ce même droit à notre Peuple de résister pour sa survie contre cette dictature sanguinaire imposée à notre Peuple par l’impérialisme français depuis près de 30 ans?                                         

La liberté a une valeur inestimable. A défaut d’une acceptation par le dictateur Deby d’une conférence de paix inclusive, les Masses populaires tchadiennes ont le devoir et le droit de continuer la résistance armée jusqu’à la mise hors d’Etat de nuire ce régime criminel.                                                                                                                                                 Notre lutte pour la survie et pour une existence dignement humaine est juste. Nous avons le droit et le devoir de l’arracher par tous les moyens y compris militaires.                                                                                                                                                                 

 Malheureusement force est de constater  que les élections  présidentielles  au Tchad, ne seront jamais démocratiques et transparentes sous le régime dictatoriale du Général président Idriss Déby. La dernière présidentielle du 10 avril 2016 n’a pas échappé à la règle En effet, ce sinistre personnage d’essence criminogène, n’a jamais remporté démocratiquement une seule élection. Les hold up électoraux sont devenus son  sport favori  caractérisé par les faits  subséquents :

►bourrages des urnes, intimidations des candidats de l’opposition démocratique, assassinats des électeurs de l’opposition.                                

► disparition de centaines d’urnes, et de milliers de procès-verbaux des régions favorables à l’opposition (des vrais remplacés par des faux fabriqués dans des officines secrètes de la présidence), trafic de cartes d’électeurs en faveur des militants du parti présidentiel (MPS).                                                                                                                                                                              Le Journal Le Monde dans sa livraison  du 29.04.2016, suite aux résultats provisoires de la CENI titrait : « Au Tchad, la victoire d’Idriss Déby s’accompagne de multiples disparitions ». En effet, 23 militaires et policiers qui avaient voté pour l’opposition ont été arrêtés torturés par la haute hiérarchie militaire. Depuis lors, leurs familles sont sans nouvelles d’eux. Le hold up électoral, une spécialité, voire une maladie incurable dont souffre le Général Président Sultan Déby a repris le haut du pavé.

►distribution de quelques minables billets de FCFA aux citoyens maintenus dans la misère par le régime  et les contraindre à voter pour Ie candidat Idriss Déby, surveillance du bulletin choisi par les militaires. Le mauvais choix, en faveur de l’opposition pourrait conduire à des supplices, voire à la mort  dont plusieurs cas ont été  relevés par les observateurs nationaux et internationaux.

interdictions ou entraves  aux candidats de l’opposition  de mener campagne  dans certaines régions que le despote  considère comme son fief naturel. C’est le cas de la région du BET dans l’extrême nord où le despote  a interdit  la création par  les originaires des partis politiques autres que le sien. Ceux qui ont bravé cette « lois » non écrite  furent assassinés

►embastillement  du candidat  vainqueur de l’opposition  le Député Ngarlégy Yorongar  en 2001 avant la clôture des urnes  et la proclamation des résultats officiels. Le tyran s’était autoproclamé  vainqueur. Le véritable  président élu  fut libéré quelques semaines plus tard. Torturé, il fut évacué en France pour les soins  et porte  aujourd’hui les séquelles

►à la dernière élection présidentielle de 2016, le Général président Idriss Déby, (Docteur es sciences manipulation des urnes et hold up électoraux), a réitéré un autre coup d’état électoral. De l’avis de tous les observateurs nationaux et internationaux, le candidat de l’opposition Saleh Kebzabo serait arrivé premier, suivi  d’un autre candidat de l’opposition Laoukein Médard. Nonobstant le dispositif colossal de hold up  mis en place afin d’assurer la première place sans second tour, le malheureux candidat Idriss Déby échoua lamentablement : il arrive pitoyable loin derrière au 4ème rang. Quelle honte ! Furieux de la gifle magistrale que lui a infligé le peuple supplicié, le despote  a menacé les membres de la Commission technique de centralisation et de Compilation des résultats CTCCR), une structure purement technique    tandis que (que la Commission nationale électorale (CENI) inféodée au dictateur Idriss Déby a inversé les résultats et l’a déclaré  faussement vainqueur dès le 1er tour  avec 61,56%  contre 12,80% à l’opposant Saleh Kebzabo, or les vrais résultats urnes  ont attesté que le tyran Idriss Déby arrivé au 4ème rang a été battu à plate couture : il a été logiquement  disqualifié pour le 2ème tour.

Au demeurant rappelons que la CTCCR est une  institution purement technique dont les membres informaticiens sont véritablement  indépendants du pouvoir politique. Elle  a publié le 29 avril 2016, un rapport rationnel de 4 pages, solidement et scientifiquement  étayé : Ce fut un Tsunami électoral pour le voleur invétéré des suffrages, Idriss Déby. En effet, Les vrais résultats  du 1er tour  de l’élection présidentielle des cinq premiers candidats étaient : Saleh Kebzabo: 33,15%, Laoukein Kourayo Médard: 25,82%, Mahamat Ahmad Alhabo: 14,98%, Idriss Déby Itno: 10,10%, Joseph Djimrangar Dadnadji: 6,16%. Ces résultats démontrent si besoin en était que le dictateur Déby est massivement rejeté par le peuple tchadien. [(Sources : (France 24 du 22.04.2016, (Le Point du 22.04.2016), (Blog : Makaila.fr du 09.06.2019), Communiqué de presse du Dr Moussa Pascal Sougui Secrétaire général du Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD-TCHAD), (TchadActuel du 27.04.2016, Communiqué de presse du PLP sur les résultats des élections présidentielles), Makailaïla.fr du 11.08.2016]  

Dans ces conditions de déni de véritable démocratie où le hold up électoral ou coup d’état électoral permanent  prime sur la volonté  et le choix du peuple pour un changement  politique pacifique par les urnes, il n’existe pas d’autres alternatives que celle de recourir à la lutte armée, qui est par ailleurs légitime et légale constitutionnellement.

En effet, le peuple a le devoir et le droit constitutionnel de se libérer de la tyrannie, d’arrêter cette machine infernale à broyer les vies humaines, qu’est le Général président Sultan Déby, afin d’instaurer la démocratie et gérer son propre destin dans ses intérêts, c’est incontestablement faire recours à son droit à la résistance armée. Aucun peuple au monde n’accepterait d’être gouverné par un président, qu’il n’aurait été démocratiquement élu. Un tel dirigeant comme l’est le tyran Déby, est illégal, illégitime, de surcroît criminel et prédateur des deniers publics.

Le droit du peuple tchadien à la résistance est par ailleurs reconnu par le préambule de la constitution de la République du Tchad du 31 mars 1976 révisée, dit : « Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir…». Le préambule de la Constitution de la République du Tchad de 1996, confirme ce droit à la résistance du peuple en ces termes :

[« – Proclamons solennellement notre droit et notre devoir de résister et de désobéir à tout individu ou groupe d’individus, à tout corps d’Etat qui prendrait le pouvoir par la force ou l’exercerait en violation de la présente Constitution; – Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir »]                                                                              

De plus, la Déclaration d’Alger du 04 juillet 1976, qui stipule en son article 6 : [«Tout peuple a le droit de s’affranchir de toute domination coloniale ou étrangère directe ou indirecte et de tout régime raciste…»] justifie voire encense la résistance armée de notre peuple dans sa lutte pour se libérer de la dictature du Général président Idriss Déby, vieille de près de 30 ans. Enfin, en remontant plus loin dans l’histoire de la Constitution du 24 juin 1793, article 35 de l’an 1 de la Révolution française, la lutte armée du peuple tchadien trouve un encouragement  et source d’inspiration dans sa lutte armée de libération contre la tyrannie. L’article 35 dit : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour  le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs» 

Les puissances impérialistes occidentales  notamment la France qui s’autoproclament défenseurs des droits de l’homme, deviennent aphones  et aveugles  aux crimes contre l’humanité que continuent de commettre  en toute impunité le Général président Idriss Déby au Tchad depuis près de 30 ans. Cette  une imposture intellectuelle et diplomatique  qui est par ailleurs une complicité de crimes contre l’humanité devrait conduire la justice à une action impartiale par l’inculpation du tyran tchadien Idriss Déby et ses complices.          

L’inculpation  des  trois opposants politiques tchadiens, qui n’exercent que leur droit et devoir légitime constitutionnels à la résistance contre la dictature est un déni  de démocratie et de liberté au peuple martyr du Tchad. 

Tant que le tyran Idriss Déby prétendu  fidèle allié de la France dans sa lutte contre le terrorisme  islamique  dans la bande sahélo-saharienne est soutenu militairement, financièrement et diplomatiquement, pour défendre les intérêts de l’impérialisme français  en Afrique,  alors le peuple tchadien victime  quotidiennement des crimes contre l’humanité du régime despotique  continuera  sa lutte armée pour son ultime et suprême intérêt : le droit à la vie.

Toute tentative de nous imposer le dictateur Idriss Déby sera  considérée comme une déclaration  de guerre et mis en échec par tous les moyens dont le peuple mettra en œuvre. La résistance, la violence légitime qui suivraient, ne seraient que l’instinct de survie face au génocide pratiqué depuis près de 30 ans par le Général président Idriss Déby.

Les auteurs ou complices du Général Déby qui s’opposent au droit du peuple tchadien à disposer de son avenir, assumeraient les lourdes conséquences de cette tragédie humaine face à l’histoire.                                                                    

Se défendre contre la tyrannie, c’est aussi le droit élémentaire de l’Homme. Faire l’apologie de la passivité dans de telles circonstances, c’est être coupable  de ce génocide et crimes contre l’humanité.                                                                                      

En désespoir de cause et d’être entendu, notre peuple assurerait sa légitime défense autorisée par ailleurs par la constitution tchadienne de  1996.                                                                                                                                                                        

 Eu égard  à la tragédie dans laquelle vit notre peuple sous le régime dictatorial d’Idriss Déby depuis 30 ans, à la lecture de tous les rapports susmentionnés fiables  des ONG, de la presse  et de certains témoins encore vivants, notre Parti, ACTUS/prpe  exige une justice impartiale  qui honorerait   la France,  pays à l’origine de la pertinente déclaration universelle des Droits de l’Homme  et du citoyen  de 1789, base à la Déclaration universelle des droits de l’homme  de 1948 adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU).                                                                                                                               

Une justice impartiale devrait avec courage désigner  le véritable auteur  (Idriss Déby) et son complice (La France par son soutien)  pour  crimes contre l’humanité  au Tchad et dont les preuves sont incontestables.                                                     

Inculper trois opposants politiques tchadiens c’est  stigmatiser  uniquement  la conséquence (la résistance armée) qui  n’est autre que la réaction légitime d’un peuple  supplicié contre la tyrannie et pour sa survie.

  • Les opposants politiques tchadiens ne doivent pas être criminalisés. Ce sont des patriotes  militants qui portent la  légitime volonté des masses populaires : celle de se débarrasser du dictateur Idriss Déby ou la prise de la bastille tchadienne par le peuple insurgé.

Rendre justice au peuple tchadien  victime de la tyrannie, et honorer la mémoire des milliers de morts du Général président  Idriss Déby, la  justice  française devrait  aussi  satisfaire  certaines  revendications  importantes énumérées ci-dessous  par notre parti.

L’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme / Parti Révolutionnaire Populaire et Ecologique (ACTUS/prpe) : 

1 ►condamne avec fermeté ces arrestations et demande la  disculpation, la libération inconditionnelle et immédiate des trois opposants politiques  tchadiens : Général Mahamat Nouri Allatchi, Dr Abakar Tollimi et Abderamane Abdelkerim.                                   

 2 ►exprime  notre soutien  indéfectible et  notre solidarité aux Camarades patriotes, résistants et opposants  Général Mahamat Nouri Allatchi, Dr Abakar Tollimi et Abderamane Abdelkerim.                                                                                                                                       

3 ►exprime  notre soutien  indéfectible et  notre solidarité  à la légitime lutte armée du peuple tchadien  contre la tyrannie du Général Président Idriss Déby, vieille de près de 30 ans.

4 ►demande  la création  d’un tribunal pénal spécial international pour juger le Général Idriss Déby pour crimes contre l’humanité, génocide, crimes économiques (prédations et  bradages des ressources et  deniers publics), violation des droits de l’homme et de la convention relative aux droits de l’enfant.                                                                                                                                  Il est insupportable de constater  le cynisme, la complicité de crimes, l’imposture intellectuelle et diplomatique avec laquelle   les puissances impérialistes occidentales autoproclamées « défenseurs des droits de l’homme »  demeurent aphones et aveugles  sur les crimes contre l’humanité que commettent  en toute impunité  leurs petites créatures  criminogènes  et dictatoriales qu’elles intronisent  en les  imposant aux peuples.                                                                                             La démocratie fait l’apologie de la dictature, telle est la vérité sur les actes des puissances  impérialiste occidentales  dans les pays du sud, en particulier ceux d’Afrique.

5 ►exige la démobilisation, la formation et l’insertion immédiate dans la vie civile des enfants soldats  recrutés de force dans l’Armée nationale tchadienne (ANT) et ceux  se trouvant dans les zones de combats favorables aux forces de résistance nationale de l’opposition.                                                                                                                                            6 ►exige l’arrêt immédiat et total du soutien inconditionnel  militaire, économique et diplomatique de la France au dictateur Général président Idriss Déby.                                                                                                                                                       7 ►exige la  fermeture immédiate et inconditionnelle de toutes les bases militaires françaises et  le retrait de leurs  troupes du territoire  national tchadien. Ces derniers servent  de parapluie et d’assurance tous risques, renforcent la tyrannie  et confirme le sacre  du dictateur Général président Idriss Déby depuis près de 30 ans.

8 ►exige l’indemnisation de toutes les victimes  ou leurs ayants droits, confiscation et restitution de tous les biens publics, rapatriement des  milliards volés au trésor public , placés dans les banques  à travers le monde par le prédateur Idriss Déby, sa famille et autres complices .                                                                                                                                                               9 ►demande à la France et  aux organisations internationales  (ONU, Union Africaine, Union européenne) de cesser d’être aphones et aveugles sur les crimes contre l’humanité que commet en toute impunité le  Général président Déby,  contre le peuple. En effet, quel serait le quota  de morts supplémentaires à partir duquel ces institutions  qui s’autoproclament  défenseurs des droits de l’Homme épouseraient-elles  la cause du peuple tchadien  en lâchant leur poulain criminel ? Aucun intérêt quel qu’il soit ne saurait justifier une telle complicité de crimes contre l’humanité.

10 ►lance un appel solennel  à l’opposition plurielle à l’unité  sur la base de la plate forme minimale :   la mise hors d’état de nuire le dictateur Général président Idriss Déby, l’incarnation du mal tchadien depuis près de 30 ans.                                                         

           De la réalisation impérative de ce projet, s’ouvrira une étape nouvelle de la vie politique nationale : La  paix, la démocratie au service du peuple, le développement du pays et  le bien-être  pour des masses populaires, et enfin la défense des intérêts vitaux de la nation.                                                                                                                                                                                …………………………………………………………………………………

Le 19 Juillet 2019                                                                                                                      

Le Secrétaire Général d’ACTUS/prpe                                                                                       

Dr  LEY-NGARDIGAL  Djimadoum

Mobiliser pour Construire

      ACTION TCHADIENNE POUR  L’UNITÉ  ET  LE  SOCIALISME / PARTI  RÉVOLUTIONNAIRE  POPULAIRE  ET  ÉCOLOGIQUE          
Chadian  Action for Unity and Socialism / Popular and Ecological

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« Kemt » future monnaie de la CEDEAO? (Aliou Diack)


Messieurs les chefs d’Etat africains, pour la mémoire de l’illustre savant professeur Cheikh Anta Diop, appelez notre future monnaie de la CEDEAO « le Kemt » et non « l’Eco ».


Les 15 chefs d’État de la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont donné rendez-vous le 29 juin 2019 à Abuja au Nigéria, en vue d’adopter un agenda pour la mise en circulation prochaine d’une nouvelle monnaie unique de la zone, en l’occurrence l’ECO, qui devrait intervenir en 2020, en remplacement du Franc CFA encore en vigueur. C’est une excellente initiative à saluer et on a envie d’ajouter: oui « il faut faire ! », pour paraphraser l’éminent professeur congolais Théophile Obenga, qui considère à juste titre que les dirigeants africains hésitent trop souvent devant l’histoire, à prendre leur courage à deux mains et à décider ! Enfin! Car quels que puissent être les arguments avancés par ses défenseurs, le Franc CFA a été, demeure et restera toujours une monnaie de domination, voire d’oppression d’une importante partie du continent africain.
On aurait tort de banaliser cet acte fort et patriotique que viennent de poser les chefs d’Etat vers la réalisation de l’Unité Africaine sur une base économique solide avant qu’elle ne devienne organique, malgré l’afro-pessimisme ambiant qui habite certains observateurs étrangers, africains et afro-descendants de la diaspora. On aurait également tort de caricaturer cette nouvelle monnaie comme une monnaie de singe par condescendance!
En célébrant le 26 mai 2013 le jubilé de l’âge d’or (50ème anniversaire) de l’Organisation de l’Unité Africaine/Union Africaine (OUA/UA) fondée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba en Ethiopie, les chefs d’Etat africains, après avoir rendu hommage aux pères fondateurs du mouvement panafricain et des mouvements de libération nationale, et rappelé le rôle, les efforts et sacrifices historiques qu’ils ont joués et déployés; après s’être s’inspirés de leur vision, de leur sagesse et de leur combat, y ont pris des engagements très importants dans une « Déclaration solennelle sur le cinquantième anniversaire de l’OUA/UA ». En effet, dans l’agenda consacré à l’intégration africaine, les chefs d’Etat se sont résolument engagés à, je cite :
• « Accélérer la mise en oeuvre de la zone de libre-échange continentale, assurer la libre circulation des biens, en mettant l’accent sur l’intégration des marchés locaux et régionaux, et faciliter la citoyenneté africaine en vue de la libre circulation des personnes par la suppression graduelle des obligations de visa ;
• Accélérer les mesures visant à bâtir une Afrique unie et intégrée par la mise en oeuvre de nos cadres communs de gouvernance, de démocratie et des droits de l’homme, avancer rapidement vers l’intégration et la fusion des Communautés Economiques Régionales en tant que piliers de l’Union.
» (Fin de citation).


Le rêve des pères fondateurs du panafricanisme, de l’Unité Africaine et des Etats-Unis d’Afrique, passe inéluctablement par une indépendance culturelle, économique et militaire. Il s’agit de bâtir notre avenir en nous fondant sur un paradigme africain décomplexé de toute tutelle intellectuelle ou culturelle. Le professeur Cheikh Anta Diop disait qu’il fallait « basculer l’Afrique sur la pente de son destin fédéral ». Pour cela, il faudra bien que l’Afrique recouvre sa dignité en s’appuyant sur le ressort de ses traditions pour rebondir vers une renaissance africaine.
Les puissances économiques et militaires mondiales ont également commencé par prendre des décisions historiques majeures dans des conditions loin d’être optimales, et comparables à bien des égards à celles qui prévalent actuellement en Afrique. L’Union Européenne a démarré son travail d’unification douze années seulement après la terrible guerre mondiale de 1939-1945 aux conséquences dramatiques, avec le fameux traité de Rome, qui a créé la « Communauté Economique Européenne (CEE) en 1957, une organisation supranationale avec 6 pays seulement, en l’occurrence l’Allemagne Fédérale (Allemagne de l’Ouest), la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Des pays exsangues économiquement, que le fameux Plan Marshall d’après-guerre des Etats-Unis d’Amérique a aidé à se relever.

Chaque pays conservait encore sa propre monnaie : le Deutsche Mark (DM) en Allemagne, le Franc Belge (BEF) en Belgique, le Franc Français (FRF) en France, la Lire (ITL) en Italie, le Franc Luxembourgeois (LUF) au Luxembourg et le Florin Néerlandais (FL) aux Pays-Bas. Mais les Européens ont fait! Ils ont fait leur Marché Commun pour mener une vraie intégration économique. Le développement économique n’était ni linéaire ni uniforme, la cadence était inégale dans toute l’Europe, dans et hors de la zone CEE. Le décalage économique qui existait entre l’Allemagne et l’Italie, ou entre la France et le Portugal, était comparable à celle qui existe aujourd’hui entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, ou entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ou le Niger. Il en résulta comme corollaire, beaucoup de mouvements migratoires dans les années 60 jusqu’au milieu des années 80, le flux allant des pays du sud, moins nantis vers ceux du nord de l’Europe plus développés. Les pays faibles étaient tirés par les plus forts. Néanmoins, les Européens ont fait! Ils sont même passés à la vitesse supérieure en créant l’Acte Unique en 1986. Ils passèrent ainsi de six (6) pays à douze (12) avec de nouveaux adhérents, en l’occurrence le Danemark, l’Irlande, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Pourtant, pendant cette période cruciale, surtout suite aux conséquences économiques désastreuses découlant des deux chocs pétroliers de 1973 (guerre Israël/Arabes du Jom Kippur) et de 1979 (renversement du Schah Reza Pahlevi d’Iran par la révolution dirigée par l’Imam Khomeiny), l’euroscepticisme était marqué même au sein des sociétés européennes. Cet Acte Unique de 1986 modifia le traité de Rome de 1957, pour ouvrir la voie à la création du Marché Unique de l’Union Européenne (UE), tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Six (6) ans après la signature de l’Acte Unique, les pays européens ont réussi à créer l’UE par un Traité sur l’Union européenne (TUE) signé à Maastricht (Pays-Bas) le 7 février 1992, lequel traité est entré en vigueur le 1er novembre 1993. Une zone de libre échange économique avec une monnaie commune l’Euro fut décidée. Pour en être membre, il fallait respecter 4 critères de convergence économique, qui sont :

  1. Une stabilité des prix
  2. Des finances publiques saines et viables
  3. Une stabilité du taux de change et
  4. Des taux d’intérêts gendarmés sur le long terme.
    A sa création, l’UE ne comptait donc que 12 pays. Aujourd’hui ils sont 28 avec 5 autres demandeurs d’adhésion, malgré une demande de sortie du Royaume-Uni (BREXIT) en instance.
    Depuis la création de l’UE jusqu’à maintenant, les critères de Maastricht n’ont jamais pu être respectés par tous les pays de zone Euro. On a fonctionné avec des compromis, au risque de compromettre la viabilité même de la zone. Aujourd’hui, dans cette organisation économique qui comptabilise 26 années d’existence, aucun des 28 pays ne respecte intégralement les quatre critères de convergence définis en 1992 à Maastricht! Quelques exemples en sont l’illustration, en prenant le critère le plus déterminant relatif aux « finances publiques saines et viables » : L’Allemagne qui est la première puissance économique de l’Europe, avec une dette publique en 2018 à hauteur de 61% de son Produit Intérieur Brut (PIB), dépasse le taux maximum de 60% fixé par les critères de Maastricht ; pendant dix-sept (17) années successives (de 2002 à 2018) ce pays n’a pas réussi à respecter ce critère de convergence. En 2018, le Royaume-Uni, 2ème puissance économique d’Europe, traine une dette publique de 87% de son PIB, la France, 3ème puissance économique d’Europe en est encore à 98,40% d’endettement par rapport à son PIB, la Grèce à 181%, l’Italie à 132%. Malgré le non-respect des critères de convergence par les 28 pays européens, l’UE et l’Euro se portent bien et l’économie européenne est devenue, selon les études les plus récentes de 2018 publiées sur la situation économique mondiale par le Fonds Monétaire International (FMI), la seconde puissance économique du monde, avec un PIB de 22.023 milliards de Dollars US ($US), derrière la Chine devenue la première puissance économique mondiale avec 25.270,07 milliards de $US. Les États-Unis d’Amérique viennent maintenant d’être recalée en 3ème position avec un PIB de 20.494,05 milliards de $US.
    Les pays africains de la CEDEAO qui ont décidé de mettre en place leur propre monnaie commune, l’Eco, sont au nombre de 15 et totalisent un PIB global de 1.729 milliards de $US, qui les placerait en 19ème position des puissances économiques du monde devant l’Iran, la Thaïlande et l’Australie. Pour un départ, c’est déjà honorable. N’oublions pas que de six (6) à douze (12) et finalement 28 pays, l’Union Européenne s’est bâtie sur une longue période de soixante-deux ans (62) ans! Concédons alors à la CEDEAO et à l’Afrique un minimum de période de gestation. L’essentiel c’est encore une fois de faire !
    Parallèlement à la CEDEAO avec sa monnaie commune, une Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC), est en train de prendre forme de manière encourageante. C’est un projet de zone de libre échange économique devant regrouper à terme 55 pays africains. Elle fédérerait les organisations existantes à travers le continent, entre autres, le marché commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb Arabe et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens. Pour lancer la ZLEC, il fallait un minimum requis de 22 états à en ratifier le traité, ce qui est maintenant chose faite depuis le 29 avril 2019. Le PIB des 55 pays africains devant composer la ZLEC serait de 6.801 milliards de Dollars US à fin 2018 (selon les chiffres de 2018 du FMI), plaçant cette organisation continentale au 5ème rang des puissances économiques du monde, derrière la Chine 1ère, l’Union Européenne 2ème, Les Etats-Unis d’Amérique 3ème et l’Inde 4ème, mais devant le Japon (5.594,45 milliards $US), devant l’Allemagne (4.356,35 milliards de $US), devant la Russie (4.213,40 milliards de $US), devant l’Indonésie (3.494,74 Milliards $US) , devant le Brésil (3.365,34 milliards de $US), devant le Royaume-Uni (3.037,79 milliards de $US) et devant la France (2.962,80 milliards de $US).
    La monnaie unique de la CEDEAO et la zone de libre-échange de la ZLEC continentale marquent un jalon historique dans la marche de l’Afrique vers une indépendance réelle, aux plans économique, culturel et plus tard militaire. L’Afrique ne peut compter et être prise au sérieux, au plan mondial, que si elle est vraiment forte. Une monnaie doit s’appuyer sur une Charte de valeurs éthiques, sociales et culturelles, dans la recherche du mieux-être pour les populations qui s’en servent comme outil de production et d’échange. La Maât dans l’Egypte antique noire, constitue une excellente synthèse de toutes ces valeurs, dans lesquelles se reconnaitront tous les peuples d’Afrique et de sa Diaspora. La Maât est symbolisée par une femme, dans la mythologie kamite (egyptienne), comme incarnation de la déesse de l’ordre, de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice. Elle est l’antithèse de l’Isfet qui est chaos, injustice et désordre social. La Maât symbolise la norme universelle, à savoir l’équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d’agir selon le droit, l’ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.
    Le plus grand hommage que les chefs d’Etat africains pourraient rendre au professeur Cheikh Anta Diop qui a décomplexé l’Afrique, ainsi qu’aux pères fondateurs du panafricanisme, c’est de donner à cette nouvelle monnaie un nom fédérateur, dans lequel tous les peuples du continent africain et de sa diaspora se reconnaîtraient. Le nom de la monnaie devrait porter le nom de Kemt (et non de Eco !), du nom que nos ancêtres donnaient à l’Afrique Antique, que les anciens Grecs ont appelé EGYPTE, mais que les colonisateurs européens ont réduit à ce petit pays de 1.001.450 km² que nous connaissons aujourd’hui. Kemt d’Afrique noire a généré la première civilisation du monde et la plus rayonnante des cultures jamais connues dans l’humanité. Pour Cheikh Anta Diop, hommage ne pourrait être plus sublime. Pr. Aliou Diack
    Ingénieur Génie Civil

    aliou.diack@gmail.com
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« Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement » (Martine Boudet coord)


        L’objectif, altermondialiste, de cette publication collégiale se concentre sur l’avenir des langues et des cultures, entre autres celles qui sont dominées et en recherche d’émancipation. Francophonie, langues régionales et français en font partie.

http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/550-les-langues-cultures

Vient de paraître aux éditions du Croquant.

Disponible en librairie en juin 2019 
Peut être commandé (franco de port) sur le site de l’éditeur :  cliquer ici  
Prix du livre papier : 20 €  Pour la version électronique (PDF) : 16 €
278 pages

  L’actualité le montre : les recompositions géopolitiques à la faveur de la mondialisation et de la médiatisation des échanges, mais aussi de la crise du système néolibéral, suscitent un regain des aspirations identitaires. Si, en négatif, celles-ci se traduisent par des nationalismes xénophobes voire guerriers, les formes démocratiques et progressistes, notamment sur le terrain régional, sont, elles aussi, bien réelles. Le panorama est ainsi éclairé par des fulgurances, marquées par une logique d’ensemble, à en juger par l’actualité écossaise, catalane, corse, camerounaise anglophone, néo-calédonienne, kurde… Des aspirations linguistico-culturelles et territoriales, enfouies jusqu’ici sous la gestion d’appareils d’État et de marchés, renaissent au grand jour. Les citoyen·ne·s sont incité·e·s à se réenraciner dans une culture plus profonde, dont les fondamentaux sont d’ordre anthropologique. Leurs « armes cordiales » sont les sciences humaines et sociales, la littérature et les arts, l’éducation scolaire et populaire, les médias, le tourisme… L’objectif est une démocratisation culturelle et un développement durable, cosmopolite certes, mais aussi auto-centré dans le cas des cultures dominées. L’avenir dira qui, des forces de régression nationalistes et xénophobes ou des forces de paix et d’inclusion, l’emportera. Dans ce livre, les auteur·e·s font le pari d’une évolution plus harmonieuse et apportent leur expertise et leurs expériences à cet égard. En cette année déclarée « année des langues autochtones» par l’Unesco, voilà un enjeu altermondialiste majeur.

  Les auteur·e·s sont universitaires, spécialistes des langues ou des cultures, pédagogues praticiens, français ou d’autres origines et nationalités : arménienne, belge, brésilienne, italienne, ivoirienne, marocaine, suisse, togolaise, yéménite. Giovanni  Agresti, Fares Al Ameri, Saïd Benjelloun, Philippe Blanchet, Martine Boudet, Claude  Calame, Joëlle Cordesse, Gilbert Dalgalian, Gaid Evenou, Camille  Gourdeau, Sílvia  Maria Manfredi, Kako Nubukpo, Pierre Jérémie Piolat, Giovanni  Poggeschi, Caroline Roussy, Claude Sicre, Christian  Tremblay, JeanPhilippe Zouogbo.
Avec la participation de la Délégation de la langue française et des langues de France/DGLFLF (ministère de la Culture) et du Carrefour Culturel Arnaud Bernard de Toulouse.              

                          Table des matières

Introduction. La promotion des langues-cultures, un nouveau paradigme, Martine Boudet

 Première partie. Un système géo-socio-institutionnel en crise 
Chapitre 1. Langues et démocratie : un lien imprescriptible, Gilbert Dalgalian 
Chapitre 2. Anglophonie-francophonie : l’écueil de l’hégémonie économique ou stratégique, Christian Tremblay 
Chapitre 3. L’enseignement des langues dites «  régionales  » en France  : un contexte problématique, Philippe Blanchet 
Chapitre 4. Enseigner l’arabe en France, vers de nouvelles perspectives, Saïd Benjelloun 
Chapitre 5. Impossibilité et possibilité de la rencontre épistémique « multiverselle », Pierre Jérémie Piolat 
Chapitre 6. Parler le français : une obligation ou un droit pour les étranger·ère·s « primo-arrivants » ?, Camille Gourdeau 
Chapitre 7. Les pays de l’Union européenne et la réglementation linguistique, Giovanni Poggeschi

Deuxième partie. Facteurs académiques, citoyens et institutionnels d’une évolution qualitative 
Chapitre 8. Retrouver l’intelligence des langues, Joëlle Cordesse 
Chapitre 9. L’interculturel : une approche pour favoriser la paix civile dans les sociétés actuelles, Fares Al Ameri 
Chapitre 10. Pour une anthropologie culturelle altermondialiste : communication et relations avec les autres en régime néolibéral, Claude Calame 
Chapitre 11. Pistes pour l’ouverture et la revivification du français et des lettres, Martine Boudet Chapitre 12. Historique, principes et objectifs du forum associatif des langues, Claude Sicre  Chapitre 13. La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) : ses missions et réalisations   

Troisième partie. Les langues-cultures au service d’un modèle de développement émancipateur 
Chapitre 14. Pour une éducation et une démocratie inclusives : le paradigme de l’anthropoglossophilie, Sílvia Maria Manfredi, Joëlle Cordesse 
Chapitre 15. La linguistique du développement social. De la théorie au terrain et retour, Giovanni Agresti 
Chapitre 16. Mieux communiquer pour une plus grande efficacité de l’aide au développement en Afrique subsaharienne francophone, Jean-Philippe Zouogbo
Chapitre 17. Pour une Francophonie de l’action : une vision, un projet programmatique, Kako Nubukpo et Caroline Roussy 
Chapitre 18. Face à la glottophobie, une politique de droits linguistiques, Philippe Blanchet

          
                                                                               Les auteur·e·s

Giovanni AGRESTI, professeur des universités, département de sciences du langage, université Bordeaux Montaigne. Président de l’Association Réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement)

Fares AL AMERI, maître de conférence à l’université de Sana’a (Yémen)

Saïd BENJELLOUN, professeur certifié en lettres françaises et lettres arabes, formateur d’enseignants de français à l’ENS de Rabat au Maroc puis enseignant d’arabe littéral et maghrébin à l’université Jean-Jaurès à Toulouse. Auteur de manuels d’arabe marocain (Pays-Bas, 1998 et 2000) et d’arabe littéral et maghrébin (PUM, Toulouse 2013 et 2018).

Philippe BLANCHET, professeur de sciences du langage, spécialiste de sociolinguistique, communication plurilingue et interculturelle, didactique des langues, et auteur d’essais, université Rennes 2

Martine BOUDET, professeure agrégée de lettres modernes, docteure en littérature française (académie de Toulouse). Ancienne formatrice d’enseignants au Maroc et au Bénin (coopération francophone). Chargée de séminaires EHESS Paris, directrice de l’ouvrage

Claude CALAME, helléniste et anthropologue, directeur d’études à l’EHESS-Paris et auteur d’essais

Joëlle CORDESSE, professeure agrégée d’anglais, docteure en sémiotique et communication, auteure. Fondatrice en 1983 du Secteur Langue(s) du Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) et de sa revue Dialangues (1985-1992), des Festas des Langues de Perpignan et des Labos de Babel

Gilbert DALGALIAN, psycholinguiste et germaniste. Successivement chercheur en didactique des langues à Zurich, formateur d’enseignants au Sénégal (pour l’Unesco), délégué général des Alliances françaises en Inde. Spécialiste des écoles bilingues en France et à l’étranger.

Gaïd EVENOU, cheffe de la mission Langues de France et Outre-mer – Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF)

Camille GOURDEAU, socio-anthropologue, chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (Urmis), université Denis Diderot- Paris 7

Silvia MANFREDI, présidente de l’Institut Paulo Freire d’Italie, collaboratrice de Paulo Freire et des Freiriens du Brésil

Henri MESCHONNIC (†), poète, traducteur, théoricien du langage, professeur de linguistique (École doctorale discipline du sens à Paris VIII)

Kako NUBUKPO, professeur titulaire des Facultés de sciences économiques, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), UMR ART-dev, ancien directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF

Pierre Jérémie PIOLAT, doctorant en anthropologie, boursier FRESH  (FNRS-FSR) au sein du LAAP, Laboratoire d’Anthropologie Prospective IACCHOS, université catholique de Louvain-la-Neuve

Giovanni POGGESCHI, professeur en droit public comparé à l’université de Salento (département des sciences juridiques). Auteur.

Caroline ROUSSY, docteure en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Claude SICRE, président du Carrefour culturel Arnaud Bernard (Forom des langues de Toulouse) et concepteur du Forom des langues du monde

Christian TREMBLAY, président fondateur de l’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), docteur en sciences de l’information, ancien élève de l’ENA

Jean-Philippe ZOUGBO, maître de conférences à l’université Paris-Diderot et fondateur du réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement).

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Privatisation des visas : subir ou agir ? (Samir Abi)

Faut-il se résigner à voir les visas devenir un ‘’business’’ rentable autant pour les pays d’immigration que pour quelques entreprises transnationales décidées à prendre en main ce secteur lucratif ? Du Nord au Sud de l’Afrique, les citoyens en sont réduits à un sentiment d’impuissance face à la privatisation en cours ou annoncée des services de collectes de demande de visa par les missions diplomatiques européennes, canadiennes etc. Non seulement satisfait de la manne financière que représentent les nombreuses demandes de visas reçues chaque année (78 millions d’euro de bénéfice net en 2011 uniquement pour la France), les pays de destination confient de plus en plus à des prestataires privés leurs services de collecte des demandes de visas. La charge revient aux Africains, obligés de demander des visas pour tout déplacement, de payer un prix fort pour avoir le sésame. Et pourtant cette situation pourrait être évitée si les responsables politiques sur le continent avaient le courage de dénoncer l’injustice que constituent les exigences de visa pour leurs citoyens.

L’exigence des visas à certaines populations de notre planète et l’exemption pour d’autres est une des inégalités majeures de ce 21ème siècle. Une inégalité basée sur le hasard de la naissance. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas le pays où l’on naît. Bien des Africains auraient voulu voir le jour en Allemagne, en Corée du Sud ou aux Etats-Unis pour bénéficier des avantages offerts aux détenteurs des passeports de ces pays. Le hasard a fait qu’ils naissent en Afrique. Ce fait sur lequel ils n’ont aucun contrôle les oblige tout au long de leur existence à vivre sous le régime de l’autorisation pour pouvoir voyager. Leurs compétences et leurs qualités humaines ne seront jamais rien aux yeux des agents consulaires qui ont tout pouvoir pour empêcher leur mobilité dans ce monde globalisé. On ne peut manquer de citer les humiliations subies par les cadres africains pour avoir un visa européen ou américain et effectuer un voyage au bénéfice de son pays ou de sa famille. Les difficultés pour l’obtention d’un visa fait d’un cadre africain une personne de moins de valeur sociale qu’une personne en situation vulnérable détenteur d’un passeport européen à qui on ne demande pas de justifier son emploi et ses revenus pour un déplacement. Pourtant on rêve d’un monde où personne ne sera laissé de côté (‘’Let no one behind’’) au nom des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. D’ici 2030, et malgré le tout nouveau Pacte Mondial sur les Migrations, rien n’est moins sûr.

La sous-traitance de la collecte des demandes de visas à des entreprises transnationales (VFS, TLS, CAPAGO,…) pose la délicate question de la privatisation des services publics mais la toute aussi importante question du marché juteux offert à un oligopole d’acteurs. Avec des frais administratifs allant de 30 dollars US à 150 dollars US en fonction des services et des pays, les entreprises privées se voient garantir des revenus substantiels sur le dos des citoyens des pays ‘’pauvres’’ de la planète. Une inégalité de plus dans ce monde où les citoyens des pays du Sud dépensent des sommes astronomiques pour avoir un visa et acheter un billet d’avion à la dernière minute. Au même moment, les citoyens plus nantis des pays ‘’riches’’ n’ont même pas besoin de faire ces dépenses.

Une petite illustration de l’affaire rentable que constituent les visas pour les missions diplomatiques et les entreprises de sous-traitance. Prenons un pays comme le Mali, considéré comme un pays ‘’pauvre’’ en Afrique, le Consulat français a reçu environ 19.000 demandes de visa en 2018 au coût de 60 euros (40.000 F CFA) ce qui représente un chiffre d’affaire approximatif de 1.140.000 euros (760.000.000 F CFA). Avec la privatisation de la collecte des visas depuis janvier 2019, les Maliens demandant un visa versent des frais administratifs supplémentaires avoisinant 30 euros à l’entreprise prestataire. Le chiffre d’affaire de l’entreprise pourrait être estimé au minimum à 570.000 euros (350.000.000 F CFA). De quoi faire couler le champagne à flot ! Une réelle externalisation des services de visa aurait été qu’un bureau de collecte s’installe dans une ville éloignée de la capitale comme Kayes, célèbre pour la culture migratoire de ses habitants. Ces derniers n’auraient donc plus à faire le long trajet vers Bamako pour solliciter leur visa. Au contraire, l’externalisation des services se limite à ouvrir un bureau de collecte à quelques minutes du Consulat de France en faisant payer plus cher les citoyens maliens au profit d’une entreprise occidentale sans même la garantie d’avoir leur visa. Une amère pilule à avaler.

En laissant de côté les aspects légaux relatifs aux directives européennes qui exemptent de frais les membres des familles de citoyens européens, le problème le plus sensible que pose la privatisation des visas est la protection des données recueillies par les entreprises. Des agents privés auront accès à des documents d’identité, des contrats, des fiches de paie, des relevés bancaires et autres documents importants pour des individus ou des sociétés. Même si ces documents ne font que transiter par leurs mains pour finir dans les Consulats, les risques sont bien réels et la violence que cela constitue pour les demandeurs aussi.

Lors d’une récente intervention sur la problématique des visas dans un pays d’Afrique de l’ouest, je fus interpellé par une personne en ses mots : « Ils ne veulent plus de nous en France, alors pourquoi continuer à vouloir y aller.» Une phrase qui traduit un sentiment de lassitude face à ces multiples barrières visibles comme invisibles mises en œuvre pour restreindre la mobilité des Africains. Mais céder à cette fatalité des murs dressés entre les peuples et subir cette injustice promue par des politiques xénophobes seraient trahir les valeurs humanistes. La mobilité ne saurait être un privilège réservé à certaines catégories sociales dans un monde aussi connecté et interdépendant mais un droit reconnu pour tous au nom de notre humanité. Les oiseaux, les poissons et autres animaux ont, à cet égard, plus de droit ou de liberté dans la mobilité que les Africains vivant sous le régime de l’autorisation pour tout déplacement.

L’histoire humaine a rapproché les peuples au gré des conquêtes colonisatrices et des luttes communes pour l’émancipation sociale. La colonisation a certes un mauvais côté en soi mais elle a permis de nous unir à l’Europe, à l’Asie et au monde par des liens de langues et de cultures. Des millions d’Africains sont ainsi éduqués en Anglais, en Français, en Portugais, en Espagnol ou en Arabe apprenant aussi bien l’histoire des peuples à l’origine de ces langues. Ses liens sont d’ailleurs perpétués par des organisations comme la Francophonie ou par le ‘’Commonwealth’’. Il est donc de notre responsabilité, au nom de ces liens, de revendiquer la libre mobilité comme un droit et non de mendier pour avoir un visa ou une permission de voyager. Les Européens, les Américains, les Asiatiques resteront les bienvenus en Afrique pour profiter de notre soleil et des multiples ressources que nous offre ce merveilleux continent. A nous les Africains de dépasser le silence et les compromissions de nos gouvernements face à leurs homologues des autres continents, pour faire comprendre aux populations d’Europe, d’Asie et d’Amérique que nous voulons la même réciprocité dans la libre circulation au nom du vivre ensemble dans un monde d’égalité et de fraternité.

(Article écrit par Samir ABI, Secrétaire Permanent de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations)

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