Graves événements de Béoumi (FIDHOP)

GRAVES EVENEMENTS DE BEOUMI/CÔTE D’IVOIRE :

LA FIDHOP ACCUSE LE GOUVERNEMENT ET LE CHEF DE L’ETAT !

COMMUNIQUE DE LA FIDHOP

DEVANT les graves événements ayant éclaté à BEOUMI, près de Bouaké, le mercredi 15 Mai 2019 et ayant occasionné près d’une dizaine de morts et une centaine de blessés graves ;

CONSIDERANT que ce conflit déclaré entre les communautés autochtones Baoulés et leurs frères ‘’Nordistes’’ vivant toujours avec eux, est très préoccupant, au regard des violences, des armes à feu et des armes blanches utilisées par une partie de la population ;

VU que les violations des Droits de l’Homme occasionnées sont des plus extrêmes, puisqu’il y a eu des morts à l’arme à feu, entre les populations et face aux forces de l’ordre ;

NOTANT que la détention de ces armes à feu par une partie de la population dans cette zone anciennement contrôlée par l’ex-rébellion ivoirienne est la preuve de l’échec du désarmement des ex-rebelles du Nord dont le fief demeure Bouaké ;

TRES DEÇUE et choquée par les défaillances et les incompétences du Gouvernement, du Médiateur de la République et de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels dans la gestion de cette grave crise ;

S’ALARMANT particulièrement devant ces propos du régime-Ouattara qui révèlent le tribalisme caractérisant ce régime : « 300 militaires vont être déployés dans le département (non pas pour sécuriser la zone et tous les citoyens, mais précisément) pour s’assurer notamment que les populations Baoulé des villages alentours ne cherchent pas à rejoindre BEOUMI, où la communauté Malinké est dominante » ;

La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique) condamne, avec la dernière énergie, les violences armées et les violations graves des Droits de l’Homme survenues à BEOUMI ces derniers jours !

La FIDHOP impute l’entière responsabilité de ces événements de BEOUMI et leur ampleur au Gouvernement GON, qui a fait preuve d’incompétence dans cette crise ; ainsi qu’au Chef de l’Etat Alassane OUATTARA, qui n’intervient jamais à temps en pareilles situations !

EN CONSEQUENCE, la FIDHOP estime que, si le régime-Ouattara respectait les populations qu’il dit gouverner, toutes les personnalités et les institutions ayant failli dans la gestion des événements de BEOUMI devraient toutes être sévèrement sanctionnées. HELAS !!!

Fait à Rome, le 18 Mai 2019
Dr BOGA SAKO GERVAIS 
Président-Fondateur de la FIDHOP et de GRADDH-AFRIQUE
Vice-président de EDS

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Côte d’Ivoire : souveraineté, droits de l’homme et réconciliation (AFPA, 30 mars 2019)

La rencontre sur la Côte d’Ivoire organisée par l’AFPA le samedi 30 mars 2019 s’est déroulée au siège du Parti de Gauche. Elle réunissait un grand nombre d’acteurs de l’opposition de gauche ivoirienne réunis dans EDS Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté.

L’AFPA est une coordination entre partis progressistes africains soutenus par le Parti de Gauche. Il s’agit, pour la plupart, des partis africains qui se reconnaissent dans le manifeste pour une révolution citoyenne et souveraine africaine. La coordination vise à créer un cadre d’échange des expériences Organiser des conférences Se soutenir mutuellement.

Sont présents dans salle, des membres de l’association des Amis de Laurent Gbagbo dont Raphaël Dagbo et Jacqueline Chamois. La présence remarquée également du docteur Issa Malick Coulibaly, Directeur de campagne du président Gbagbo aux présidentielles de 2010, de la députée Marie Odette Lorougnon, vice-présidente du FPI. Ainsi que de Serges Kassy, célèbre artiste reggae.

Pourquoi initier ce cycle de rencontres par la Côte d’Ivoire ? Pour plusieurs raisons :

– La libération du président Laurent Gbagbo qui va certainement modifier le contexte politique. – La situation politique tendue du fait de la volonté du président Ouattara de briguer un troisième mandat. – La situation des droits de l’homme, beaucoup de citoyens ivoiriens sont en exil et ne peuvent pas rentrer au pays. – L’évolution de la Françafrique vers une combinaison d’affairisme et de militarisation croissante sous prétexte de lutte contre le terrorisme : la Françafrique façon Houphouët / De Gaulle n’étant qu’un lointain souvenir !
– L’aggravation des inégalités sociales en France et le mépris de la caste politique française actuellement au pouvoir à l’égard du citoyen peuvent être mis en parallèle avec le mépris du pouvoir Ouattara à l’égard du peuple ivoirien et la paupérisation du grand nombre au profit des privilégiés du régime– La question de l’environnement et de l’écologie qui se pose de la même façon dans nos deux pays.

Le Parti de Gauche a dénoncé à plusieurs reprises le régime Ouattara : la justice de vainqueur, le prétendu « rattrapage ethnique » dans les administrations et sociétés d’Etat, l’accaparement par des occupants illégaux des terres et des maisons appartenant à des ivoiriens (tout particulièrement a l’ouest et au centre ouest) aujourd’hui contraints à l’exil ; la répression des manifestations, une CEI composée d’affidés du régime, l’affairisme, des droits de l’homme bafoués, une croissance complètement inégalitaire qui exclut la majorité de la population au point que la RCI est maintenant le troisième pays subsaharien en nombre de migrants fuyant vers l’Europe !

Pour nous PG qui avons prévu dans notre programme de mettre en œuvre une politique avec l’Afrique basée sur la souveraineté de chaque pays dans tous les domaines (économique, monétaire et sécuritaire), le Président Gbagbo reste un exemple sans pareil dans sa volonté de libérer le peuple ivoirien des chaînes du néocolonialisme français : nous n’oublions pas sa volonté de mise en route d’un système de sécurité sociale, nous admirons sa volonté de gouverner sans demander l’avis d’un gouverneur français jamais très loin, nous soulignons sa volonté d’engager une réflexion sur la monnaie coloniale qu’est le franc CFA afin d’en sortir et de libérer l’économie du pays. Volonté, réalisme, force, souveraineté ! Voilà ce que nous retenons de ce grand socialiste africain dont la libération nous ouvre des perspectives pour l’avenir.

C’est en connaissance de ces réalités que cette rencontre est organisée. Les différents intervenants sont : – le Professeur Pierre Kipré, historien, ancien ministre de l’Éducation nationale, ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France. – Eric Kahé, ancien ministre ivoirien du Commerce, président de l’AIRD. – Le docteur Boga Sacko Gervais, militant des droits de l’homme (par télephone) – Le député La France insoumise Bastien Lachaud.

Vous pouvez écouter les interventions aux adresses suivantes : https://afpafricaine.org/rencontre-afpa-du-30-mars-2019-cote-divoire-souverainete-droits-de-lhomme-et-reconciliation/

Pierre Boutry :

Pierre Kipré :

Boga Sako Gervais, par téléphone :

Eric Kahe :

Le député LFI Bastien Lachaud :

Un participant exprime le souhait que le public français soit davantage présent à ce genre de conférences ; l’AFPA contribuera à organiser en conséquence une conférence au cours de laquelle pourront être explicités les évènements survenus en Côte d’Ivoire au cours de ces vingt dernières années de façon à éclairer l’avenir.

Cette rencontre constitue les prémices d’une réception officielle de l’opposition ivoirienne regroupée au sein de l’EDS (Ensemble pour la souveraineté et la Démocratie), par les députés France Insoumise à l’Assemblée Nationale française.

Les participants à cette première conférence ont salué la qualité des interventions et le moment opportun de cette rencontre. Ils ont tous partagé le constat que le retour au pays du Président Gbagbo est la  condition première d’une possible réconciliation en Côte d’Ivoire. Ils se sont séparés avec la ferme conviction que, si les peuples africains veulent leur liberté, parce qu’ils estiment qu’ils en sont dignes, ils ne doivent pas attendre qu’on la leur donne ; ils doivent la prendre. Autrement dit, ils doivent être les acteurs de leur propre liberté.

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Nous reproduisons ci-après le texte écrit de l’intervention du professeur Pierre Kipré telle qu’il a eu l’amabilité de nous la transmettre : «Le concept de souveraineté en Afrique » (L’Harmattan 2019)

Situé au plan politique en amont de la formation de l’Etat et irriguant celui-ci en permanence pour sa pérennisation, la souveraineté n’est pas simplement une question juridique d’autodétermination et de liberté d’expression. Elle est au coeur de la capacité (ou non) de faire des choix pour soi et de les assumer totalement, à l’intérieur et hors de ses frontières.

1. Le concept est souvent confondu avec celui d’indépendance. L’indépendance est l’absence de relation de sujétion ou de cause à effet, entre différentes entités. Qu’il s’agisse de politique ou de sciences (même mathématiques), elle porte la marque de la distinction fondamentale entre des entités constituées. Par contre, la souveraineté qualifie la caractéristique autonome d’une entité autant par rapport à elle-même que par rapport aux autres. Les liens entre les deux concepts sont très forts, voire superposables, quand ils portent sur l’Etat : Pour être souverain, il faut qu’un Etat soit indépendant ; mais pour vivre son indépendance, il faut que l’Etat soit souverain. Les sociétés africaines d’avant le dernier tiers du XIXe siècle (sociétés lignagères ou royaumes) ont élevé la souveraineté au rang de valeur sociopolitique de premier rang dans les T.O. En Occident, la souveraineté nourrit des systèmes de pensée autant que l’art de la politique, surtout depuis J. Bodin qui, le premier, en 1583, dans Les Six livres de la République, systématise la laïcisation du politique en Occident. La référence à la souveraineté est donc omniprésente. Elle agite toujours l’histoire diplomatique dans laquelle elle continue de symboliser la puissance ou la faiblesse des Etats [Les Athéniens en -416, dans « le dialogue aux Méliens » de Thucydide : « la justice n’entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes que si les forces en présence sont égales de part et d’autre ; dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder »]. Au-delà de la dimension identitaire qui lui est implicitement prêtée, le concept pose fondamentalement la question de la liberté (individuelle ou collective) développée par l’Occident depuis la fin du XVIIIe siècle.

2. La rencontre de l’Afrique avec l’Occident, violente à partir des années 1870-1880, se matérialise par la victoire de l’Occident impérialiste. Celui-ci tente de transformer l’Afrique selon ses canons. De cette rencontre naît, peu à peu, en Afrique, une nouvelle perception africaine de la souveraineté, produit d’une pensée afro-européenne, progressivement centrale. Avec l’école et la presse, le choc colonial a introduit un processus de métissage et de domestication de la logique occidentale. Ces cadres conceptuels vont servir d’assises aux actions visant à recouvrer la liberté perdue. L’indépendance proclamée, ils vont servir aussi, dans les thèses panafricanistes, l’idée de défense commune et institutionnalisée de la souveraineté (Nkrumah), ou par fécondation des cultures africaines, celle de la fondation de nouvelles sociétés par dépassement endogène des anciennes (A. Cabral). Mais ils vont aussi, contradictoirement, viser à comprendre la souveraineté comme un but à atteindre qui impose le renforcement des liens avec l’Occident afin d’apprendre mieux de lui (L. S. Senghor, Houphouët-Boigny).

3. C’est sur cette toile de fond historique que se déploient, depuis les indépendances, tous les dénis de souveraineté interne et externe. Les premiers sont la source de l’affaiblissement des ressorts internes de la résilience des sociétés africaines, à travers le fonctionnement des régimes antidémocratiques qui fleurissent dès les indépendances (parti unique), confortés par les coups d’Etat [Du coup d’État militaire de 1952 en Égypte au coup d’État de 2015 au Burkina Faso, on compte 94 putschs en Afrique dont 61 entre 1960 et 1989]. La souveraineté interne est enlevée aux citoyens, au nom d’un certain volontarisme dans la construction de l’État-nation. Il s’agit en fait de stratégies qui visent à prolonger un règne politique par affaiblissement de l’État, convertissant celui-ci en un instrument de prédation des ressources nationales ; les discours du repli « national » font souvent partie d’une stratégie de captation de la souveraineté nationale au profit de clans ou de groupuscules ; ils nourrissent bien souvent l’ethnisme politique, voire le communautarisme. Absent de nombreux domaines et éprouvant des difficultés à se territorialiser effectivement, l’Etat ne se signale au quotidien que par sa brutalité, apportant peu aux populations dont on ignore les contours et les aspirations. Les tentatives de démocratisation du début des années 90 pour inverser ces tendances ont introduit la libération de la parole, l’érection de la rue comme espace politique public, les essais d’organisation de la société civile, le multipartisme, le recours à la contre-violence populaire face à la violence d’Etat. Mais après le milieu des années 90, les vieux démons sont de retour. On a la négation du peuple des citoyens par manipulation des listes électorales et la dévolution du pouvoir par les urnes est plus que jamais soumise à des procédés illégaux et illégitimes; on a la captation de la souveraineté du peuple par des coteries, souvent à la faveur des coups d’Etat, un danger permanent [31 coups d’Etat entre 1990 et 2015]. L’Afrique postcoloniale, peu imaginative, accumule donc les fragilités internes (fragilités de gouvernance économique et politique qui fondent l’instabilité politique, les formes diverses de corruption). Les collusions multiples avec les forces extérieures les plus nocives les rendent encore plus dramatiques. On ne peut donc pas s’étonner que les dénis de souveraineté interne s’accompagnent des dénis de la souveraineté externe. Ceux-ci visent, sous des prétextes divers, la permanence des liens de sujétion et de domination de l’Afrique qui prolongent l’impérialisme des siècles précédents, avec des moyens de pression efficaces que sont la mise sous tutelle de monnaies comme le F CFA, l’installation d’hommes-lige au pouvoir, tenus en main à travers des réseaux divers, l’installation de bases militaires et les interventions militaires directes [30 interventions militaires françaises en Afrique de 1960 à 2017], etc. Dans un contexte de rivalités économiques et géopolitiques entre grandes puissances, entre multinationales et P.M.E, entre réseaux financiers et industriels ou, simplement, entre réseaux politiques et financiers, les ingérences directes ou indirectes dans la vie des Etats africains ne visent qu’un but : le contrôle de l’Afrique par tous les moyens, parfois sous l’habile habillage de l’O.N.U. On l’a largement vu en CI et en Libye en 2011. Ces actions négatives, en interne et en externe, souvent articulées les unes aux autres, expliquent que la souveraineté reste la contradiction principale à surmonter en Afrique.

4. Surtout à partir de la fin des années 80, on assiste à l’apparition d’une nouvelle pensée critique africaine. Partant d’une Afrique imaginée sans les référents occidentaux, elle s’inscrit dans le procès de renouvellement de l’Etat africain et de sa souveraineté, pour être une africanité nouvelle. Celle-ci, universaliste et peu identitaire dans ses projets, est caractérisée par la promotion de l’idéal démocratique, le respect des droits humains, le refus et la dénonciation des tutelles extérieures, fussent-elles « amicales », la dénonciation de l’essentialisme et de l’immobilisme qu’affirme une certaine pensée occidentale à propos de l’Afrique [les thèses de St. Smith ou celles de Sarkozy à Dakar le 20 juillet 2007] là où les rapports économiques inégaux, les mécanismes du néolibéralisme et les prédations diverses entretiennent les faiblesses structurelles de l’Afrique. En France comme ailleurs dans le monde, des courants de pensée, tels les divers alter mondialismes, expriment heureusement des positions qui traduisent la permanence des solidarités avec les peuples sous domination, comme hier, les courants anticolonialistes. Ces voix sont hélas couvertes souvent par celles de ceux qui n’ont pas fait le deuil des colonies, aidés par un puissant système médiatique et l’indifférence de la majorité des opinions publiques occidentales. Les liaisons avec la nouvelle africanité doivent donc être renforcées, non seulement pour faire sens mais surtout pour faire pièce aux hégémonies prédatrices des forces opposées à la souveraineté des peuples.

Mais, il faut en même temps être lucide, nous Africains ; car la nouvelle africanité a des insuffisances souvent dues, notamment, à la timidité de la critique de nos conservatismes sociaux, des chausse-trappes du système capitaliste néo-libéral sur notre continent. Il nous faut donc trouver des paradigmes complémentaires qui permettent la reconstruction effective de la souveraineté africaine.

*N.B. sur la notion de réconciliation
– La réconciliation dans un pays sorti d’une guerre civile n’est pas un des paradigmes complémentaires de la reconstruction de la souveraineté ; elle est un des facteurs de la recomposition de la cohésion nationale entendue comme facteur de survie de la communauté ; cette survie ne relève pas de la morale religieuse ou philosophique, mais plutôt de la nécessité politique et sociale.
– Elle est donc pour cela un acte politique dans l’existence d’une communauté politique et sociale.
– Elle suppose d’être acceptée par les protagonistes, dans son principe comme dans son déroulé, sous l’égide d’un partenaire neutre et impartial, partenaire interne ou externe.
– Elle suppose la reconnaissance mutuelle des différences, la volonté commune de défense de la souveraineté interne (par consensus) et d’affirmation de la souveraineté externe (par principe). Voilà pourquoi elle est fondée sur le respect, par tous, des institutions et lois qui régissent la communauté pour sa pérennisation. Voilà pourquoi aussi elle exige l’identification rigoureuse des « nœuds » du conflit dont sort la communauté ; car ces « causes » de conflit peuvent être aussi externes, c’est-à-dire, un niveau incontrôlé où la souveraineté peut être mise à mal par des forces de dissolution de la communauté.
Quelles sont ses chances de réussite ?
– Les chances de succès résident d’abord dans l’engagement des protagonistes à faire exister la communauté comme réalité spécifique de la communauté humaine.
– Ensuite, elles sont dans l’inclusion de tous au débat citoyen et démocratique pour les solutions consensuelles auxquelles doit aboutir celui-ci.
– Enfin, elles supposent, au plan tactique, que soient identifiées les préoccupations des protagonistes extérieurs du conflit pour y apporter une réponse qui préserve, à court et moyen terme la souveraineté de l’Etat.

Source: https://afpafricaine.org/rencontre-afpa-du-30-mars-2019-cote-divoire-souverainete-droits-de-lhomme-et-reconciliation/

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Plaidoyer pour Duekoué ( Boga Sako Gervais)

MON PLAIDOYER POUR DUEKOUE…

Les 26 et 27 avril 2019, le parti du Président Laurent GBAGBO, le Front Populaire Ivoirien, a réussi à orienter tous les esprits et tous les regards des Ivoiriens et du monde entier sur la ville-martyre de DUEKOUE !

MERCI AU FPI, MERCI LAURENT GBAGBO !

Si Radio France Internationale (RFI) a pu évoquer le chiffre d’environ un million (1 000 000) de personnes rassemblées au cours de cette manifestation de la Fête de la Liberté 2019, les organisateurs peuvent soutenir qu’il y en avait au moins un million et demi, si ce n’était deux millions. Puisque partout, même en France, c’est toujours la guéguerre entre les chiffres officiels, ceux des gouvernants qui n’y participent pas, et ceux des organisateurs et acteurs du terrain.

Pourtant, il ne s’agissait pas d’une édition de la Fête de la Musique, qui ne parvient même plus à rassembler cinq cents mille personnes en un lieu dans les pays africains, malgré la gratuité, la proximité et la célébrité des artistes.
Il s’agissait bien de la 20ème édition, celle de 2019, d’une Fête de la Liberté, qui est instituée par le FPI de M. Laurent GBAGBO depuis qu’il était dans l’opposition. Le FPI n’aura pas meilleur hommage à rendre à son premier Vice-président, le professeur Aboudramane SANGARE, qui avait choisi DUEKOUE lors de la précédente édition et qui s’en est allé avant cette célébration.

Et puis, DUEKOUE n’est pas Abidjan qui compte aujourd’hui près de six millions d’habitants, ni à proximité d’Abidjan.
DUEKOUE est une ville de la Côte d’Ivoire, située à 502 km d’Abidjan, dans l’ouest du pays, dans la région du Guémon, proche des pays limitrophes, le Libéria et la Guinée (Conakry). Selon le recensement national de la population ivoirienne de 2014, elle est peuplée de 185 344 habitants (seulement), essentiellement des Wê et des Guéré.
Et pourtant, les 26 et 27 Avril dernier, DUEKOUE a rassemblé entre un et deux millions de personnes.
BRAVO !
Bravo à tous les Ivoiriens qui ont effectué le déplacement de DUEKOUE !
Bravo aux militants et sympathisants du FPI de GBAGBO !
Bravo aux dirigeants de ce parti, conduits par l’inusable Mme Simone EHIVET GBAGBO !
Bravo surtout aux populations de la région du Guémon et de DUEKOUE qui ont accueilli cette fête dans la dignité !

Mais le monde entier aura découvert et retenu le nom de DUEKOUE à cause du massacre massif de sa population lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Lorsque la Croix-rouge révéla que 850 corps sans vie avaient été découverts, seulement à DUEKOUE. Des personnes découpées à la machette, ou fusillées, ou calcinées, ou bombardées, ou jetées dans des puits…, parce qu’elles étaient filles ou fils de la région, qui est considérée proche de M. Laurent GBAGBO par les partisans et sympathisants de M. Alassane OUATTARA, l’actuel chef de l’État ivoirien.

Ils ont donc été massacrés parce qu’ils étaient et parce qu’ils sont Wê ou Guéré !
Et même leurs enfants, notamment les jeunes garçons, ont été ciblés et massacrés, sans doute pour qu’ils ne vengent pas leurs parents à l’avenir ; mais aussi parce que les bourreaux ont eu l’intention d’exterminer, totalement, tous les fils de la région, afin que leurs principales richesses, leurs riches terres produisant le bon cacao ivoirien, reviennent aux ressortissants étrangers, les Burkinabés, avec qui les autochtones ont souvent eu dans le passé des conflits fonciers.
TOUTES LES CONDITIONS D’UN GÉNOCIDE SONT DONC RÉUNIES A DUEKOUE !
Et là où l’ONU évoquait le chiffre d’un peu plus d’un millier de morts, un fils de la région martyre, le professeur de Droit Hubert OULAYE a situé la totalité des massacres dont les corps gisent dans les fosses communes, à au moins trente mille (30 000) Morts. (Le défi est donc lancé à qui veut aller vérifier.)

FACE A CETTE TRAGÉDIE HUMAINE, jamais vécue dans l’histoire de la Côte d’Ivoire moderne, des actes forts et concrets doivent être posés par la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens en faveur de DUEKOUE et de toute la région !
Après les pleurs et les émotions, après tous les grands discours prononcés par les leaders du FPI, il nous faut désormais passer aux actes !
Car la Côte d’Ivoire de demain ne saurait se bâtir et être heureuse contre le prix du sang versé par les Wê et les Guéré, surtout si ces derniers sont oubliés ou abandonnés par la République !

C’EST POURQUOI, APRÈS LE RÉGIME-OUATTARA :
j’invite tous les Ivoiriens, épris de justice, des droits de l’homme, les démocrates et les républicains, mais aussi tous les souverainistes et panafricanistes de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du monde entier à :
1. se mobiliser autour du cas de DUEKOUE, afin de faire admettre et faire reconnaître le GENOCIDE WÊ au plan national et international.
2. situer les responsabilités dans ces massacres et désigner les coupables, avant de leur accorder le pardon de la nation (si le pays est vraiment engagé dans une réelle réconciliation nationale).
3. proposer un plan spécial de dédommagement conséquent de toutes les victimes.
4. élaborer un plan spécial (du type plan Marshall) pour la reconstruction de DUEKOUE et de sa région, de sorte à effacer à jamais les traces de ces massacres dans les esprits et les mémoires de tous et de chacun.
5. fixer une journée nationale de commémoration du génocide Wê, qui rappellera chaque année à toute la Côte d’Ivoire et à ses descendants la crise post-électorale de 2010-2011 qu’il ne faudra plus jamais répéter dans la vie de ce beau pays !

AINSI, LA CÔTE D’IVOIRE ET LE MONDE AURONT HONORÉ DUEKOUE ET SES MARTYRS DE LA DÉMOCRATIE !

Fait à Copenhague (Danemark), le 1er mai 2019
Dr BOGA SAKO GERVAIS
*Enseignant-Chercheur à l’Université
*Expert et Consultant en Droits de l’Homme et Résolution de conflits
*Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de
  Côte d’Ivoire (CNDHCI)
*Président-Fondateur de la Fondation Ivoirienne
  pour les Droits de l’Homme et la Vie Politique (FIDHOP)*Ecrivain-Essayiste
www.fidhop.com // bogasako@yahoo.fr // Facebook: Droits De l’Homme CI. —

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Le néocolonialisme en Afrique (Forum Social du Togo)

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Au commencement, il y eut la colonisation…

Procédons par une métaphore pour l’expliquer. Imaginez-vous dans votre maison vivant en harmonie avec les membres de votre famille et suivant la culture que vous ont apprise vos parents et grands parents. Votre famille est composée d’un père, d’une mère ou plus et de plusieurs enfants. Soudain, vous voyez surgir des personnes venues de la maison voisine armées de fusils qui prennent possession de votre maison et de tous vos biens. Ils  prétextent que votre culture est trop ancienne  et qu’ils veulent vous apprendre les bonnes manières de la modernité. Votre fils ainé qui a voulu protester contre cette invasion est tué. Vos enfants vous sont arrachés de force et obligés de suivre une nouvelle éducation donnée par les voisins envahisseurs. Ces mêmes voisins vous obligent à leur verser une partie de votre salaire mensuel pour arranger votre maison en fonction de leurs idées et de leurs besoins. Avec le reste de votre salaire, les voisins vous obligent à acheter les produits fabriqués par leurs enfants.
Toute protestation de votre part est durement punie par vos voisins envahisseurs qui n’hésitent pas à tuer vos enfants s’il le faut. Pour avoir accès aux biens de votre maison et en faire usage, vous devez en faire la demande à votre voisin. Vos voisins jugent votre mentalité trop traditionnelle et vous incitent à prêter de l’argent chez eux pour acheter de nouveaux biens. Ces biens sont toujours fabriqués par leurs enfants et ne sont pas adaptés à votre maison. Au final, les voisins envahisseurs changent complètement les lois qui régissent votre maison. Ils incitent vos femmes à changer de mode de vie au nom de la liberté. Ils éduquent vos enfants qui finissent par vous considérer comme un arriéré par rapport à la modernité que représentent vos voisins. Comment vous sentirez-vous dans une telle situation ?

Telle est la situation de domination dans laquelle les Africains ont vécu pendant l’occupation de leurs terres par les puissances européennes (Espagne, France, Grande Bretagne, Portugal) et les colons américains installés au Libéria. A force de luttes, de sacrifices et après des milliers de morts, ils ont su contraindre les colons à quitter les terres de leurs aïeux. Cependant le départ des colons n’a pas conduit pour autant à la souveraineté des Africains sur leurs terres. En effet au lieu d’accorder aux Africains leur entière souveraineté,  les puissances colonisatrices ont décidé de maintenir leur pouvoir sur leurs colonies par divers artifices. Cette colonisation qui continue sous couvert d’une fausse indépendance est appelée Néocolonialisme.

Le Néocolonialisme ou la continuité de la colonisation

Reprenons notre métaphore précédente de la maison pour expliquer le Néocolonialisme. Face aux protestations répétées de certains de vos enfants, vos voisins envahisseurs se décident enfin de quitter votre maison mais à condition de choisir qui y fera régner leur loi à leur départ. Ils prennent sous leurs ailes certains de vos enfants et les imposent pour diriger votre maison. Vos enfants qui se sont opposés à eux et ont lutté pour la reconquête de votre souveraineté sont assassinés par les autres  qui ont fait allégeance à vos voisins. Vos voisins continuent à dominer votre maison en dictant leurs lois à vos enfants et en les armant pour qu’ils contrôlent de votre maison. Tel est le Néocolonialisme.

Les indépendances accordées par les anciennes puissances coloniales ont été une feinte savamment organisée pour leur permettre de continuer leur domination par d’autres moyens. La liberté donnée aux Africains de se gouverner par eux mêmes n’a pas mis fin à la main mise sur leurs ressources naturelles. Leurs ressources sont toujours exploitées par de grandes entreprises appelées Multinationales ou Transnationales dirigées par les puissances colonisatrices. Par la corruption des personnes au pouvoir ou des coups d’Etat, ces entreprises amènent les gouvernements africains à gérer leur pays en fonction de ce qui semble bon pour les puissances européennes. En outre, quand cela est nécessaire pour leur profit, les entreprises multinationales ou transnationales financent des rebellions armées contre le pouvoir en place. Ce fut le cas lors de la guerre du Biafra au Nigéria, de la sécession du Katanga et guerres récentes en République Démocratique du Congo.

Au-delà des entreprises, les puissances colonisatrices maintiennent leur emprise sur les pays africains par l’esclavage de la dette. Les banques de ces puissances économiques et les institutions financières internationales (la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International), sous couvert d’aider au développement, octroient des prêts aux pays pour les rendre esclaves du paiement de la dette et de ses intérêts. Les pays africains sont alors obligés d’adopter des lois qui vont à l’avantage des puissances colonisatrices lorsqu’ils souhaitent avoir des prêts ou lorsqu’ils ne peuvent pas payer le capital et les intérêts de la dette.

Enfin soulignons le cas particulier des pays d’Afrique francophone, où le néocolonialisme prend plusieurs formes. A la suite de l’élection du 27 avril 1958 qui a vu la levée de la tutelle française au Togo et des élections de septembre 1958 qui a vu la Guinée de Sékou Touré refuser la Communauté Française du Général De Gaule, ce dernier contraint les colonies françaises d’Afrique à prendre leur indépendance en 1960. Toutefois la France va développer tout un système pour les maintenir sous son contrôle. Ce système appelé la FrançAfrique se présente comme suit :

1-      Les dirigeants africains des colonies françaises d’Afrique sont choisis par la France ou avec sa bénédiction. Ils doivent protéger les intérêts français ou se font tuer.

2-      La France impose l’utilisation du Franc CFA comme monnaie à ses colonies « indépendantes »

3-      La France maintient son armée dans certains pays et obligent les autres à signer des accords de défense pour que leurs armées soient formées par les Français.

4-      Les entreprises françaises ont la priorité pour exploiter les ressources naturelles des pays africains sous contrôle de la France. Ses ressources naturelles sont achetées en fonction du prix voulu par la France. (Le cas d’AREVA dans l’exploitation de l’Uranium au Niger est assez connu.)

Les anciennes colonies françaises d’Afrique demeurent toujours sous tutelle de la France malgré la volonté de leur population de reconquérir définitivement leur indépendance.

L’émergence de nouvelles puissances économiques, qui n’avaient pas de colonies en Afrique, donne une nouvelle image au Néocolonialisme sur le continent. Ces nouvelles puissances économiques, tout comme les anciennes puissances coloniales, s’établissent sur le continent africain pour s’accaparer ses ressources naturelles. Elles n’hésitent pas à y installer des bases militaires pour protéger leurs entreprises et leurs colons. Jules Ferry, un des pionniers de la colonisation française en Afrique au XIXème siècle résume bien cette situation en affirmant: « La politique coloniale est fille de la politique industrielle. »

L’hégémonie idéologique et culturelle

L’hégémonie idéologique et culturelle est une arme redoutable utilisée par les colonisateurs de tout temps. Elle consiste à dominer les esprits voire les âmes des colonisés. Cette forme de domination procède par l’éducation avec des programmes de cours calqués sur les modèles des anciennes puissances coloniales, des bourses d’études universitaires pour former leurs élites, les médias pour contrôler les informations qui leur parviennent (RFI, BBC, CNN, Al Jazira, China News, Russia Today etc.) et les religions pour leur faire espérer le paradis en oubliant leur souffrance terrestre (églises néo charismatiques américaines, mosquées wahabites ou chiites etc.). La finalité de cette hégémonie est de perpétuer dans les esprits la toute puissance de la langue, de la religion et des idéologies économiques ou politiques défendues par les puissances coloniales. Cela fait croire aux colonisés qu’en dehors du cadre créé par le colonisateur, il n’y aura pas de salut pour eux ni sur terre ni après leur mort. Le colonisé est ainsi complètement aliéné et sous le contrôle total du colonisateur. Le psychiatre martiniquais Frantz Fanon a décrit cette aliénation dans ses œuvres « Peau noir, masques blancs » et « Les Damnés de la Terre ».

Face à toutes les stratégies dressées pour maintenir le corps, l’esprit et l’âme des Africains sous l’emprise des puissances économiques et coloniales, il est du devoir des nouvelles générations de reprendre la lutte pour leur souveraineté. L’artiste jamaïcain Bob Marley lance un appel en ce sens dans sa chanson Redemption Song : “Emancipate yourselves from mental slavery (Affranchissez-vous de l’esclavage mental). None but ourselves can free our minds (Personne d’autre que nous ne pourra libérer nos esprits).

Les dossiers du Forum Social du Togo visent à faciliter la formation dans les organisations altermondialistes présentes au Togo sur des thématiques de réflexion et d’actions. Pour avoir plus d’information sur la thématique développée dans ce dossier, contactez la/les personne(s) ressource(s) du Forum Social du Togo sur ce sujet :

ABI Samir, Economiste, Visions Solidaires, email : samirvstg@gmail.com

Étiquettes : colonisation, domination, FrançAfrique, hégémonie, néocolonialismePar visionssolidaires dans Citoyenneté le 26 avril 2019. ← ANICI 2018-2019: Micro VS 4



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Dialoguer pourquoi, en quoi, avec qui, dans l’intérêt de qui et en vue de quoi? (Mandiaye Gaye)

D

L’appel au dialogue du président de la République, après la proclamation des résultats définitifs, signifie-t-il qu’il veut un Sénégal où il n’existe pas d’opposition ? Si c’est tel le cas, alors, c’est simplement surréaliste de sa part de penser à un tel scénario qui n’existe nulle part au monde. Il ne faut pas rêver ni être utopique, M. le président, nous avons perdu trop de temps dans le passé avec des appels au contenu imprécis, qui n’en étaient pas réellement, et ainsi avaient fini par n’accoucher de rien du tout, ce depuis 19 ans.

En vérité, le problème du Sénégal, c’est son système institutionnel qui est grippé ou sclérosé, donc qui ne répond plus à notre époque et à une véritable démocratie plurielle et participative. Si le président Macky Sall veut montrer sa bonne foi et prouver aux Sénégalais ses bonnes dispositions et sa ferme volonté de dialoguer en vue de changer les choses en mieux, il doit mettre sur la table de dialogue la refondation des institutions de la République, donc aller au-delà des réformettes. Ainsi, au lieu de vouloir réinventer la roue, il a, avec les Conclusions des Assises nationales et les Recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions, une bonne base et des documents de travail de haute facture. Dans cet ordre d’idée, il faut dire qu’il est temps d’avoir, à présent, une Assemblée nationale représentative avec des députés véritablement élus par le peuple et qui légiféreront au nom et pour lui, et non du président de la République et pour lui. Évidemment, cela impose tout naturellement le changement de la Constitution actuelle pour la conformer à un autre système cohérent et le mode de l’élection des députés devra aussi être remanié. Ce n’est que par cette procédure démocratique et représentative que nous aurons la chance de déboucher sur ce beau et juste slogan : « La Patrie avant le Parti »

S’agissant du concours des anciens présidents, cela me semble superflu et d’aucune utilité, dans la mesure où les deux ont tous échoué et montré leurs limites réelles dans la gestion du pays comme leur manque notoire de patriotisme envers la patrie. Puisque, aussitôt après la fin de leur mandat, ils ont émigré en France sans états d’âme. C’est tout le contraire de nos autres émigrés qui, de leur pays de résidence, envoient aux parents de quoi vivre et participent au développement du pays. Mais nos émigrés en col blanc continuent, eux, de se la couler douce au pays de Marianne et en outre, aux frais des contribuables sénégalais. Mais au fond quel sens ces deux anciens présidents du Sénégal donnent-ils au mot « patriotisme » ?

En effet, le premier, Abdou Diouf est un partisan du moindre effort, un bras cassé qui, pendant les 20 ans qu’il a dirigé notre pays, n’a fait que du surplace. Et, c’est grâce à l’appui des Institutions de Breton Wood, de la Bm et du Fmi, qu’il a, bon an mal an, réussi à gérer et surmonter les crises successives avant d’être remercié par les Sénégalais en l’an 2000. Et depuis ce jour, il vit maintenant en France sans se soucier des difficultés de son pays.

Et le second, Abdoulaye Wade est un beau parleur, plus théoricien du développement que praticien et développeur de pays en difficulté. Il a pillé notre pays par un gaspillage effroyable dans des projets d’éléphants blancs ou de folie des grandeurs. Il se targue même d’avoir fabriqué artificiellement dans le pays des milliardaires, oui, parce que les concernés le sont devenus grâce à lui à partir de rien. Il a, également, introduit ou plutôt fortement accentué la perte des valeurs morales dans le pays. Et c’est avec lui que nous avons connu la promotion des transhumants, de l’enrichissement illicite et une corruption qui a pris des proportions incroyables, comme un partage du gâteau. Et enfin, il a même tenté, sans oser le dire bien entendu, de procéder frauduleusement à une dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Une tentative qui a, heureusement, lamentablement échoué le 23 juin 2011, et a même précipité sa chute vertigineuse en février 2012.

Cela dit, en quoi, ces deux hommes, qui ont géré à eux deux, pendant 32 ans notre pays, de la façon que nous connaissons tous,  peuvent-ils apporter aux Sénégalais quelque chose de positif et de crédible ? C’est une contradiction pour ne pas dire un non-sens, dans la mesure où notre pays qui, depuis longtemps, cherche à rompre avec ce passé décadent dont les deux précités font partie des principaux responsables de cette situation. Non, ces deux-là doivent s’estimer heureux de n’avoir pas été traduits en justice pour leur mauvaise gestion de notre pays. Pour dire vrai, ces deux-là sont plus Français que Sénégalais, c’est nous Sénégalais qui les considérons comme des concitoyens, mais en réalité, ils ne le sont pas de fait. Alors, osons espérer que Macky Sall ne les rejoindra pas après son mandat, pour former les trois mousquetaires sénégalais en France.

Le président Macky Sall, à travers son dernier mandat, peut non seulement réparer ses erreurs du premier mandat, mais  a aussi l’occasion et l’opportunité de marquer positivement son passage à la tête de son pays. En changeant son fusil d’épaule, il peut contre toute attente installer un climat apaisé favorable à l’exercice d’une  véritable démocratie qui permettrait une saine concurrence entre tous les Sénégalais qui désirent jouir pleinement de la démocratie dans les règles de l’art. Puisque dorénavant, il n’a plus de concurrents qui lui disputent le pouvoir d’ici cinq ans, car, en 2024, les adversaires seront autres sans lui. Mais malgré tout, il y a ceux qui s’opposent à la politique qu’il mène présentement, ce qui est à juste raison normal. Aujourd’hui, il a totalement les mains libres, sans aucune contrainte pour jouer l’arbitre et préparer le terrain au plan démocratique et institutionnel pour les autres, comme Jerry Rawlings et Nelson Mandela l’ont fait dans leurs pays respectifs. En effet, Macky Sall avait été très applaudi, à l’entame de son mandat, lorsqu’en 2012, il avait clairement déclaré que c’est la Patrie qui passe avant le Parti. Mais ce n’était qu’un simple slogan, puisque jusque-là ce vœu n’a pas été concrétisé dans les faits. Cette nécessité n’est pas encore effective, malheureusement, dans notre pays. Cependant, c’est bien cela la règle immuable, dans toute République qui se respecte

Et, comme dit l’adage, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais, si l’intention est bien louable, cependant cela ne suffit pas, si elle n’est pas suivie d’actes pour la concrétiser. Oui, parce que les politiciens au Sénégal, ont habitué les Sénégalais à des promesses démagogiques qu’ils oublient, dès qu’ils s’installent confortablement au pouvoir. C’est ce qui nous vaut d’ailleurs l’expression bien connue maintenant, « bu feke man ma ko waxoon kon nag waxeet » de Me Wade pour se dédire de ses nombreuses promesses. Lui-même, Macky Sall, nous a joué le coup avec sa fameuse décision de réduire son  mandat de 7 ans à 5 ans si toutefois, il était élu ou bien encore, son adhésion aux conclusions des Assises nationales. Tout cela pour dire que l’intention ne vaut pas toujours l’action. En tout cas, tous les appels au dialogue lancés jusque-là par les présidents Abdoulaye Wade comme Macky Sall sont restés lettre morte. Par conséquent, que l’opposition se le tienne pour dit, en attendant d’avoir des faits concrets. Cela dit, par principe, il n’est pas indiqué, pour l’opposition, de rejeter d’office l’appel au dialogue du président avant même d’avoir pris connaissance de son contenu, de son format et de ses termes de référence. Certes, il est vrai que chat échaudé craint l’eau froide, malgré tout, il faut que les Sénégalais se parlent et se concertent autour des questions  essentielles qui concernent le pays, comme par exemple sur son système archaïque actuel et dans l’intérêt exclusif du peuple sénégalais.

Dakar, le 7 mars 2019

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

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Libération de L Gbagbo et démission de G Soro


 Le 1er février 2019, la Cour Pénale Internationale a prononcé la libération sous condition de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, deux semaines après l’annonce de son acquittement. Pour mieux comprendre cette bizarrerie judiciaire, nous avons contacté la journaliste et écrivaine Fanny Pigeaud.
 Source : Guerre & Paix
 Raphaël Berland

 « Gbagbo libéré : entretien avec Fanny Pigeaud »
https://www.youtube.com/watch?v=h4aTS5JjO60

Communiqué de la démission de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne, le 8 février 2019: http://www.afrikanewsmultimedia.com/441776111

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Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE parmi nous sans délai…

Mes chers amis,

Le Président Laurent Gbagbo était déjà un peu « atypique » quand il a fait le choix de nager à contre-courant des choix politiques convenus. En effet le sens de son action politique s’est toujours confondu avec les aspirations collectives de son peuple. La réalisation de son programme de développement inspiré par les besoins de ses compatriotes a été bloquée au moyen de coups d’Etat perlés au terme desquels il fut déporté à la Cour Pénale Internationale, ce qui l’a transformé bien malgré lui en un martyr vivant. Un procès injuste et paradoxal lui a été intenté, ainsi qu’au ministre Charles Blé Goudé, au cours duquel aucun fait probant n’est venu étayer les accusations de crimes contre l’humanité dont on a tenté de les affubler envers et contre tout. Ce procès pénible et ennuyeux qui a tourné à vide finit par faire des « prévenus » de véritables mythes au point que l’on continue de se demander encore aujourd’hui quel en était l’objet réel.

La Vérité attend toujours son heure, et nous-mêmes que les juges disent enfin le droit devant l’étonnante vacuité des accusations portées par le procureur. Nous attendons que la CPI dont la vocation devrait être d’œuvrer à la paix dans les pays, montre qu’elle n’est l’instrument d’aucune force ni d’aucune puissance. Nous attendons qu’elle redonne l’espoir aux peuples du monde entier qui ont assisté à ce procès surprenant, en remettant tout simplement le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé en liberté, car il n’a pas été démontré qu’il sont l’un ou l’autre coupables de ce qui leur est reproché. C’est une lapalissade de dire que la justice ne doit condamner que des coupables et non des innocents, et c’est bien le moins qu’une institution de justice dite internationale puisse faire pour que force reste à la raison dans le monde des humains !

L’Association des Amis de Laurent Gbagbo et toutes celles et ceux épris de justice osent penser que les peuples ivoirien et africains méritent du respect, eux qui attendent de la CPI une décision qui ne transforme pas leur chagrin trop longtemps contenu en fureur. La Cour Pénale Internationale doit retrouver le sens de la justice au nom de laquelle elle est censée agir en recherchant au plus vite les véritables responsables de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire afin de rendre aux victimes cette justice qui leur est due.

Les Ivoiriens ont besoin de sortir du mensonge, ils ont besoin de reconstruire des ponts là où, sept ans durant, l’on s’est acharné à dresser des murs d’incompréhension sans que les artifices de communication ne parviennent à cacher la terrible réalité, un pays où les peuples sont profondément divisés dans les cœurs.

A toutes celles, à tous ceux qui se sont mobilisés encore cette année 2018 pour que le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé se sentent soutenus, je souhaite une excellente année 2019. J’ai bon espoir qu’ensemble nous fêterons bientôt leur retour parmi nous. 

Raphaël DAGBO
Président de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO


Le 31 décembre 2018
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