« Kemt » future monnaie de la CEDEAO? (Aliou Diack)


Messieurs les chefs d’Etat africains, pour la mémoire de l’illustre savant professeur Cheikh Anta Diop, appelez notre future monnaie de la CEDEAO « le Kemt » et non « l’Eco ».


Les 15 chefs d’État de la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont donné rendez-vous le 29 juin 2019 à Abuja au Nigéria, en vue d’adopter un agenda pour la mise en circulation prochaine d’une nouvelle monnaie unique de la zone, en l’occurrence l’ECO, qui devrait intervenir en 2020, en remplacement du Franc CFA encore en vigueur. C’est une excellente initiative à saluer et on a envie d’ajouter: oui « il faut faire ! », pour paraphraser l’éminent professeur congolais Théophile Obenga, qui considère à juste titre que les dirigeants africains hésitent trop souvent devant l’histoire, à prendre leur courage à deux mains et à décider ! Enfin! Car quels que puissent être les arguments avancés par ses défenseurs, le Franc CFA a été, demeure et restera toujours une monnaie de domination, voire d’oppression d’une importante partie du continent africain.
On aurait tort de banaliser cet acte fort et patriotique que viennent de poser les chefs d’Etat vers la réalisation de l’Unité Africaine sur une base économique solide avant qu’elle ne devienne organique, malgré l’afro-pessimisme ambiant qui habite certains observateurs étrangers, africains et afro-descendants de la diaspora. On aurait également tort de caricaturer cette nouvelle monnaie comme une monnaie de singe par condescendance!
En célébrant le 26 mai 2013 le jubilé de l’âge d’or (50ème anniversaire) de l’Organisation de l’Unité Africaine/Union Africaine (OUA/UA) fondée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba en Ethiopie, les chefs d’Etat africains, après avoir rendu hommage aux pères fondateurs du mouvement panafricain et des mouvements de libération nationale, et rappelé le rôle, les efforts et sacrifices historiques qu’ils ont joués et déployés; après s’être s’inspirés de leur vision, de leur sagesse et de leur combat, y ont pris des engagements très importants dans une « Déclaration solennelle sur le cinquantième anniversaire de l’OUA/UA ». En effet, dans l’agenda consacré à l’intégration africaine, les chefs d’Etat se sont résolument engagés à, je cite :
• « Accélérer la mise en oeuvre de la zone de libre-échange continentale, assurer la libre circulation des biens, en mettant l’accent sur l’intégration des marchés locaux et régionaux, et faciliter la citoyenneté africaine en vue de la libre circulation des personnes par la suppression graduelle des obligations de visa ;
• Accélérer les mesures visant à bâtir une Afrique unie et intégrée par la mise en oeuvre de nos cadres communs de gouvernance, de démocratie et des droits de l’homme, avancer rapidement vers l’intégration et la fusion des Communautés Economiques Régionales en tant que piliers de l’Union.
» (Fin de citation).


Le rêve des pères fondateurs du panafricanisme, de l’Unité Africaine et des Etats-Unis d’Afrique, passe inéluctablement par une indépendance culturelle, économique et militaire. Il s’agit de bâtir notre avenir en nous fondant sur un paradigme africain décomplexé de toute tutelle intellectuelle ou culturelle. Le professeur Cheikh Anta Diop disait qu’il fallait « basculer l’Afrique sur la pente de son destin fédéral ». Pour cela, il faudra bien que l’Afrique recouvre sa dignité en s’appuyant sur le ressort de ses traditions pour rebondir vers une renaissance africaine.
Les puissances économiques et militaires mondiales ont également commencé par prendre des décisions historiques majeures dans des conditions loin d’être optimales, et comparables à bien des égards à celles qui prévalent actuellement en Afrique. L’Union Européenne a démarré son travail d’unification douze années seulement après la terrible guerre mondiale de 1939-1945 aux conséquences dramatiques, avec le fameux traité de Rome, qui a créé la « Communauté Economique Européenne (CEE) en 1957, une organisation supranationale avec 6 pays seulement, en l’occurrence l’Allemagne Fédérale (Allemagne de l’Ouest), la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Des pays exsangues économiquement, que le fameux Plan Marshall d’après-guerre des Etats-Unis d’Amérique a aidé à se relever.

Chaque pays conservait encore sa propre monnaie : le Deutsche Mark (DM) en Allemagne, le Franc Belge (BEF) en Belgique, le Franc Français (FRF) en France, la Lire (ITL) en Italie, le Franc Luxembourgeois (LUF) au Luxembourg et le Florin Néerlandais (FL) aux Pays-Bas. Mais les Européens ont fait! Ils ont fait leur Marché Commun pour mener une vraie intégration économique. Le développement économique n’était ni linéaire ni uniforme, la cadence était inégale dans toute l’Europe, dans et hors de la zone CEE. Le décalage économique qui existait entre l’Allemagne et l’Italie, ou entre la France et le Portugal, était comparable à celle qui existe aujourd’hui entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, ou entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ou le Niger. Il en résulta comme corollaire, beaucoup de mouvements migratoires dans les années 60 jusqu’au milieu des années 80, le flux allant des pays du sud, moins nantis vers ceux du nord de l’Europe plus développés. Les pays faibles étaient tirés par les plus forts. Néanmoins, les Européens ont fait! Ils sont même passés à la vitesse supérieure en créant l’Acte Unique en 1986. Ils passèrent ainsi de six (6) pays à douze (12) avec de nouveaux adhérents, en l’occurrence le Danemark, l’Irlande, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Pourtant, pendant cette période cruciale, surtout suite aux conséquences économiques désastreuses découlant des deux chocs pétroliers de 1973 (guerre Israël/Arabes du Jom Kippur) et de 1979 (renversement du Schah Reza Pahlevi d’Iran par la révolution dirigée par l’Imam Khomeiny), l’euroscepticisme était marqué même au sein des sociétés européennes. Cet Acte Unique de 1986 modifia le traité de Rome de 1957, pour ouvrir la voie à la création du Marché Unique de l’Union Européenne (UE), tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Six (6) ans après la signature de l’Acte Unique, les pays européens ont réussi à créer l’UE par un Traité sur l’Union européenne (TUE) signé à Maastricht (Pays-Bas) le 7 février 1992, lequel traité est entré en vigueur le 1er novembre 1993. Une zone de libre échange économique avec une monnaie commune l’Euro fut décidée. Pour en être membre, il fallait respecter 4 critères de convergence économique, qui sont :

  1. Une stabilité des prix
  2. Des finances publiques saines et viables
  3. Une stabilité du taux de change et
  4. Des taux d’intérêts gendarmés sur le long terme.
    A sa création, l’UE ne comptait donc que 12 pays. Aujourd’hui ils sont 28 avec 5 autres demandeurs d’adhésion, malgré une demande de sortie du Royaume-Uni (BREXIT) en instance.
    Depuis la création de l’UE jusqu’à maintenant, les critères de Maastricht n’ont jamais pu être respectés par tous les pays de zone Euro. On a fonctionné avec des compromis, au risque de compromettre la viabilité même de la zone. Aujourd’hui, dans cette organisation économique qui comptabilise 26 années d’existence, aucun des 28 pays ne respecte intégralement les quatre critères de convergence définis en 1992 à Maastricht! Quelques exemples en sont l’illustration, en prenant le critère le plus déterminant relatif aux « finances publiques saines et viables » : L’Allemagne qui est la première puissance économique de l’Europe, avec une dette publique en 2018 à hauteur de 61% de son Produit Intérieur Brut (PIB), dépasse le taux maximum de 60% fixé par les critères de Maastricht ; pendant dix-sept (17) années successives (de 2002 à 2018) ce pays n’a pas réussi à respecter ce critère de convergence. En 2018, le Royaume-Uni, 2ème puissance économique d’Europe, traine une dette publique de 87% de son PIB, la France, 3ème puissance économique d’Europe en est encore à 98,40% d’endettement par rapport à son PIB, la Grèce à 181%, l’Italie à 132%. Malgré le non-respect des critères de convergence par les 28 pays européens, l’UE et l’Euro se portent bien et l’économie européenne est devenue, selon les études les plus récentes de 2018 publiées sur la situation économique mondiale par le Fonds Monétaire International (FMI), la seconde puissance économique du monde, avec un PIB de 22.023 milliards de Dollars US ($US), derrière la Chine devenue la première puissance économique mondiale avec 25.270,07 milliards de $US. Les États-Unis d’Amérique viennent maintenant d’être recalée en 3ème position avec un PIB de 20.494,05 milliards de $US.
    Les pays africains de la CEDEAO qui ont décidé de mettre en place leur propre monnaie commune, l’Eco, sont au nombre de 15 et totalisent un PIB global de 1.729 milliards de $US, qui les placerait en 19ème position des puissances économiques du monde devant l’Iran, la Thaïlande et l’Australie. Pour un départ, c’est déjà honorable. N’oublions pas que de six (6) à douze (12) et finalement 28 pays, l’Union Européenne s’est bâtie sur une longue période de soixante-deux ans (62) ans! Concédons alors à la CEDEAO et à l’Afrique un minimum de période de gestation. L’essentiel c’est encore une fois de faire !
    Parallèlement à la CEDEAO avec sa monnaie commune, une Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC), est en train de prendre forme de manière encourageante. C’est un projet de zone de libre échange économique devant regrouper à terme 55 pays africains. Elle fédérerait les organisations existantes à travers le continent, entre autres, le marché commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb Arabe et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens. Pour lancer la ZLEC, il fallait un minimum requis de 22 états à en ratifier le traité, ce qui est maintenant chose faite depuis le 29 avril 2019. Le PIB des 55 pays africains devant composer la ZLEC serait de 6.801 milliards de Dollars US à fin 2018 (selon les chiffres de 2018 du FMI), plaçant cette organisation continentale au 5ème rang des puissances économiques du monde, derrière la Chine 1ère, l’Union Européenne 2ème, Les Etats-Unis d’Amérique 3ème et l’Inde 4ème, mais devant le Japon (5.594,45 milliards $US), devant l’Allemagne (4.356,35 milliards de $US), devant la Russie (4.213,40 milliards de $US), devant l’Indonésie (3.494,74 Milliards $US) , devant le Brésil (3.365,34 milliards de $US), devant le Royaume-Uni (3.037,79 milliards de $US) et devant la France (2.962,80 milliards de $US).
    La monnaie unique de la CEDEAO et la zone de libre-échange de la ZLEC continentale marquent un jalon historique dans la marche de l’Afrique vers une indépendance réelle, aux plans économique, culturel et plus tard militaire. L’Afrique ne peut compter et être prise au sérieux, au plan mondial, que si elle est vraiment forte. Une monnaie doit s’appuyer sur une Charte de valeurs éthiques, sociales et culturelles, dans la recherche du mieux-être pour les populations qui s’en servent comme outil de production et d’échange. La Maât dans l’Egypte antique noire, constitue une excellente synthèse de toutes ces valeurs, dans lesquelles se reconnaitront tous les peuples d’Afrique et de sa Diaspora. La Maât est symbolisée par une femme, dans la mythologie kamite (egyptienne), comme incarnation de la déesse de l’ordre, de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice. Elle est l’antithèse de l’Isfet qui est chaos, injustice et désordre social. La Maât symbolise la norme universelle, à savoir l’équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d’agir selon le droit, l’ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.
    Le plus grand hommage que les chefs d’Etat africains pourraient rendre au professeur Cheikh Anta Diop qui a décomplexé l’Afrique, ainsi qu’aux pères fondateurs du panafricanisme, c’est de donner à cette nouvelle monnaie un nom fédérateur, dans lequel tous les peuples du continent africain et de sa diaspora se reconnaîtraient. Le nom de la monnaie devrait porter le nom de Kemt (et non de Eco !), du nom que nos ancêtres donnaient à l’Afrique Antique, que les anciens Grecs ont appelé EGYPTE, mais que les colonisateurs européens ont réduit à ce petit pays de 1.001.450 km² que nous connaissons aujourd’hui. Kemt d’Afrique noire a généré la première civilisation du monde et la plus rayonnante des cultures jamais connues dans l’humanité. Pour Cheikh Anta Diop, hommage ne pourrait être plus sublime. Pr. Aliou Diack
    Ingénieur Génie Civil

    aliou.diack@gmail.com
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« Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement » (Martine Boudet coord)


        L’objectif, altermondialiste, de cette publication collégiale se concentre sur l’avenir des langues et des cultures, entre autres celles qui sont dominées et en recherche d’émancipation. Francophonie, langues régionales et français en font partie.

http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/550-les-langues-cultures

Vient de paraître aux éditions du Croquant.

Disponible en librairie en juin 2019 
Peut être commandé (franco de port) sur le site de l’éditeur :  cliquer ici  
Prix du livre papier : 20 €  Pour la version électronique (PDF) : 16 €
278 pages

  L’actualité le montre : les recompositions géopolitiques à la faveur de la mondialisation et de la médiatisation des échanges, mais aussi de la crise du système néolibéral, suscitent un regain des aspirations identitaires. Si, en négatif, celles-ci se traduisent par des nationalismes xénophobes voire guerriers, les formes démocratiques et progressistes, notamment sur le terrain régional, sont, elles aussi, bien réelles. Le panorama est ainsi éclairé par des fulgurances, marquées par une logique d’ensemble, à en juger par l’actualité écossaise, catalane, corse, camerounaise anglophone, néo-calédonienne, kurde… Des aspirations linguistico-culturelles et territoriales, enfouies jusqu’ici sous la gestion d’appareils d’État et de marchés, renaissent au grand jour. Les citoyen·ne·s sont incité·e·s à se réenraciner dans une culture plus profonde, dont les fondamentaux sont d’ordre anthropologique. Leurs « armes cordiales » sont les sciences humaines et sociales, la littérature et les arts, l’éducation scolaire et populaire, les médias, le tourisme… L’objectif est une démocratisation culturelle et un développement durable, cosmopolite certes, mais aussi auto-centré dans le cas des cultures dominées. L’avenir dira qui, des forces de régression nationalistes et xénophobes ou des forces de paix et d’inclusion, l’emportera. Dans ce livre, les auteur·e·s font le pari d’une évolution plus harmonieuse et apportent leur expertise et leurs expériences à cet égard. En cette année déclarée « année des langues autochtones» par l’Unesco, voilà un enjeu altermondialiste majeur.

  Les auteur·e·s sont universitaires, spécialistes des langues ou des cultures, pédagogues praticiens, français ou d’autres origines et nationalités : arménienne, belge, brésilienne, italienne, ivoirienne, marocaine, suisse, togolaise, yéménite. Giovanni  Agresti, Fares Al Ameri, Saïd Benjelloun, Philippe Blanchet, Martine Boudet, Claude  Calame, Joëlle Cordesse, Gilbert Dalgalian, Gaid Evenou, Camille  Gourdeau, Sílvia  Maria Manfredi, Kako Nubukpo, Pierre Jérémie Piolat, Giovanni  Poggeschi, Caroline Roussy, Claude Sicre, Christian  Tremblay, JeanPhilippe Zouogbo.
Avec la participation de la Délégation de la langue française et des langues de France/DGLFLF (ministère de la Culture) et du Carrefour Culturel Arnaud Bernard de Toulouse.              

                          Table des matières

Introduction. La promotion des langues-cultures, un nouveau paradigme, Martine Boudet

 Première partie. Un système géo-socio-institutionnel en crise 
Chapitre 1. Langues et démocratie : un lien imprescriptible, Gilbert Dalgalian 
Chapitre 2. Anglophonie-francophonie : l’écueil de l’hégémonie économique ou stratégique, Christian Tremblay 
Chapitre 3. L’enseignement des langues dites «  régionales  » en France  : un contexte problématique, Philippe Blanchet 
Chapitre 4. Enseigner l’arabe en France, vers de nouvelles perspectives, Saïd Benjelloun 
Chapitre 5. Impossibilité et possibilité de la rencontre épistémique « multiverselle », Pierre Jérémie Piolat 
Chapitre 6. Parler le français : une obligation ou un droit pour les étranger·ère·s « primo-arrivants » ?, Camille Gourdeau 
Chapitre 7. Les pays de l’Union européenne et la réglementation linguistique, Giovanni Poggeschi

Deuxième partie. Facteurs académiques, citoyens et institutionnels d’une évolution qualitative 
Chapitre 8. Retrouver l’intelligence des langues, Joëlle Cordesse 
Chapitre 9. L’interculturel : une approche pour favoriser la paix civile dans les sociétés actuelles, Fares Al Ameri 
Chapitre 10. Pour une anthropologie culturelle altermondialiste : communication et relations avec les autres en régime néolibéral, Claude Calame 
Chapitre 11. Pistes pour l’ouverture et la revivification du français et des lettres, Martine Boudet Chapitre 12. Historique, principes et objectifs du forum associatif des langues, Claude Sicre  Chapitre 13. La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) : ses missions et réalisations   

Troisième partie. Les langues-cultures au service d’un modèle de développement émancipateur 
Chapitre 14. Pour une éducation et une démocratie inclusives : le paradigme de l’anthropoglossophilie, Sílvia Maria Manfredi, Joëlle Cordesse 
Chapitre 15. La linguistique du développement social. De la théorie au terrain et retour, Giovanni Agresti 
Chapitre 16. Mieux communiquer pour une plus grande efficacité de l’aide au développement en Afrique subsaharienne francophone, Jean-Philippe Zouogbo
Chapitre 17. Pour une Francophonie de l’action : une vision, un projet programmatique, Kako Nubukpo et Caroline Roussy 
Chapitre 18. Face à la glottophobie, une politique de droits linguistiques, Philippe Blanchet

          
                                                                               Les auteur·e·s

Giovanni AGRESTI, professeur des universités, département de sciences du langage, université Bordeaux Montaigne. Président de l’Association Réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement)

Fares AL AMERI, maître de conférence à l’université de Sana’a (Yémen)

Saïd BENJELLOUN, professeur certifié en lettres françaises et lettres arabes, formateur d’enseignants de français à l’ENS de Rabat au Maroc puis enseignant d’arabe littéral et maghrébin à l’université Jean-Jaurès à Toulouse. Auteur de manuels d’arabe marocain (Pays-Bas, 1998 et 2000) et d’arabe littéral et maghrébin (PUM, Toulouse 2013 et 2018).

Philippe BLANCHET, professeur de sciences du langage, spécialiste de sociolinguistique, communication plurilingue et interculturelle, didactique des langues, et auteur d’essais, université Rennes 2

Martine BOUDET, professeure agrégée de lettres modernes, docteure en littérature française (académie de Toulouse). Ancienne formatrice d’enseignants au Maroc et au Bénin (coopération francophone). Chargée de séminaires EHESS Paris, directrice de l’ouvrage

Claude CALAME, helléniste et anthropologue, directeur d’études à l’EHESS-Paris et auteur d’essais

Joëlle CORDESSE, professeure agrégée d’anglais, docteure en sémiotique et communication, auteure. Fondatrice en 1983 du Secteur Langue(s) du Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN) et de sa revue Dialangues (1985-1992), des Festas des Langues de Perpignan et des Labos de Babel

Gilbert DALGALIAN, psycholinguiste et germaniste. Successivement chercheur en didactique des langues à Zurich, formateur d’enseignants au Sénégal (pour l’Unesco), délégué général des Alliances françaises en Inde. Spécialiste des écoles bilingues en France et à l’étranger.

Gaïd EVENOU, cheffe de la mission Langues de France et Outre-mer – Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF)

Camille GOURDEAU, socio-anthropologue, chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (Urmis), université Denis Diderot- Paris 7

Silvia MANFREDI, présidente de l’Institut Paulo Freire d’Italie, collaboratrice de Paulo Freire et des Freiriens du Brésil

Henri MESCHONNIC (†), poète, traducteur, théoricien du langage, professeur de linguistique (École doctorale discipline du sens à Paris VIII)

Kako NUBUKPO, professeur titulaire des Facultés de sciences économiques, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), UMR ART-dev, ancien directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF

Pierre Jérémie PIOLAT, doctorant en anthropologie, boursier FRESH  (FNRS-FSR) au sein du LAAP, Laboratoire d’Anthropologie Prospective IACCHOS, université catholique de Louvain-la-Neuve

Giovanni POGGESCHI, professeur en droit public comparé à l’université de Salento (département des sciences juridiques). Auteur.

Caroline ROUSSY, docteure en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Claude SICRE, président du Carrefour culturel Arnaud Bernard (Forom des langues de Toulouse) et concepteur du Forom des langues du monde

Christian TREMBLAY, président fondateur de l’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), docteur en sciences de l’information, ancien élève de l’ENA

Jean-Philippe ZOUGBO, maître de conférences à l’université Paris-Diderot et fondateur du réseau POCLANDE (POpulations, Cultures, LANgues et DEveloppement).

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Privatisation des visas : subir ou agir ? (Samir Abi)

Faut-il se résigner à voir les visas devenir un ‘’business’’ rentable autant pour les pays d’immigration que pour quelques entreprises transnationales décidées à prendre en main ce secteur lucratif ? Du Nord au Sud de l’Afrique, les citoyens en sont réduits à un sentiment d’impuissance face à la privatisation en cours ou annoncée des services de collectes de demande de visa par les missions diplomatiques européennes, canadiennes etc. Non seulement satisfait de la manne financière que représentent les nombreuses demandes de visas reçues chaque année (78 millions d’euro de bénéfice net en 2011 uniquement pour la France), les pays de destination confient de plus en plus à des prestataires privés leurs services de collecte des demandes de visas. La charge revient aux Africains, obligés de demander des visas pour tout déplacement, de payer un prix fort pour avoir le sésame. Et pourtant cette situation pourrait être évitée si les responsables politiques sur le continent avaient le courage de dénoncer l’injustice que constituent les exigences de visa pour leurs citoyens.

L’exigence des visas à certaines populations de notre planète et l’exemption pour d’autres est une des inégalités majeures de ce 21ème siècle. Une inégalité basée sur le hasard de la naissance. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas le pays où l’on naît. Bien des Africains auraient voulu voir le jour en Allemagne, en Corée du Sud ou aux Etats-Unis pour bénéficier des avantages offerts aux détenteurs des passeports de ces pays. Le hasard a fait qu’ils naissent en Afrique. Ce fait sur lequel ils n’ont aucun contrôle les oblige tout au long de leur existence à vivre sous le régime de l’autorisation pour pouvoir voyager. Leurs compétences et leurs qualités humaines ne seront jamais rien aux yeux des agents consulaires qui ont tout pouvoir pour empêcher leur mobilité dans ce monde globalisé. On ne peut manquer de citer les humiliations subies par les cadres africains pour avoir un visa européen ou américain et effectuer un voyage au bénéfice de son pays ou de sa famille. Les difficultés pour l’obtention d’un visa fait d’un cadre africain une personne de moins de valeur sociale qu’une personne en situation vulnérable détenteur d’un passeport européen à qui on ne demande pas de justifier son emploi et ses revenus pour un déplacement. Pourtant on rêve d’un monde où personne ne sera laissé de côté (‘’Let no one behind’’) au nom des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. D’ici 2030, et malgré le tout nouveau Pacte Mondial sur les Migrations, rien n’est moins sûr.

La sous-traitance de la collecte des demandes de visas à des entreprises transnationales (VFS, TLS, CAPAGO,…) pose la délicate question de la privatisation des services publics mais la toute aussi importante question du marché juteux offert à un oligopole d’acteurs. Avec des frais administratifs allant de 30 dollars US à 150 dollars US en fonction des services et des pays, les entreprises privées se voient garantir des revenus substantiels sur le dos des citoyens des pays ‘’pauvres’’ de la planète. Une inégalité de plus dans ce monde où les citoyens des pays du Sud dépensent des sommes astronomiques pour avoir un visa et acheter un billet d’avion à la dernière minute. Au même moment, les citoyens plus nantis des pays ‘’riches’’ n’ont même pas besoin de faire ces dépenses.

Une petite illustration de l’affaire rentable que constituent les visas pour les missions diplomatiques et les entreprises de sous-traitance. Prenons un pays comme le Mali, considéré comme un pays ‘’pauvre’’ en Afrique, le Consulat français a reçu environ 19.000 demandes de visa en 2018 au coût de 60 euros (40.000 F CFA) ce qui représente un chiffre d’affaire approximatif de 1.140.000 euros (760.000.000 F CFA). Avec la privatisation de la collecte des visas depuis janvier 2019, les Maliens demandant un visa versent des frais administratifs supplémentaires avoisinant 30 euros à l’entreprise prestataire. Le chiffre d’affaire de l’entreprise pourrait être estimé au minimum à 570.000 euros (350.000.000 F CFA). De quoi faire couler le champagne à flot ! Une réelle externalisation des services de visa aurait été qu’un bureau de collecte s’installe dans une ville éloignée de la capitale comme Kayes, célèbre pour la culture migratoire de ses habitants. Ces derniers n’auraient donc plus à faire le long trajet vers Bamako pour solliciter leur visa. Au contraire, l’externalisation des services se limite à ouvrir un bureau de collecte à quelques minutes du Consulat de France en faisant payer plus cher les citoyens maliens au profit d’une entreprise occidentale sans même la garantie d’avoir leur visa. Une amère pilule à avaler.

En laissant de côté les aspects légaux relatifs aux directives européennes qui exemptent de frais les membres des familles de citoyens européens, le problème le plus sensible que pose la privatisation des visas est la protection des données recueillies par les entreprises. Des agents privés auront accès à des documents d’identité, des contrats, des fiches de paie, des relevés bancaires et autres documents importants pour des individus ou des sociétés. Même si ces documents ne font que transiter par leurs mains pour finir dans les Consulats, les risques sont bien réels et la violence que cela constitue pour les demandeurs aussi.

Lors d’une récente intervention sur la problématique des visas dans un pays d’Afrique de l’ouest, je fus interpellé par une personne en ses mots : « Ils ne veulent plus de nous en France, alors pourquoi continuer à vouloir y aller.» Une phrase qui traduit un sentiment de lassitude face à ces multiples barrières visibles comme invisibles mises en œuvre pour restreindre la mobilité des Africains. Mais céder à cette fatalité des murs dressés entre les peuples et subir cette injustice promue par des politiques xénophobes seraient trahir les valeurs humanistes. La mobilité ne saurait être un privilège réservé à certaines catégories sociales dans un monde aussi connecté et interdépendant mais un droit reconnu pour tous au nom de notre humanité. Les oiseaux, les poissons et autres animaux ont, à cet égard, plus de droit ou de liberté dans la mobilité que les Africains vivant sous le régime de l’autorisation pour tout déplacement.

L’histoire humaine a rapproché les peuples au gré des conquêtes colonisatrices et des luttes communes pour l’émancipation sociale. La colonisation a certes un mauvais côté en soi mais elle a permis de nous unir à l’Europe, à l’Asie et au monde par des liens de langues et de cultures. Des millions d’Africains sont ainsi éduqués en Anglais, en Français, en Portugais, en Espagnol ou en Arabe apprenant aussi bien l’histoire des peuples à l’origine de ces langues. Ses liens sont d’ailleurs perpétués par des organisations comme la Francophonie ou par le ‘’Commonwealth’’. Il est donc de notre responsabilité, au nom de ces liens, de revendiquer la libre mobilité comme un droit et non de mendier pour avoir un visa ou une permission de voyager. Les Européens, les Américains, les Asiatiques resteront les bienvenus en Afrique pour profiter de notre soleil et des multiples ressources que nous offre ce merveilleux continent. A nous les Africains de dépasser le silence et les compromissions de nos gouvernements face à leurs homologues des autres continents, pour faire comprendre aux populations d’Europe, d’Asie et d’Amérique que nous voulons la même réciprocité dans la libre circulation au nom du vivre ensemble dans un monde d’égalité et de fraternité.

(Article écrit par Samir ABI, Secrétaire Permanent de l’Observatoire Ouest Africain des Migrations)

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Bénin: Table-ronde en hommage à Laurent Gbagbo (31 mai 2019)

Le 31MAI 2019 Sera le dernier anniversaire du président Laurent Gbagbo entre les liens des preneurs d’otages impérialistes. Par Charles Malone Mayomo

Une vue de la célébration de 2015 sous la houlette du ministre Issa Malick Coulibaly

CELEBRATION DE L’ANNIVERSAIRE DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO A L’UNIVERSITÉ ABOMEY CALAVI

La Representation du FPI au Bénin dirigée par Konan Guy Anselme a décidé de célébrer l’anniversaire du President Laurent GBAGBO avec la jeunesse estudiantine béninoise ce vendredi 31 mai. Un rendez vous à ne pas manquer dit-on.

Depuis le coup d’Etat français du 11 avril 2011 contre le président Gbagbo, les Ivoiriens sont partis nombreux en exil pour se mettre à l’abri.

La date du 31 mai est devenue une occasion symbolique pour tous les partisans de l’ancien président ivoirien de célébrer un homme, un combattant et surtout un espoir de libération, de souveraineté pour les Africains. Au Benin, tout comme en France, au Ghana, en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde, la célébration de l’anniversaire du président Laurent Gbagbo, celui qui vient d’être acquitté par la CPI, est désormais un grand événement.

La capitale béninoise, qui a accueilli bon nombre d’Ivoiriens en exil, a régulièrement répondu à l’appel sous la houlette du ministre ISSA MALICK COULIBALY, VICE-PRÉSIDENT du FPI, chargé des relations internationales et sous régionales. La célébration de cette année prend de nouvelles couleurs car beaucoup au Benin, tout comme au Ghana et ailleurs en France, croient dur comme fer, que le président Gbagbo retournera en Côte d’Ivoire définitivement dans quelques semaines ou mois.

Avec son acquittement suivi de sa libération sous conditions (en compagnie de Charles Blé Goudé), la joie et la conviction des prochaines victoires s’entrelacent dans le cœur des pro Gbagbo.

Cette année, la Représentation FPI du Bénin a bataillé pour obtenir l’accord du Département d’histoire de l’université d’Abomey CALAVI comme pour ramener la fête de l’historien dans son monde parmi ses pairs et ses étudiants, futurs porte flambeaux du combat africain.

Si en 2015 le ministre ISSA MALICK COULIBALY avait reçu de fortes délégations en provenance du Ghana et du Togo, cette année c’est le Département d’histoire et de géographie qui abrite cette cérémonie avec la co- présidence de la cérémonie assurée par le professeur Vido Arthur dudit Département.
Le parrain ISSA MALICK, comme à son habitude, n’a pas lésiné sur les moyens pour que cette cérémonie soit en succès et a vraiment mis toutes les conditions. L’un des intervenants sera le jeune auteur et professeur d’histoire et géographie Guy Stephane Ayegbe (celui qui a écrit le premier livre depuis l’université du Bénin sur le militantisme du Gbagbo) interviendra sur le combat de LG de 1965 à l’an 2000. Comme lui, le jeune président de l’Organisation des Panafricanistes Unis, Mathieu Houndadjo, juriste (un autre gbagboiste reconnu) lira le poème spécial du Premier ministre Koffigoh dédié au président du FPI. Au menu, il y a également le témoignage du président Bruno Symahou Ahouagnamagaou , du Parti Socialiste Africain, un autre panafricaniste gbagboiste, qui a brillé depuis 2011, par ses fulgurantes prestations sur les chaînes de TV (il est encore le Consultant Vedette de la Web TV www.Afrikanewsmultimedia.com) pour expliquer le combat de LG.

Le principal conférencier de cette table ronde sera le secrétaire général adjoint du FPI Soro SEYDOU dit SORO Coton qui prononcera une conférence pour démontrer pourquoi le président Laurent Gbagbo est l’homme politique attendu par les Ivoiriens pour sceller la paix et la ren Côte d’Ivoire. Le modérateur de cette table ronde sera Touré Moussa Zeguen, secrétaire adjoint de la coordination FPI en exil, en charge de l’encadrement du Bénin et du Togo. 
La cérémonie se terminera par une coupure de gâteau assurée par l’invité spéciale madame Élisabeth Kapet ex conseillère du président Laurent Gbagbo. Une belle fête en vue qui consacre la prise du pouvoir de la jeunesse dans la lutte émancipatrice des Africains sur le continent. Joyeux anniversaire président Laurent Gbagbo.


Charles Malone Mayomo
Photos :HT Guillaume Houmpehe 
#Afrikabewsgroup
#74ansdegbagbo
#FPITOUJOURSDEBOUT

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Graves événements de Béoumi (FIDHOP)

GRAVES EVENEMENTS DE BEOUMI/CÔTE D’IVOIRE :

LA FIDHOP ACCUSE LE GOUVERNEMENT ET LE CHEF DE L’ETAT !

COMMUNIQUE DE LA FIDHOP

DEVANT les graves événements ayant éclaté à BEOUMI, près de Bouaké, le mercredi 15 Mai 2019 et ayant occasionné près d’une dizaine de morts et une centaine de blessés graves ;

CONSIDERANT que ce conflit déclaré entre les communautés autochtones Baoulés et leurs frères ‘’Nordistes’’ vivant toujours avec eux, est très préoccupant, au regard des violences, des armes à feu et des armes blanches utilisées par une partie de la population ;

VU que les violations des Droits de l’Homme occasionnées sont des plus extrêmes, puisqu’il y a eu des morts à l’arme à feu, entre les populations et face aux forces de l’ordre ;

NOTANT que la détention de ces armes à feu par une partie de la population dans cette zone anciennement contrôlée par l’ex-rébellion ivoirienne est la preuve de l’échec du désarmement des ex-rebelles du Nord dont le fief demeure Bouaké ;

TRES DEÇUE et choquée par les défaillances et les incompétences du Gouvernement, du Médiateur de la République et de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels dans la gestion de cette grave crise ;

S’ALARMANT particulièrement devant ces propos du régime-Ouattara qui révèlent le tribalisme caractérisant ce régime : « 300 militaires vont être déployés dans le département (non pas pour sécuriser la zone et tous les citoyens, mais précisément) pour s’assurer notamment que les populations Baoulé des villages alentours ne cherchent pas à rejoindre BEOUMI, où la communauté Malinké est dominante » ;

La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique) condamne, avec la dernière énergie, les violences armées et les violations graves des Droits de l’Homme survenues à BEOUMI ces derniers jours !

La FIDHOP impute l’entière responsabilité de ces événements de BEOUMI et leur ampleur au Gouvernement GON, qui a fait preuve d’incompétence dans cette crise ; ainsi qu’au Chef de l’Etat Alassane OUATTARA, qui n’intervient jamais à temps en pareilles situations !

EN CONSEQUENCE, la FIDHOP estime que, si le régime-Ouattara respectait les populations qu’il dit gouverner, toutes les personnalités et les institutions ayant failli dans la gestion des événements de BEOUMI devraient toutes être sévèrement sanctionnées. HELAS !!!

Fait à Rome, le 18 Mai 2019
Dr BOGA SAKO GERVAIS 
Président-Fondateur de la FIDHOP et de GRADDH-AFRIQUE
Vice-président de EDS

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Côte d’Ivoire : souveraineté, droits de l’homme et réconciliation (AFPA, 30 mars 2019)

La rencontre sur la Côte d’Ivoire organisée par l’AFPA le samedi 30 mars 2019 s’est déroulée au siège du Parti de Gauche. Elle réunissait un grand nombre d’acteurs de l’opposition de gauche ivoirienne réunis dans EDS Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté.

L’AFPA est une coordination entre partis progressistes africains soutenus par le Parti de Gauche. Il s’agit, pour la plupart, des partis africains qui se reconnaissent dans le manifeste pour une révolution citoyenne et souveraine africaine. La coordination vise à créer un cadre d’échange des expériences Organiser des conférences Se soutenir mutuellement.

Sont présents dans salle, des membres de l’association des Amis de Laurent Gbagbo dont Raphaël Dagbo et Jacqueline Chamois. La présence remarquée également du docteur Issa Malick Coulibaly, Directeur de campagne du président Gbagbo aux présidentielles de 2010, de la députée Marie Odette Lorougnon, vice-présidente du FPI. Ainsi que de Serges Kassy, célèbre artiste reggae.

Pourquoi initier ce cycle de rencontres par la Côte d’Ivoire ? Pour plusieurs raisons :

– La libération du président Laurent Gbagbo qui va certainement modifier le contexte politique. – La situation politique tendue du fait de la volonté du président Ouattara de briguer un troisième mandat. – La situation des droits de l’homme, beaucoup de citoyens ivoiriens sont en exil et ne peuvent pas rentrer au pays. – L’évolution de la Françafrique vers une combinaison d’affairisme et de militarisation croissante sous prétexte de lutte contre le terrorisme : la Françafrique façon Houphouët / De Gaulle n’étant qu’un lointain souvenir !
– L’aggravation des inégalités sociales en France et le mépris de la caste politique française actuellement au pouvoir à l’égard du citoyen peuvent être mis en parallèle avec le mépris du pouvoir Ouattara à l’égard du peuple ivoirien et la paupérisation du grand nombre au profit des privilégiés du régime– La question de l’environnement et de l’écologie qui se pose de la même façon dans nos deux pays.

Le Parti de Gauche a dénoncé à plusieurs reprises le régime Ouattara : la justice de vainqueur, le prétendu « rattrapage ethnique » dans les administrations et sociétés d’Etat, l’accaparement par des occupants illégaux des terres et des maisons appartenant à des ivoiriens (tout particulièrement a l’ouest et au centre ouest) aujourd’hui contraints à l’exil ; la répression des manifestations, une CEI composée d’affidés du régime, l’affairisme, des droits de l’homme bafoués, une croissance complètement inégalitaire qui exclut la majorité de la population au point que la RCI est maintenant le troisième pays subsaharien en nombre de migrants fuyant vers l’Europe !

Pour nous PG qui avons prévu dans notre programme de mettre en œuvre une politique avec l’Afrique basée sur la souveraineté de chaque pays dans tous les domaines (économique, monétaire et sécuritaire), le Président Gbagbo reste un exemple sans pareil dans sa volonté de libérer le peuple ivoirien des chaînes du néocolonialisme français : nous n’oublions pas sa volonté de mise en route d’un système de sécurité sociale, nous admirons sa volonté de gouverner sans demander l’avis d’un gouverneur français jamais très loin, nous soulignons sa volonté d’engager une réflexion sur la monnaie coloniale qu’est le franc CFA afin d’en sortir et de libérer l’économie du pays. Volonté, réalisme, force, souveraineté ! Voilà ce que nous retenons de ce grand socialiste africain dont la libération nous ouvre des perspectives pour l’avenir.

C’est en connaissance de ces réalités que cette rencontre est organisée. Les différents intervenants sont : – le Professeur Pierre Kipré, historien, ancien ministre de l’Éducation nationale, ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France. – Eric Kahé, ancien ministre ivoirien du Commerce, président de l’AIRD. – Le docteur Boga Sacko Gervais, militant des droits de l’homme (par télephone) – Le député La France insoumise Bastien Lachaud.

Vous pouvez écouter les interventions aux adresses suivantes : https://afpafricaine.org/rencontre-afpa-du-30-mars-2019-cote-divoire-souverainete-droits-de-lhomme-et-reconciliation/

Pierre Boutry :

Pierre Kipré :

Boga Sako Gervais, par téléphone :

Eric Kahe :

Le député LFI Bastien Lachaud :

Un participant exprime le souhait que le public français soit davantage présent à ce genre de conférences ; l’AFPA contribuera à organiser en conséquence une conférence au cours de laquelle pourront être explicités les évènements survenus en Côte d’Ivoire au cours de ces vingt dernières années de façon à éclairer l’avenir.

Cette rencontre constitue les prémices d’une réception officielle de l’opposition ivoirienne regroupée au sein de l’EDS (Ensemble pour la souveraineté et la Démocratie), par les députés France Insoumise à l’Assemblée Nationale française.

Les participants à cette première conférence ont salué la qualité des interventions et le moment opportun de cette rencontre. Ils ont tous partagé le constat que le retour au pays du Président Gbagbo est la  condition première d’une possible réconciliation en Côte d’Ivoire. Ils se sont séparés avec la ferme conviction que, si les peuples africains veulent leur liberté, parce qu’ils estiment qu’ils en sont dignes, ils ne doivent pas attendre qu’on la leur donne ; ils doivent la prendre. Autrement dit, ils doivent être les acteurs de leur propre liberté.

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Nous reproduisons ci-après le texte écrit de l’intervention du professeur Pierre Kipré telle qu’il a eu l’amabilité de nous la transmettre : «Le concept de souveraineté en Afrique » (L’Harmattan 2019)

Situé au plan politique en amont de la formation de l’Etat et irriguant celui-ci en permanence pour sa pérennisation, la souveraineté n’est pas simplement une question juridique d’autodétermination et de liberté d’expression. Elle est au coeur de la capacité (ou non) de faire des choix pour soi et de les assumer totalement, à l’intérieur et hors de ses frontières.

1. Le concept est souvent confondu avec celui d’indépendance. L’indépendance est l’absence de relation de sujétion ou de cause à effet, entre différentes entités. Qu’il s’agisse de politique ou de sciences (même mathématiques), elle porte la marque de la distinction fondamentale entre des entités constituées. Par contre, la souveraineté qualifie la caractéristique autonome d’une entité autant par rapport à elle-même que par rapport aux autres. Les liens entre les deux concepts sont très forts, voire superposables, quand ils portent sur l’Etat : Pour être souverain, il faut qu’un Etat soit indépendant ; mais pour vivre son indépendance, il faut que l’Etat soit souverain. Les sociétés africaines d’avant le dernier tiers du XIXe siècle (sociétés lignagères ou royaumes) ont élevé la souveraineté au rang de valeur sociopolitique de premier rang dans les T.O. En Occident, la souveraineté nourrit des systèmes de pensée autant que l’art de la politique, surtout depuis J. Bodin qui, le premier, en 1583, dans Les Six livres de la République, systématise la laïcisation du politique en Occident. La référence à la souveraineté est donc omniprésente. Elle agite toujours l’histoire diplomatique dans laquelle elle continue de symboliser la puissance ou la faiblesse des Etats [Les Athéniens en -416, dans « le dialogue aux Méliens » de Thucydide : « la justice n’entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes que si les forces en présence sont égales de part et d’autre ; dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder »]. Au-delà de la dimension identitaire qui lui est implicitement prêtée, le concept pose fondamentalement la question de la liberté (individuelle ou collective) développée par l’Occident depuis la fin du XVIIIe siècle.

2. La rencontre de l’Afrique avec l’Occident, violente à partir des années 1870-1880, se matérialise par la victoire de l’Occident impérialiste. Celui-ci tente de transformer l’Afrique selon ses canons. De cette rencontre naît, peu à peu, en Afrique, une nouvelle perception africaine de la souveraineté, produit d’une pensée afro-européenne, progressivement centrale. Avec l’école et la presse, le choc colonial a introduit un processus de métissage et de domestication de la logique occidentale. Ces cadres conceptuels vont servir d’assises aux actions visant à recouvrer la liberté perdue. L’indépendance proclamée, ils vont servir aussi, dans les thèses panafricanistes, l’idée de défense commune et institutionnalisée de la souveraineté (Nkrumah), ou par fécondation des cultures africaines, celle de la fondation de nouvelles sociétés par dépassement endogène des anciennes (A. Cabral). Mais ils vont aussi, contradictoirement, viser à comprendre la souveraineté comme un but à atteindre qui impose le renforcement des liens avec l’Occident afin d’apprendre mieux de lui (L. S. Senghor, Houphouët-Boigny).

3. C’est sur cette toile de fond historique que se déploient, depuis les indépendances, tous les dénis de souveraineté interne et externe. Les premiers sont la source de l’affaiblissement des ressorts internes de la résilience des sociétés africaines, à travers le fonctionnement des régimes antidémocratiques qui fleurissent dès les indépendances (parti unique), confortés par les coups d’Etat [Du coup d’État militaire de 1952 en Égypte au coup d’État de 2015 au Burkina Faso, on compte 94 putschs en Afrique dont 61 entre 1960 et 1989]. La souveraineté interne est enlevée aux citoyens, au nom d’un certain volontarisme dans la construction de l’État-nation. Il s’agit en fait de stratégies qui visent à prolonger un règne politique par affaiblissement de l’État, convertissant celui-ci en un instrument de prédation des ressources nationales ; les discours du repli « national » font souvent partie d’une stratégie de captation de la souveraineté nationale au profit de clans ou de groupuscules ; ils nourrissent bien souvent l’ethnisme politique, voire le communautarisme. Absent de nombreux domaines et éprouvant des difficultés à se territorialiser effectivement, l’Etat ne se signale au quotidien que par sa brutalité, apportant peu aux populations dont on ignore les contours et les aspirations. Les tentatives de démocratisation du début des années 90 pour inverser ces tendances ont introduit la libération de la parole, l’érection de la rue comme espace politique public, les essais d’organisation de la société civile, le multipartisme, le recours à la contre-violence populaire face à la violence d’Etat. Mais après le milieu des années 90, les vieux démons sont de retour. On a la négation du peuple des citoyens par manipulation des listes électorales et la dévolution du pouvoir par les urnes est plus que jamais soumise à des procédés illégaux et illégitimes; on a la captation de la souveraineté du peuple par des coteries, souvent à la faveur des coups d’Etat, un danger permanent [31 coups d’Etat entre 1990 et 2015]. L’Afrique postcoloniale, peu imaginative, accumule donc les fragilités internes (fragilités de gouvernance économique et politique qui fondent l’instabilité politique, les formes diverses de corruption). Les collusions multiples avec les forces extérieures les plus nocives les rendent encore plus dramatiques. On ne peut donc pas s’étonner que les dénis de souveraineté interne s’accompagnent des dénis de la souveraineté externe. Ceux-ci visent, sous des prétextes divers, la permanence des liens de sujétion et de domination de l’Afrique qui prolongent l’impérialisme des siècles précédents, avec des moyens de pression efficaces que sont la mise sous tutelle de monnaies comme le F CFA, l’installation d’hommes-lige au pouvoir, tenus en main à travers des réseaux divers, l’installation de bases militaires et les interventions militaires directes [30 interventions militaires françaises en Afrique de 1960 à 2017], etc. Dans un contexte de rivalités économiques et géopolitiques entre grandes puissances, entre multinationales et P.M.E, entre réseaux financiers et industriels ou, simplement, entre réseaux politiques et financiers, les ingérences directes ou indirectes dans la vie des Etats africains ne visent qu’un but : le contrôle de l’Afrique par tous les moyens, parfois sous l’habile habillage de l’O.N.U. On l’a largement vu en CI et en Libye en 2011. Ces actions négatives, en interne et en externe, souvent articulées les unes aux autres, expliquent que la souveraineté reste la contradiction principale à surmonter en Afrique.

4. Surtout à partir de la fin des années 80, on assiste à l’apparition d’une nouvelle pensée critique africaine. Partant d’une Afrique imaginée sans les référents occidentaux, elle s’inscrit dans le procès de renouvellement de l’Etat africain et de sa souveraineté, pour être une africanité nouvelle. Celle-ci, universaliste et peu identitaire dans ses projets, est caractérisée par la promotion de l’idéal démocratique, le respect des droits humains, le refus et la dénonciation des tutelles extérieures, fussent-elles « amicales », la dénonciation de l’essentialisme et de l’immobilisme qu’affirme une certaine pensée occidentale à propos de l’Afrique [les thèses de St. Smith ou celles de Sarkozy à Dakar le 20 juillet 2007] là où les rapports économiques inégaux, les mécanismes du néolibéralisme et les prédations diverses entretiennent les faiblesses structurelles de l’Afrique. En France comme ailleurs dans le monde, des courants de pensée, tels les divers alter mondialismes, expriment heureusement des positions qui traduisent la permanence des solidarités avec les peuples sous domination, comme hier, les courants anticolonialistes. Ces voix sont hélas couvertes souvent par celles de ceux qui n’ont pas fait le deuil des colonies, aidés par un puissant système médiatique et l’indifférence de la majorité des opinions publiques occidentales. Les liaisons avec la nouvelle africanité doivent donc être renforcées, non seulement pour faire sens mais surtout pour faire pièce aux hégémonies prédatrices des forces opposées à la souveraineté des peuples.

Mais, il faut en même temps être lucide, nous Africains ; car la nouvelle africanité a des insuffisances souvent dues, notamment, à la timidité de la critique de nos conservatismes sociaux, des chausse-trappes du système capitaliste néo-libéral sur notre continent. Il nous faut donc trouver des paradigmes complémentaires qui permettent la reconstruction effective de la souveraineté africaine.

*N.B. sur la notion de réconciliation
– La réconciliation dans un pays sorti d’une guerre civile n’est pas un des paradigmes complémentaires de la reconstruction de la souveraineté ; elle est un des facteurs de la recomposition de la cohésion nationale entendue comme facteur de survie de la communauté ; cette survie ne relève pas de la morale religieuse ou philosophique, mais plutôt de la nécessité politique et sociale.
– Elle est donc pour cela un acte politique dans l’existence d’une communauté politique et sociale.
– Elle suppose d’être acceptée par les protagonistes, dans son principe comme dans son déroulé, sous l’égide d’un partenaire neutre et impartial, partenaire interne ou externe.
– Elle suppose la reconnaissance mutuelle des différences, la volonté commune de défense de la souveraineté interne (par consensus) et d’affirmation de la souveraineté externe (par principe). Voilà pourquoi elle est fondée sur le respect, par tous, des institutions et lois qui régissent la communauté pour sa pérennisation. Voilà pourquoi aussi elle exige l’identification rigoureuse des « nœuds » du conflit dont sort la communauté ; car ces « causes » de conflit peuvent être aussi externes, c’est-à-dire, un niveau incontrôlé où la souveraineté peut être mise à mal par des forces de dissolution de la communauté.
Quelles sont ses chances de réussite ?
– Les chances de succès résident d’abord dans l’engagement des protagonistes à faire exister la communauté comme réalité spécifique de la communauté humaine.
– Ensuite, elles sont dans l’inclusion de tous au débat citoyen et démocratique pour les solutions consensuelles auxquelles doit aboutir celui-ci.
– Enfin, elles supposent, au plan tactique, que soient identifiées les préoccupations des protagonistes extérieurs du conflit pour y apporter une réponse qui préserve, à court et moyen terme la souveraineté de l’Etat.

Source: https://afpafricaine.org/rencontre-afpa-du-30-mars-2019-cote-divoire-souverainete-droits-de-lhomme-et-reconciliation/

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Plaidoyer pour Duekoué ( Boga Sako Gervais)

MON PLAIDOYER POUR DUEKOUE…

Les 26 et 27 avril 2019, le parti du Président Laurent GBAGBO, le Front Populaire Ivoirien, a réussi à orienter tous les esprits et tous les regards des Ivoiriens et du monde entier sur la ville-martyre de DUEKOUE !

MERCI AU FPI, MERCI LAURENT GBAGBO !

Si Radio France Internationale (RFI) a pu évoquer le chiffre d’environ un million (1 000 000) de personnes rassemblées au cours de cette manifestation de la Fête de la Liberté 2019, les organisateurs peuvent soutenir qu’il y en avait au moins un million et demi, si ce n’était deux millions. Puisque partout, même en France, c’est toujours la guéguerre entre les chiffres officiels, ceux des gouvernants qui n’y participent pas, et ceux des organisateurs et acteurs du terrain.

Pourtant, il ne s’agissait pas d’une édition de la Fête de la Musique, qui ne parvient même plus à rassembler cinq cents mille personnes en un lieu dans les pays africains, malgré la gratuité, la proximité et la célébrité des artistes.
Il s’agissait bien de la 20ème édition, celle de 2019, d’une Fête de la Liberté, qui est instituée par le FPI de M. Laurent GBAGBO depuis qu’il était dans l’opposition. Le FPI n’aura pas meilleur hommage à rendre à son premier Vice-président, le professeur Aboudramane SANGARE, qui avait choisi DUEKOUE lors de la précédente édition et qui s’en est allé avant cette célébration.

Et puis, DUEKOUE n’est pas Abidjan qui compte aujourd’hui près de six millions d’habitants, ni à proximité d’Abidjan.
DUEKOUE est une ville de la Côte d’Ivoire, située à 502 km d’Abidjan, dans l’ouest du pays, dans la région du Guémon, proche des pays limitrophes, le Libéria et la Guinée (Conakry). Selon le recensement national de la population ivoirienne de 2014, elle est peuplée de 185 344 habitants (seulement), essentiellement des Wê et des Guéré.
Et pourtant, les 26 et 27 Avril dernier, DUEKOUE a rassemblé entre un et deux millions de personnes.
BRAVO !
Bravo à tous les Ivoiriens qui ont effectué le déplacement de DUEKOUE !
Bravo aux militants et sympathisants du FPI de GBAGBO !
Bravo aux dirigeants de ce parti, conduits par l’inusable Mme Simone EHIVET GBAGBO !
Bravo surtout aux populations de la région du Guémon et de DUEKOUE qui ont accueilli cette fête dans la dignité !

Mais le monde entier aura découvert et retenu le nom de DUEKOUE à cause du massacre massif de sa population lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Lorsque la Croix-rouge révéla que 850 corps sans vie avaient été découverts, seulement à DUEKOUE. Des personnes découpées à la machette, ou fusillées, ou calcinées, ou bombardées, ou jetées dans des puits…, parce qu’elles étaient filles ou fils de la région, qui est considérée proche de M. Laurent GBAGBO par les partisans et sympathisants de M. Alassane OUATTARA, l’actuel chef de l’État ivoirien.

Ils ont donc été massacrés parce qu’ils étaient et parce qu’ils sont Wê ou Guéré !
Et même leurs enfants, notamment les jeunes garçons, ont été ciblés et massacrés, sans doute pour qu’ils ne vengent pas leurs parents à l’avenir ; mais aussi parce que les bourreaux ont eu l’intention d’exterminer, totalement, tous les fils de la région, afin que leurs principales richesses, leurs riches terres produisant le bon cacao ivoirien, reviennent aux ressortissants étrangers, les Burkinabés, avec qui les autochtones ont souvent eu dans le passé des conflits fonciers.
TOUTES LES CONDITIONS D’UN GÉNOCIDE SONT DONC RÉUNIES A DUEKOUE !
Et là où l’ONU évoquait le chiffre d’un peu plus d’un millier de morts, un fils de la région martyre, le professeur de Droit Hubert OULAYE a situé la totalité des massacres dont les corps gisent dans les fosses communes, à au moins trente mille (30 000) Morts. (Le défi est donc lancé à qui veut aller vérifier.)

FACE A CETTE TRAGÉDIE HUMAINE, jamais vécue dans l’histoire de la Côte d’Ivoire moderne, des actes forts et concrets doivent être posés par la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens en faveur de DUEKOUE et de toute la région !
Après les pleurs et les émotions, après tous les grands discours prononcés par les leaders du FPI, il nous faut désormais passer aux actes !
Car la Côte d’Ivoire de demain ne saurait se bâtir et être heureuse contre le prix du sang versé par les Wê et les Guéré, surtout si ces derniers sont oubliés ou abandonnés par la République !

C’EST POURQUOI, APRÈS LE RÉGIME-OUATTARA :
j’invite tous les Ivoiriens, épris de justice, des droits de l’homme, les démocrates et les républicains, mais aussi tous les souverainistes et panafricanistes de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du monde entier à :
1. se mobiliser autour du cas de DUEKOUE, afin de faire admettre et faire reconnaître le GENOCIDE WÊ au plan national et international.
2. situer les responsabilités dans ces massacres et désigner les coupables, avant de leur accorder le pardon de la nation (si le pays est vraiment engagé dans une réelle réconciliation nationale).
3. proposer un plan spécial de dédommagement conséquent de toutes les victimes.
4. élaborer un plan spécial (du type plan Marshall) pour la reconstruction de DUEKOUE et de sa région, de sorte à effacer à jamais les traces de ces massacres dans les esprits et les mémoires de tous et de chacun.
5. fixer une journée nationale de commémoration du génocide Wê, qui rappellera chaque année à toute la Côte d’Ivoire et à ses descendants la crise post-électorale de 2010-2011 qu’il ne faudra plus jamais répéter dans la vie de ce beau pays !

AINSI, LA CÔTE D’IVOIRE ET LE MONDE AURONT HONORÉ DUEKOUE ET SES MARTYRS DE LA DÉMOCRATIE !

Fait à Copenhague (Danemark), le 1er mai 2019
Dr BOGA SAKO GERVAIS
*Enseignant-Chercheur à l’Université
*Expert et Consultant en Droits de l’Homme et Résolution de conflits
*Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de
  Côte d’Ivoire (CNDHCI)
*Président-Fondateur de la Fondation Ivoirienne
  pour les Droits de l’Homme et la Vie Politique (FIDHOP)*Ecrivain-Essayiste
www.fidhop.com // bogasako@yahoo.fr // Facebook: Droits De l’Homme CI. —

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